Une éventuelle interdiction américaine des ventes d’avions d’affaires de Bombardier nuirait aussi bien à l’industrie aérospatiale américaine qu’à celle du Canada, selon des analystes.
Dans une série de messages publiés lundi sur les réseaux sociaux à propos du Canada, le président américain Donald Trump a laissé entendre qu’il interdirait les activités du constructeur aéronautique montréalais au sud de la frontière, à moins que celui-ci ne délocalise ses opérations aux États-Unis.
Bombardier et des analystes soulignent que l’entreprise emploie déjà environ 3500 personnes au Kansas, au Texas, en Californie et dans d’autres États, et que sa division défense a son siège à Wichita, au Kansas.
L’entreprise précise que sa chaîne d’approvisionnement fait appel à quelque 2800 entreprises américaines réparties dans 47 États, et que chacun de ses avions contient au moins 40% de composants américains.
Cameron Doerksen, analyste à la National Bank, explique que l’importante clientèle américaine de l’entreprise signifie aussi qu’une interdiction des ventes serait «extrêmement perturbante» pour les nombreux exploitants de flottes d’avions américains qui attendent les livraisons de Bombardier.
La menace de Trump est tombée quelques heures avant l’entrée en vigueur, mardi juste après minuit, des droits de douane de rétorsion d’Ottawa sur les produits américains, en réponse aux droits de 50% que Washington a imposés au Canada le mois dernier.

