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Menaces de Donald Trump: l’action de Bombardier recule en Bourse

La Bourse de Toronto était fermée, lundi, pour la fête du Travail. Les investisseurs ont la première occasion de réagir à l’ouverture des marchés mardi.

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Un appareil de Bombardier est assemblé dans une usine à Mississauga, en Ontario, le vendredi 8 mai 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Sammy Kogan Un appareil de Bombardier est assemblé dans une usine à Mississauga, en Ontario, le vendredi 8 mai 2026. Crédit image | LA PRESSE CANADIENNE (Sammy Kogan)

L’action de Bombardier perd de l’altitude à la Bourse, mardi, alors que l’entreprise québécoise est de nouveau dans la mire du président américain Donald Trump.

M. Trump a menacé, lundi, de bloquer la vente des avions d’affaires de Bombardier aux États-Unis, dans un message sur les médias sociaux. 

«Ils tirent leurs revenus des acheteurs américains, des entreprises américaines, des aéroports américains et des services américains — alors même que le Canada fait obstacle à nos grandes banques et entreprises américaines», a écrit le président. 

La Bourse de Toronto était fermée, lundi, pour la fête du Travail. Les investisseurs ont eu une première occasion de réagir à l’ouverture des marchés mardi. 

Bombardier génère plus de 50 % de ses revenus aux États-Unis, souligne l’analyste Daryl Young, de Stifel. Il juge toutefois que la menace du président serait difficile à mettre à exécution.

«À notre avis, les aspects juridiques/pratiques/exécutoires d’une interdiction des produits Bombardier sont flous, mais nous nous attendons tout de même à ce que la nouvelle pèse sur le cours de l’action Bombardier», écrit l’analyste dans une note. 

Avec une demande vigoureuse, le marché demeure serré et une interdiction des produits de Bombardier entraînerait d’importantes perturbations pour les consommateurs (les entreprises, les gens fortunés et les entreprises qui louent des jets privés), ajoute M. Young. 

Bloquer Bombardier pourrait également entraîner d’importantes répercussions pour l’industrie aérospatiale aux États-Unis. L’entreprise a indiqué, dans un communiqué lundi en soirée, qu’elle dépensait près de 2,5 milliards $ auprès de 2800 fournisseurs américains.

La menace de M. Trump touche un terrain politiquement sensible aux États-Unis. Le sénateur républicain du Kansas, Jerry Moran, s’est d’ailleurs porté à la défense de l’entreprise.

«(Lundi) après-midi, j’ai contacté l’administration Trump pour m’assurer que le président est conscient de l’importante contribution de Bombardier au Kansas et de l’importance de sa présence à Wichita pour les travailleurs chez Bombardier et dans sa chaîne d’approvisionnement.»

À court terme, il s’agit tout de même d’une mauvaise nouvelle pour Bombardier, estime l’analyste James McGarragle, de RBC Marchés des capitaux. «Cette nouvelle vague de manchettes crée de l’incertitude quant aux engagements des clients, ce qui pourrait peser sur le carnet de commandes au cours de la deuxième moitié de l’année.» 

Le titre perdait 21,95 $, ou 6,97 %, à 293,17 $ en avant-midi. 

Stéphane Rolland

Stéphane Rolland

Journaliste