Pendant que le ministre canadien responsable des relations commerciales avec les États-Unis, Dominic LeBlanc, finalise avec le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, une entente visant à apaiser la guerre tarifaire, la première ministre du Québec, Christine Fréchette, fait durer le suspense sur son appui ou non à la feuille de route.
«Alors que les menaces de Donald Trump continuent de planer au-dessus du Québec, ma priorité demeure la même : protéger nos travailleurs, nos emplois et nos entreprises, et éviter une escalade des tarifs», a-t-elle déclaré jeudi après-midi sur les réseaux sociaux.
Elle avait précédemment indiqué, au cours d’un point de presse à Roberval, qu’elle avait eu un «long» appel avec le premier ministre du Canada, Mark Carney.
Mme Fréchette estimait qu’il lui manquait toujours des éléments d’information, même si elle a soutenu que M. Carney a répondu à plusieurs de ses questions.
«Maintenant on doit analyser ces réponses-là et puis déterminer l’impact que ça représente sur l’économie québécoise et, une fois cette analyse-là faite, je pourrai vous revenir avec un positionnement», a-t-elle promis aux journalistes.
Dans une publication sur les réseaux sociaux, Mme Fréchette a indiqué que le Québec était «la province la plus touchée» par les menaces tarifaires. «Alors que les menaces de Donald Trump continuent de planer au-dessus du Québec, ma priorité demeure la même : protéger nos travailleurs, nos emplois et nos entreprises, et éviter une escalade des tarifs», a-t-elle souligné.
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, demande de la «transparence» à M. Carney. Dans une lettre qu’il lui a adressée, il réclame que les leaders des principaux partis d’opposition soient consultés sur l’accord voulu.
«Nous sommes en droit de connaître la nature des concessions qui seraient actuellement convenues avec l’administration américaine, ainsi que les impacts qu’aurait un éventuel accord sur le Québec, ses producteurs, ses entreprises, ses travailleurs et ses compétences», écrit M. Blanchet.
«Nous vous demandons donc de faire preuve de la plus grande transparence», peut-on aussi lire.
Le chef bloquiste demande à rencontrer le premier ministre. Le bureau de M. Carney n’a pas voulu commenter la lettre de M. Blanchet, jeudi.
Mercredi, le chef de l’opposition officielle, le conservateur Pierre Poilievre, se plaignait aussi que son parti ne soit pas consulté.
MM. Poilievre et Blanchet ont tous deux soutenu que M. Carney doit s’assurer de protéger la gestion de l’offre.
Mme Fréchette définit comme une «ligne rouge» toute concession sur ce système visant à aider le marché canadien des produits laitiers, notamment.
Mercredi, elle avait montré des signes d’inquiétude après avoir eu un appel avec M. Carney et les premiers ministres provinciaux.
«Je n’ai pas eu réponse à mes questions», avait-elle déclaré.
