Ottawa a fait fi des demandes du Québec en imposant aux États-Unis des droits de douane de rétorsion «dollar pour dollar», a dénoncé mardi le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon.
«La position du Québec n’a pas été entendue», a-t-il martelé lors d’un point de presse à Québec qui a été presque entièrement consacré à la guerre tarifaire.
Selon lui, les mesures de rétorsion «dollar pour dollar» sont une «taxe déguisée pour les Québécois». Les entreprises québécoises vont être affectées et le coût de la vie va augmenter, a-t-il prédit.
Le Québec demandait pourtant des mesures de rétorsion ciblées, or la première ministre Christine Fréchette «ne s’est pas tenue debout», selon le chef du Parti québécois (PQ).
Il a dit craindre à présent une poussée «inflationniste» et une «récession sévère».
Son candidat dans Marie-Victorin, l’ex-ministre des Finances péquiste Nicolas Marceau, a quelque peu tempéré ses propos.
«Est-ce que ça va se traduire par une récession? Évidemment, on n’est pas encore là, mais clairement, ça va vers un ralentissement de la croissance économique», a-t-il dit.
Réciprocité américaine?
Mardi, M. St-Pierre Plamondon a également soulevé des doutes sur le «bouclier» annoncé lundi soir par Christine Fréchette pour aider les entreprises québécoises à traverser la crise.
Québec dérogera pour la première fois à des accords commerciaux internationaux: les entreprises américaines ne pourront plus répondre à des appels d’offres publics.
«La réponse normale en diplomatie, c’est la réciprocité», s’est inquiété PSPP, qui souligne que l’économie américaine est 60 fois plus grosse que celle du Canada.
«Le fait qu’on discrimine (...) ne changera pas grand-chose dans (...) l’économie américaine, mais l’inverse (...) risque d’entraîner des impacts beaucoup plus grands sur nos entreprises d’ici.»
Une «chorégraphie» de Fréchette, accuse PSPP
La rencontre organisée par Mme Fréchette lundi soir, à laquelle les chefs des partis d’opposition étaient conviés, était une «chorégraphie», a par ailleurs critiqué Paul St-Pierre Plamondon.
Il s’est défendu de n’avoir posé aucune question lors de la rencontre.
«J’ai constaté que non seulement on était dans la chorégraphie, mais que les réponses étaient des lieux communs ou des “je ne sais pas”», a-t-il affirmé.
«Si on est pour nous divulguer des décrets qui sont presque déjà publics en lisant une feuille, un courriel peut faire le travail et on va arriver au même résultat.»
S’il accède au pouvoir le 5 octobre, le PQ promet d’offrir aux entreprises québécoises les plus touchées des programmes d’aide «ponctuels et ciblés».
Il s’engage aussi à soutenir les entreprises en «défiscalisant» les nouveaux revenus dans d’autres marchés d’exportation que les États-Unis.
De plus, un gouvernement péquiste aura un meilleur «rapport de force» avec Ottawa, soutient-il, quitte à ce que cela donne une relation plus «tendue», même en temps de crise.
«Que ce soit un peu tendu à Ottawa, (...) si ça donne des résultats pour notre monde, nos entreprises, moi je fais mon travail», a-t-il dit.
