«Face à un intimidateur», les Québécois doivent «se serrer les coudes», dit Fréchette
Les contre-tarifs canadiens en riposte au droits de douane américains sont officiellement entrés en vigueur. Suivez les développements en direct de la situation au Québec.
«Face à un intimidateur», les Québécois doivent «se serrer les coudes», dit Fréchette Voyez le compte-rendu de Jean-François Poudrier.
La première ministre sortante du Québec s’est adressée aux Québécois mardi quelques heures après l’entrée en vigueur des contre-tarifs canadiens en réponse à la nouvelle salve de droits de douane imposés par Donald Trump.
«On a besoin de se serrer les coudes plus que jamais», a déclaré Christine Fréchette dans un point de presse à l’Assemblée nationale. «On a besoin d’être solidaire les uns avec les autres. Si vous pouvez acheter québécois, acheter québécois.»
«Le Québec fait face à un intimidateur», a dit Mme Fréchette, qui n’a pas caché que les prochains mois «risquent d’être difficiles». «Face à lui, on a deux choix. Soit on s’incline et on finit à genoux, soit on garde la tête haute et on se tient debout».
Le discours matinal de Christine Fréchette fait suite à l’adoption par Québec de nombreuses mesures en réponse à l’administration américaine qui mène depuis plusieurs mois des attaques frontales visant l’économie canadienne et québécoise.
Mme Fréchette a tenu lundi soir un Conseil des ministres spécial afin de préparer la réponse du gouvernement du Québec dans ce nouvel épisode d’une guerre commerciale qui ne cesse de s’envenimer.
Le conseil des ministres a adopté un décret pour que l’État réserve des appels d’offres aux entreprises ayant un établissement au Québec et au Canada. On pourra aussi exiger que les biens soient produits et transformés ici et même accorder une marge préférentielle de 15 % selon la valeur ajoutée québécoise ou canadienne.
Également, pour tous les contrats de moins de 9,2 millions $, le ministère des Transports, Santé Québec et la Société québécoise des infrastructures (SQI) devront exiger qu’au moins 15 % de la valeur des matériaux et équipements soit québécoise ou canadienne.
Le seuil de 9,2 millions $ correspond aux exigences de commerce international. Pour les montants supérieurs, des exigences pourraient être imposées par décret. Les sociétés d’État seront également mises à contribution.
Elles devront adopter une stratégie d’achat québécois et pourront déroger à l’actuelle loi sur les contrats des organismes publics.
Les mesures d’achat local mises en place par le gouvernement Fréchette lundi soir injecteront 1,5 milliard $ supplémentaires sur quatre mois dans l’économie québécoise.
Québec privilégiera aussi l’attribution de contrats dans des secteurs où les contre-mesures fédérales risquent d’affecter davantage des entreprises québécoises et où des fournisseurs locaux sont capables de se substituer à des fournisseurs étrangers, a-t-on appris.
Que disent les autres chefs ?
La mise en place des mesures survient au 13e jour de la campagne électorale qui culminera le 5 octobre prochain avec l’élection d’un nouveau gouvernement.
Lundi, plusieurs chefs avaient formulé des critiques à l’égard de Christine Fréchette qu’on a notamment accusé «de faire du théâtre» avec la saga tarifaire.
Lors d’un point de presse mardi matin, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a qualifié de «mesurettes» les annonces de Christine Fréchette pour faire face à cette nouvelle tempête.
M. Duhaime est par ailleurs le seul chef qui ne s’est pas présenté à la rencontre des chefs de parti avec Christine Fréchette suivant sa réunion ministérielle.
«Est-ce que vous avez remarqué qu’aucun autre premier ministre canadien n’a tenu de Conseils des ministres hier soir, de réunion spéciale ou de grande conférence de presse ce matin. Quand on vous parle d’instrumentaliser une crise, vous en avez un exemple ici.»
