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Guerre commerciale Canada-États-Unis: la ligne du temps

Tout ce qu’il faut savoir depuis janvier 2025.

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Des bobines d'acier sont entreposées dans la cour de l'aciérie ArcelorMittal Dofasco à Hamilton, en Ontario, le jeudi 20 août 2026. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE Des bobines d'acier sont entreposées dans la cour de l'aciérie ArcelorMittal Dofasco à Hamilton, en Ontario, le jeudi 20 août 2026. PHOTO DE LA PRESSE CANADIENNE (Nick Iwanyshyn)

La vague de droits de douane imposée par le président Donald Trump — ainsi que ses menaces d’en instaurer davantage — a mis à rude épreuve les relations de longue date entre les États-Unis et le Canada.

Au cours de son second mandat, M. Trump a menacé l’économie et la souveraineté du Canada en imposant de nouveaux droits de douane élevés sur ses marchandises. Il est même allé jusqu’à suggérer que son voisin du nord pourrait devenir «le 51e État».

Cette rhétorique — associée à une succession de nouveaux droits de douane, tantôt appliqués, tantôt suspendus — a indigné les Canadiens, dont le gouvernement a riposté en prenant ses propres mesures de rétorsion. Pendant ce temps, l’incertitude ne fait que croître pour les entreprises et les consommateurs des deux côtés de la frontière.

Tout récemment, M. Trump a mis à exécution sa menace d’imposer des droits de douane américains de 50 % sur 20 milliards de dollars d’importations canadiennes. Ces taxes sont entrées en vigueur samedi après l’échec de négociations de dernière minute, et le premier ministre canadien Mark Carney s’est empressé de promettre d’aligner ses taxes à l’importation sur celles des États-Unis.

Voici une chronologie des événements qui ont conduit à cette situation.

De janvier 2025 à mars 2025: va-et-vient autour des «droits de douane anti-trafic»

Dès son premier jour de retour au pouvoir, Donald Trump a dit qu’il prévoyait d’imposer des droits de douane de 25% sur les importations en provenance du Canada.

Le président a signé ensuite un décret visant à imposer des droits de douane de 25% sur les importations en provenance du Canada à compter du 4 février 2025 — invoquant ce pouvoir en déclarant l’état d’urgence national face à l’immigration clandestine et au trafic de drogue.

Le premier ministre canadien sortant, Justin Trudeau, a promis des mesures de rétorsion.

Quels sont les impacts des tarifs américains sur les régions du Québec? Les impacts des droits de douane américains de 50% sur plusieurs produits canadiens se font sentir à travers le Québec.

Mais les droits de douane sont rapidement reportés, ce qui apaise les tensions, du moins temporairement. M. Trump a accepté d’abord une pause de 30 jours, et des droits de douane plus limités sur les importations canadiennes entrent en vigueur le 4 mars.

En l’espace de quelques jours, les États-Unis ont accordé une exemption supplémentaire aux constructeurs automobiles et reportent l’application du droit de douane de 25% sur les marchandises conformes à l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (ACEUM), un pacte commercial conclu sous le premier mandat de Trump.

Pendant ce temps, à l’échelle mondiale, les nouveaux droits de douane sur l’acier et l’aluminium de Trump — qui taxent désormais les importations de ces deux métaux à hauteur de 25% — entrent toujours en vigueur. Le Canada a imposé de nouveaux droits de douane de rétorsion d’une valeur de 29,8 milliards de dollars canadiens sur les importations en provenance des États-Unis.

D’avril 2025 à juin 2025: de nouveaux droits de douane à l’échelle mondiale

Le 2 avril 2025, Donald Trump a annoncé ses droits de douane «réciproques», promis de longue date, à l’encontre de la quasi-totalité des partenaires commerciaux des États-Unis, mais n’a pas dévoilé des tarifs supplémentaires à l’encontre du Canada.

Il a fait rapidement l’objet de recours judiciaires contre ces droits de douane de grande envergure qu’il a imposés en invoquant les pouvoirs d’urgence — lesquels, au-delà des droits «réciproques», incluent le taux de 25% qu’il avait imposé aux produits canadiens plus tôt dans l’année. La Cour américaine du commerce international statue que le président a outrepassé ses pouvoirs fin mai 2025, mais une cour d’appel fédérale suspend rapidement cette décision à titre provisoire.

Pendant ce temps, des droits sectoriels distincts ont continué de s’accumuler à l’échelle mondiale. Les droits de douane de 25% sur les importations automobiles imposés par M. Trump sont également entrés en vigueur en avril 2025, et le premier ministre Carney a réagi en appliquant le même taux de 25% sous la forme d’un droit de douane sur les véhicules importés des États-Unis non conformes à l’ACEUM.

Les nouveaux droits de douane de 50% imposés par l’administration américaine sur la quasi-totalité de l’acier et de l’aluminium étrangers entrent en vigueur en juin 2025. M. Carney a menacé de son côté d’imposer de nouveaux droits de douane sur l’acier et l’aluminium américains à partir de juillet, dans l’attente de progrès dans les négociations commerciales. Les négociations se sont heurtés à un obstacle temporaire après que Trump s’en ait pris aux projets du Canada de maintenir une taxe sur les entreprises technologiques, sur lesquels le gouvernement fédéral a fait rapidement marche arrière.

