🌐 Guerre commerciale Canada–États-Unis

Contre-tarifs: le Québec n’a pas été entendu, martèle Paul St-Pierre Plamondon

Il a dit craindre à présent une poussée «inflationniste» et une «récession sévère».

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Trump ordonne une nouvelle exclusion de «50 G$» en produits canadiens Voyez le compte-rendu de Sabrina Rivet. (Sabrina Rivet)

Ottawa est allé contre le Québec, imposant aux États-Unis des mesures de rétorsion «dollar pour dollar», a dénoncé mardi le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon.

«La position du Québec n’a pas été entendue», a-t-il martelé lors d’un point de presse à Québec qui a été presque entièrement consacré à la guerre tarifaire.

Selon lui, la riposte canadienne constitue une «taxe déguisée pour les Québécois». Les entreprises québécoises vont être affectées et le coût de la vie va augmenter, a-t-il prédit.

Le Québec demandait pourtant des contre-mesures tarifaires ciblées, or la première ministre Christine Fréchette «ne s’est pas tenue debout», selon le chef du Parti québécois (PQ).

Il a dit craindre à présent une poussée «inflationniste» et une «récession sévère». «Ça ouvre la voie à cette possibilité-là encore davantage», a convenu Mme Fréchette, à La Tuque.

Le candidat du PQ dans Marie-Victorin, l’ex-ministre des Finances dans le gouvernement Marois Nicolas Marceau, a quelque peu tempéré les propos de son chef.

«Est-ce que ça va se traduire par une récession? Évidemment, on n’est pas encore là, mais clairement, ça va vers un ralentissement de la croissance économique», a-t-il dit.

Réciprocité américaine?

Mardi, M. St-Pierre Plamondon a également soulevé des doutes sur le «bouclier» annoncé lundi soir par Christine Fréchette pour aider les entreprises québécoises à traverser la crise.

Québec dérogera pour la première fois à des accords commerciaux internationaux: les entreprises américaines ne pourront plus répondre à des appels d’offres publics.

«La réponse normale en diplomatie, c’est la réciprocité», s’est inquiété PSPP, qui souligne que l’économie américaine est 60 fois plus grosse que celle du Québec.  

«Le fait qu’on discrimine (...) ne changera pas grand-chose dans (...) l’économie américaine, mais l’inverse (...) risque d’entraîner des impacts beaucoup plus grands sur nos entreprises d’ici.» 

Une «chorégraphie» de Fréchette, accuse PSPP

La rencontre organisée par Mme Fréchette lundi soir, à laquelle les chefs des partis d’opposition étaient conviés, était une «chorégraphie», a par ailleurs critiqué Paul St-Pierre Plamondon.

Il s’est défendu de n’avoir posé aucune question lors de cette rencontre.

«J’ai constaté que non seulement on était dans la chorégraphie, mais que les réponses étaient des lieux communs ou des “je ne sais pas”», a-t-il affirmé.

«Si on est pour nous divulguer des décrets qui sont presque déjà publics en lisant une feuille, un courriel peut faire le travail et on va arriver au même résultat.»

S’il accède au pouvoir le 5 octobre, le PQ promet d’offrir aux entreprises québécoises les plus touchées des programmes d’aide «ponctuels et ciblés».

Il s’engage aussi à soutenir les entreprises en «défiscalisant» les nouveaux revenus dans d’autres marchés d’exportation que les États-Unis. 

De plus, un gouvernement péquiste rétablira un «rapport de force» avec Ottawa, quitte à ce que cela mène à une relation plus «tendue», a déclaré M. St-Pierre Plamondon. 

«Que ce soit un peu tendu à Ottawa, (...) si ça donne des résultats pour notre monde, nos entreprises, moi je fais mon travail», a-t-il dit.

«Le fait que nous sommes indépendantistes a un impact positif sur le rapport de force et les gains qu’on peut obtenir», a-t-il ajouté.

Visite d’une entreprise de meubles à Victoriaville

La caravane péquiste s’est arrêtée mardi après-midi à Victoriaville, à l’usine de meubles Huppé, où la présidente Julie St-Arnaud a confié être en mode «survie».

L’industrie du meuble est frappée de plein fouet par la crise tarifaire.

Les mesures annoncées par Québec sont insuffisantes, a fait savoir l’équipe de Huppé au chef péquiste, qui ne s’est toutefois pas engagé à offrir des prêts non remboursables.  

«On n’est pas là», a-t-il expliqué plus tard en mêlée de presse. 

«Ce qu’on a fait, par exemple pendant la pandémie, c’était de précipiter des programmes en ouvrant toutes grandes les valves à toutes sortes de trucs non remboursables.

«La rétroaction après qu’on en a eu, c’est qu’il y a eu beaucoup de gaspillage et beaucoup de fraude», a-t-il ajouté, promettant de «raffiner le modèle d’intervention».