Concernant les annonces faites par Mme Fréchette, le leader du PLQ soutient avoir proposé de telles mesures par le passé. «C’est difficile pour moi d’être à l’encontre des mesures qui ont été annoncées, la plupart je vous les ai proposés dans les dix derniers jours [...] Je pense que ça prend beaucoup plus d’aide directe dans nos PME pour augmenter les liquidités. C’est la seule façon de prévenir des pertes d’emplois.»
Pour le Parti québécois (PQ), la stratégie employée par Ottawa ne répond pas adéquatement aux mesures de l’administration américaine.
Selon lui, la stratégie ne tient pas compte que de la taille de l’économie américaine qui est 60 fois plus importante que celle du Québec.
De son côté, Ruba Ghazal a affirmé qu’un gouvernement de Québec solidaire (QS) mettrait en place une «provision Trump» de 2 milliards de dollars. Lors d’un point de presse, Mme Ghazal a dit qu’une «riposte» en utilisant l’hydroélectricité serait aussi mise en place.
La première ministre s’est défendue de vouloir faire un spectacle avec cette escalade de la guerre commerciale.
«Si vous parlez aux entreprises, elles vous diront que ce n’est pas un spectacle», a-t-elle argué.
Guerre tarifaire: revoyez les développements de la journée
Filtre
Moments forts
La chronologie des évènements qui ont conduit à cette situation
Les discussions se poursuivent, mais sans «négociation commerciale officielle»
«L’adversité nous rend plus forts» - Carney
Entrée en vigueur des contre-tarifs
Trier par
Noovo Info
Julien Denis
Élections «imprévisibles»: y aura-t-il des recomptages judiciaires?
Depuis le début de la campagne électorale, plusieurs analystes politiques s’entendent pour dire que le scrutin du 5 octobre prochain sera «imprévisible».
Plusieurs luttes chaudes sont toujours à prévoir dans plusieurs régions du Québec, et particulièrement dans la Capitale nationale et dans Chaudière-Appalaches, où plusieurs formations sont au coude-à-coude dans les sondages. D’ailleurs plusieurs analyses affirment que c’est dans ses régions quel’issue de la campagne électorale pourrait se jouer.
Négociations entre les États-Unis et le Canada: Éric Duhaime exige plus de transparence
«Personne ne sort gagnant d'une guerre tarifaire. Il n'y a que des perdants de tous les côtés de la frontière. J'espère qu'au lieu d'embarquer dans des surenchères au niveau des tarifs qu'on va embarquer dans des négociations sérieuses. Les Canadiens et les Québécois ont le droit de savoir qu'elle était l'entente [...] On a droit d'avoir de la transparence par rapport aux négociations [...] Il va falloir nous dire un moment donné quel est le problème à la table de négociation», a dit le chef du Parti conservateur du Québec Éric Duhaime lors d'un point de presse mardi après-midi.
Copier le lien
Partagez sur Facebook
Partagez sur X
Partagez via e-mail
Noovo Info
La Presse canadienne
Les droits de douane de rétorsion ne devraient pas affecter le panier d'épicerie
Selon les économistes, les droits de douane de rétorsion ne devraient pas entraîner de hausse des prix des produits alimentaires, mais d’autres produits, tels que les articles de santé et de beauté, devraient voir leur prix augmenter.
Une interdiction des ventes de Bombardier pourrait perturber «massivement» le secteur aérospatial américain
Une éventuelle interdiction américaine des ventes d’avions d’affaires de Bombardier nuirait aussi bien à l’industrie aérospatiale américaine qu’à celle du Canada, selon des analystes.
Une escalade dans la guerre tarifaire serait susceptible de provoquer une récession, admet Fréchette
Sans chiffrer les pourcentages qu'une récession se profile à l'horizon, Christine Fréchette a admis qu'une escalade tarifaire «ouvrirait la voie à cette possibilité».
«Je ne veux pas donner de chiffres, parce que tout dépend de la durée. Si dans trois semaines, on est ailleurs et que les négociations ont reprises, que le rythme est bon [...], je pense qu'on va pouvoir s'éviter une récession», a-t-elle soulevé.
