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QS propose d’augmenter les tarifs sur l’hydroélectricité qu’on exporte aux États-Unis

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«Face à un intimidateur», les Québécois doivent «se serrer les coudes», dit Fréchette Voyez le compte-rendu de Jean-François Poudrier.

Un gouvernement de Québec solidaire mettrait en place une «provision Trump» de 2 milliards $ pour aider les entreprises québécoises directement touchées par les taxes douanières et n’hésiterait pas à augmenter le prix de l’hydroélectricité vendue aux États-Unis.

La porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, «préparerait une riposte» contre l’administration Trump en utilisant l’hydroélectricité comme levier de négociation.

«On a une carte très importante de négociation au Québec que seuls les Québécois peuvent utiliser (...), il faut qu’on brandisse cette menace d’augmenter les tarifs sur l’hydroélectricité qu’on exporte aux États-Unis. C’est une pièce qui est importante dans cette guerre tarifaire qu’un gouvernement de Québec solidaire brandirait au moment opportun», a indiqué l’aspirante première ministre lors d’une conférence de presse mardi matin à Québec.

Interpellée par cette proposition de sa rivale, la cheffe caquiste, Christine Fréchette, a réitéré que surtaxer les exportations d’hydroélectricité aux États-Unis reste sur la table, mais elle est loin d’en faire une priorité.

«Le recours à l’énergie, je ne l’exclus pas. Mais comme je dis, ce n’est pas la première mesure à laquelle je pense quand vient le temps d’imaginer des mesures à mettre en place additionnelles. (...) On n’en est pas là», a soutenu Mme Fréchette en point de presse à La Tuque, en Mauricie.

La cheffe caquiste a souligné que les contrats «sont très fermes et très clairs quant au prix auquel doit être vendue l’énergie».

«Ce n’est pas suivant notre humeur du moment. C’est vraiment très balisé. Le volume d’énergie requis est très clairement mentionné, puis on ne peut pas vraiment en déroger, tout comme le prix», a-t-elle évoqué.

QS mettrait également en place une mesure de 2 milliards $ appelée «provision Trump» qui permettrait «aux entreprises d’ici de maintenir les emplois ici et leur donnerait le temps de transformer leur production, d’avoir d’autres clients», a fait valoir Mme Ghazal.

La transition écologique face à la guerre tarifaire

Lors du même point de presse, Québec solidaire a indiqué vouloir «faire face à la guerre tarifaire» en mettant de l’avant la transition écologique et la souveraineté énergétique.

QS compte utiliser «les leviers de l’État pour freiner tout nouveau projet d’infrastructures pétrolières ou gazières en sol québécois».

QS diminuerait «la dépendance du Québec au pétrole» et «renforcerait sa souveraineté énergétique en investissant dans les énergies renouvelables» et les infrastructures de la transition énergétique.

Le plan économique du premier ministre Mark Carney, qui mise en partie sur la construction d’infrastructures pétrolières, «est nuisible» au Québec, selon QS.

«C’est la même vision économique dépassée qui nous a menés à la crise climatique qu’on vit aujourd’hui: plus d’argent pour les pétrolières, des pipelines et du gaz naturel. On doit agir maintenant pour inverser la tendance et nous défaire des hydrocarbures au lieu de les financer. Ce dont on a besoin, aujourd’hui, c’est de reprendre le contrôle de notre avenir énergétique et faire les choix qui vont rendre le Québec plus fort pour les prochaines décennies», a déclaré Sol Zanetti, porte-parole de Québec solidaire.

QS veut savoir si le Québec est la province la plus touchée

La porte-parole solidaire a commenté les mesures d’achat local mises en place par le gouvernement Fréchette pour répondre aux droits de douane.

Lundi soir, le conseil des ministres a adopté un décret pour que l’État réserve des appels d’offres aux entreprises ayant un établissement au Québec et au Canada.

«Ça fait très longtemps qu’à Québec solidaire, on appelle à ce qu’on fasse travailler nos entreprises d’ici, qu’on ouvre les critères pour les appels d’offres du gouvernement pour ne pas que ce soit uniquement le plus bas soumissionnaire», a indiqué Ruba Ghazal en ajoutant qu’elle a «la conviction» qu’une telle mesure devrait être «permanente».

Il ne faut pas penser, selon elle, «qu’après Trump, on va revenir à un monde comme avant, malheureusement ce ne sera pas le cas».

Il faut donc «se préparer dès maintenant, aujourd’hui, à garder notre économie résiliente, puis, faire en sorte qu’elle soit au service de nos entreprises et de nos travailleurs d’ici».

Lors du point presse à Québec mardi avant-midi, Ruba Ghazal a répété une question qu’elle dit avoir posée à Christine Fréchette lundi soir, sans toutefois obtenir de réponse.

«Les Québécois veulent savoir, avec la plus grande transparence», si le Québec sera «la province la plus affectée par les contre-tarifs du Canada?»

Elle a ajouté que si elle était «première ministre aujourd’hui, c’est exactement» ce qu’elle ferait, c’est-à-dire qu’elle dirait aux Québécois «de façon claire, nette et précise», quel serait «l’impact» sur le «pouvoir d’achat».