Nouvelle semaine, nouveau développement dans la guerre commerciale: le président américain Donald Trump a fermé la porte à d’éventuelles affaires avec Bombardier aux États-Unis lundi dans un message publié sur Truth Social.
«FINIES LES VENTES DE BOMBARDIER AUX ÉTATS-UNIS! Leurs produits ne sont pas assez bons!», a-t-il écrit.
Le président a ajouté que «50 %» des profits de l’entreprise canadienne provenaient des États-Unis et l’a accusée de vivre aux crochets des acheteurs, entreprises, aéroports et services américains, pendant que le Canada «bloquerait» les banques et entreprises des États-Unis.
S’ils veulent notre marché, ils doivent construire ici et cesser de traiter l’Amérique comme une tirelire. ACHETEZ AMÉRICAIN. VOYAGEZ SUR DES AVIONS AMÉRICAINS. DÉGUSTEZ DES ALCOOLS ET DES BOISSONS AMÉRICAINS. NAVIGUEZ SUR LE LAC AMÉRIQUE. L’AMÉRIQUE D’ABORD !
— Donald Trump
Bombardier emploie 3000 personnes aux États-Unis. Environ 2800 fournisseurs américains font partie de sa chaîne d’approvisionnement. L’entreprise dit d’ailleurs dépenser chaque année plus de 2,5 milliards $ auprès de ses fournisseurs.
Bombardier indique d’ailleurs que l’industrie de l’aérospatiale américaine est «clairement gagnante en matière de commerce et d’exportations, soulignant que l’entreprise apporte une «contribution majeure» à ce secteur.
Fréchette ne veut pas répondre à «la provocation par la provocation»
En réaction face à cette menace, la première ministre sortante Christine Fréchette a affirmé qu’elle ne répondrait pas à «la provocation par la provocation».
«Bombardier est une fierté québécoise, un fleuron de notre économie et un acteur majeur de notre industrie aérospatiale. Derrière cette entreprise, il y a des milliers de travailleurs québécois qui font rayonner notre savoir-faire partout dans le monde», a-t-elle développé, ajoutant avoir contacté le PDG de Bombardier, Éric Martel, «pour lui offrir tout [son] soutien».
Pas les premières menaces de Trump à Bombardier
En janvier, Donald Trump avait déjà agité la menace de retirer la certification d’avions fabriqués au Canada, en particulier des jets de Bombardier, et d’imposer des droits de douane de «50% sur tous les aéronefs vendus aux États-Unis», mécontent que des certifications soient «refusées» à des avions américains par Ottawa.
Avant cette attaque contre Bombardier, Trump avait déjà publié une série de publications virulentes sur Truth Social, ciblant notamment le Nouveau-Mexique et la souveraineté du Canada, du Mexique et du Groenland.
La semaine qui s’amorce est cruciale dans la guerre commerciale entre les États-Unis et le Canada. «Je dirais que cette semaine est peut-être la plus importante de toute cette guerre commerciale de 18 mois qu’on a connue avec les États-Unis, parce qu’il y a un risque d’escalade supplémentaire», prévenait plus tôt dans la journée Lachlan Wolfer, responsable national du département juridique de KPMG au Canada, à CTV News Channel. «La vraie question, c’est donc: est-ce qu’on va voir ces représailles tarifaires se poursuivre, et où ça va nous mener?»
Les négociations commerciales entre Ottawa et Washington ont rompu le 21 août, ce qui a entraîné l’imposition de droits de douane américains de 50% sur des produits canadiens représentant plusieurs milliards de dollars. En réponse, Ottawa a annoncé des contre-tarifs équivalents, à hauteur de 1$ pour 1$, sur environ 700 produits américains importés d’une valeur de 27,6 milliards de dollars, qui entreront en vigueur mardi à 00h01, heure de l’Est.
Avec de l’information de Daniel Otis pour CTV News et de l’Agence France-Presse