Copier le lien
Partagez sur Facebook
Partagez sur X
Partagez via e-mail
Noovo Info
Émile Bérubé-Lupien
Christine Fréchette reconnait qu'une riposte américaine est possible
La première ministre a ajouté que des tarifs sur l'énergie québécoise n'étaient pas à exclure, mais qu'elle ne songeait pas à emprunter cette avenue pour le moment, lors d'une conférence de presse à La Tuque.
Copier le lien
Partagez sur Facebook
Partagez sur X
Partagez via e-mail
Noovo Info
Émile Bérubé-Lupien
Pierre Poilievre inquiet des répercussions des contre-tarifs canadiens
Le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, demande que Mark Carney «révèle les coûts [des contre-tarifs] pour les familles et les petites entreprises».
«Combien les contres-tarifs coûteront-ils aux familles? Il ne le dit pas. Où est l’accord qu’il a rejeté? Il est caché. Où est le Parlement? Il est fermé», a-t-il écrit sur les réseaux sociaux en début d'après-midi.
Les États-Unis pourraient riposter à la riposte canadienne
Washington pourrait répliquer à Ottawa en ripostant aux mesures de représailles canadiennes qui sont prises en réaction aux droits de douane américains.
Le réseau CBC rapporte que le représentant au Commerce des États-Unis, Jamieson Greer, considérera d'imposer des droits de douane de riposte, et ce, dès ce mardi. Le diffuseur public soutient aussi que M. Greer a prévu de s'entretenir avec son homologue canadien, le ministre responsable des relations commerciales avec Washington, Dominic LeBlanc.
Le bureau de M. LeBlanc n'a pas confirmé de telles informations à La Presse Canadienne. Son équipe s'est contentée de déclarer que les responsables américains et canadiens ont maintenu un dialogue en continu, mais que les négociations formelles n'ont pas repris.
Copier le lien
Partagez sur Facebook
Partagez sur X
Partagez via e-mail
Noovo Info
Émile Bérubé-Lupien
Trump ne mentionne pas la guerre commerciale lors d'un événement rendant hommage aux victimes des attentats du 11 septembre 2001
Le président américain s'est limité à honorer les victimes du 11 septembre lors d'une cérémonie en fin d'avant-midi.
Copier le lien
Partagez sur Facebook
Partagez sur X
Partagez via e-mail
Noovo Info
La Presse canadienne
QS propose une «provision Trump» de 2 milliards $
Un gouvernement de Québec solidaire (QS) propose de mettre en place une «provision Trump de 2 milliards $» pour soutenir financièrement les entreprises québécoises directement touchées par les taxes douanières américaines, a indiqué la formation politique mardi.
Une telle mesure permettrait «aux entreprises d'ici de maintenir les emplois ici et leur donnerait le temps de transformer leur production, d'avoir d'autres clients», a fait valoir la porte-parole de Québec solidaire Ruba Ghazal lors d'une conférence de presse mardi matin à Québec.
Copier le lien
Partagez sur Facebook
Partagez sur X
Partagez via e-mail
PSPP
Noovo Info
Julien Denis
Le PQ toujours contre la stratégie du gouvernement Carney
«Au Parti québécois, nous sommes en désaccord avec la stratégie du gouvernement du Canada d'appliquer des contre tarifs dollars pour dollars généralisés puisqu'ils vont nuire à l'économie du Québec au cours des prochains mois», a souligné le chef de la formation politique Paul St-Pierre Plamondon.
Fréchette invite les Québécois «à soutenir les entreprises d’ici»
«Si vous pouvez acheter québécois, achetez québécois. Chaque dollar dépensé ici aide à soutenir nos travailleurs et nos entreprises. Même un geste aussi simple que remplacer 25 $ de produits américains par 25 $ de produits québécois dans votre panier fait une différence», a indiqué la première ministre dans une publication sur le réseau X.