De juillet 2025 à octobre 2025: rebondissements dans les négociations commerciales

Les tensions commerciales ont resurgi au cours du second semestre. M. Trump a menacé d’imposer, puis imposé un droit de douane majoré de 35% sur une gamme de produits canadiens à compter du 1er août 2025. À l’échelle mondiale, la nouvelle taxe américaine de 50% sur le cuivre importé est également entré en vigueur le même jour.

Plus tard dans le mois, M. Carney a annoncé que le Canada lèvera bon nombre de ses droits de douane de rétorsion afin de s’aligner sur les exemptions américaines pour les produits couverts par l’accord USMCA. Les détracteurs ont dénoncé cette décision comme une capitulation face à Trump, mais le premier ministre a soutenu que le Canada est en bonne position et que ces exemptions permettront de relancer les négociations commerciales.

Dans le même temps, M. Trump imposé davantage de droits de douane à l’échelle mondiale au cours des semaines et des mois suivants et met fin, le 29 août, à la règle «de minimis» applicable aux importations de faible valeur entrant aux États-Unis.

Guerre commerciale: les produits américains encore boudés Selon un tout récent sondage, trois Canadiens sur quatre appuient la décision de Mark Carney de refuser l'entente proposée par Washington.

Fin octobre, Mark Carney a présenté les grandes lignes d’un plan visant à doubler les exportations canadiennes vers les marchés autres que les États-Unis au cours de la prochaine décennie, invoquant les répercussions des droits de douane américains. Par ailleurs, la colère de Donald Trump face à une publicité télévisée s’opposant aux droits de douane américains l’a conduit à mettre fin à toutes les négociations commerciales avec le Canada. Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, dont le gouvernement provincial a financé cette publicité, l’a retiré par la suite afin que les négociations puissent reprendre, bien que le président américain a continué de menacer d’imposer un droit de douane supplémentaire de 10%.

De novembre 2025 à février 2026: décision de la Cour suprême

La bataille juridique menée par Donald Trump au sujet des droits de douane qu’il a imposés en recourant à ses pouvoirs d’urgence a fini par être portée devant la Cour suprême, les plaidoiries ayant lieu en novembre. En février, une décision prise à 6 voix contre 3 a annulé ces taxes à l’importation — y compris les droits spécifiques à certains pays imposés au Canada. M. Trump a promulgué rapidement un droit global temporaire de 10% en s’appuyant sur une autre loi.

Les relations commerciales entre les États-Unis et le Canada s’étaient déjà détériorées avant cette décision. Notamment en janvier, le gouverneur de la Banque du Canada, M. Carney, souhaitant rétablir les liens commerciaux avec la Chine et rompant avec la position des États-Unis, a accepté rapidement de réduire les droits de douane canadiens sur les véhicules électriques chinois. Furieux, M. Trump a menacé par la suite d’imposer un droit de douane de 100% sur les produits canadiens (qui ne sera finalement pas appliqué), s’il estime que le Canada conclut un accord commercial avec la Chine, mais Mark Carney a affirmé que son pays n’a pas l’intention de conclure un accord plus ambitieux.

À un moment donné, M. Trump a menacé également d’imposer une taxe de 50% sur les avions canadiens vendus aux États-Unis, mais cette mesure n’est pas non plus mise en œuvre. Il a menacé également par la suite de bloquer l’ouverture d’un nouveau pont construit par le Canada enjambant la rivière Détroit.

De mars à aujourd’hui: l’ACEUM et les tarifs de 50%

Les négociations visant à renouveler l’ACEUM ont débuté en mars — et avant la date officielle de révision du 1er juillet, le Canada a demandé que l’accord soit renouvelé pour 16 ans.

Mais les perspectives sont restées incertaines. Et les États-Unis ont fini par décider qu’ils n’étaient pas prêts à renouveler cet accord pour une durée aussi longue, laissant l’USMCA actuel en vigueur au moins jusqu’à sa date d’expiration en 2036.

Puis, plus tard en juillet, M. Trump a menacé d’imposer des droits de douane encore plus élevés au Canada. Il a annoncé que les États-Unis appliqueront des droits de 50% sur de nombreux produits canadiens — y compris ceux qui étaient auparavant protégés par l’USMCA — tout en affirmant que le Canada pratique une discrimination injuste à l’encontre des automobiles, de l’alcool et des produits laitiers américains.

Réplique aux tarifs américains: «toute action a un coût»: affirme Carney Le premier ministre Mark Carney a publié une vidéo en ligne alors que le Canada a officiellement répliqué aux droits de douane américains.

Ces droits devaient initialement entrer en vigueur le 19 août. Le président américain a soutenu que les États-Unis avaient conclu un accord avec le Canada pour reporter ces droits au moins jusqu’au samedi 22 août, mais les principaux termes de cet accord n’ont pas été divulgués, et lorsque les négociations de dernière minute ont échoué, les nouveaux droits de douane sont entrés en vigueur juste après minuit.

Ces droits de douane de 50% s’appliquent à environ 5% de ce que le Canada exporte vers les États-Unis chaque année, y compris des produits allant des crosses de hockey aux abaisse-langues. Mark Carney a promis de riposter «dollar pour dollar» avec des contre-tarifs qui sont entrés en vigueur le 8 septembre.