Le Canada part avec un désavantage : l'économie américaine est environ 13 fois plus importante, et le Canada destine plus de 70 % de ses exportations au sud de la frontière.
Mais Washington a lui aussi ses points faibles. Les raffineries américaines dépendent de 4 millions de barils de pétrole par jour en provenance du Canada, et les agriculteurs américains sont fortement tributaires des engrais à base de potasse canadiens. Jusqu’à présent, cependant, les dirigeants canadiens ont exclu de recourir à une partie de ce levier en taxant ou en restreignant des exportations essentielles.
Le Canada a entamé ce cycle de négociations avec un certain élan économique. Son économie a progressé à un taux annualisé de 3,2 % au deuxième trimestre, soit plus du double du rythme de 1,5 % enregistré aux États-Unis.
Les discussions se poursuivent, mais sans «négociation commerciale officielle»
Les canaux de discussion restent ouverts entre le Canada et les États-Unis après l'entrée en vigueur de la riposte canadienne. La guerre commerciale ne semble toutefois pas se trouver officiellement dans les discussions.
«Les responsables canadiens et américains poursuivent leurs discussions sur toute une série de questions, mais aucune négociation commerciale officielle a lieu actuellement», a partagé le cabinet du ministre Dominic LeBlanc.
Copier le lien
Partagez sur Facebook
Partagez sur X
Partagez via e-mail
Milliard
Noovo Info
Julien Denis
Charles Milliard estime que Christine Fréchette «instrumentalise la crise»
Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard a accusé la première ministre Christine Fréchette d'instrumentaliser la crise tarifaire à des fins politiques.
«Est-ce que vous avez remarqué qu’aucun autre premier ministre canadien n'a tenu de Conseil des ministres hier soir, de réunion spéciale ou de grande conférence de presse ce matin. Quand on vous parle d'instrumentaliser une crise, vous en avez un exemple ici», a-t-il dit lors d'un point de presse.
Copier le lien
Partagez sur Facebook
Partagez sur X
Partagez via e-mail
Carney
Noovo Info
Julien Denis
Carney prévient les Canadiens que des temps difficiles s'annoncent
Il a toutefois indiqué que l'objectif était d'en sortir plus forts et plus résilients pour qu'«aucun pays ne puisse jamais nous prendre en otage, et qu'on puisse vivre comme on le souhaite».
Copier le lien
Partagez sur Facebook
Partagez sur X
Partagez via e-mail
Carney
Noovo Info
Julien Denis
«L’adversité nous rend plus forts» - Carney
Le premier ministre Mark Carney diffuse une vidéo sur son compte X.
Duhaime croit à une «campagne de diversion» de Fréchette
Le chef conservateur, Éric Duhaime, qualifie de «mesurettes» ce que Christine Fréchette a annoncé pour protéger l’économie dans le contexte de guerre tarifaire. Selon lui, la première ministre sortante instrumentalise la crise pour faire diversion en pleine campagne électorale.
Copier le lien
Partagez sur Facebook
Partagez sur X
Partagez via e-mail
Fréchette
Noovo Info
Julien Denis
«Se serrer les coudes»
Dans un point de presse à l'Assemblée nationale, la première ministre sortante du Québec, Christine Fréchette, revient sur les mesures d'aide aux entreprises qu'elle a annoncées la veille.
«On a besoin d'être solidaire les uns avec les autres. Si vous pouvez acheter québécois, acheter québécois.»
Copier le lien
Partagez sur Facebook
Partagez sur X
Partagez via e-mail
Carney
Noovo Info
via CTV News
«Ce ne sera pas facile»
Le Canada se devait de répliquer à la plus récente salve tarifaire de Donald Trump en imposant ses propres droits de douane sur des produits américains, selon le premier ministre Mark Carney.
Les droits de douane de rétorsion d’Ottawa sur des produits américains sont entrés en vigueur en réponse aux droits de douane de 50 % imposés par Washington au Canada le mois dernier.