Les données en direct sur le temps d’attente à l’urgence sont toujours indisponibles pour les établissements de santé de la Mauricie et du Centre-du-Québec, ainsi que pour certains hôpitaux de Montréal.
Les pages dédiées au temps d’attente dans les urgences du Québec, comme Index Santé ou le tableau de bord de Santé Québec, n’indiquent plus depuis plusieurs semaines maintenant les données pour ces trois régions.
Il est donc impossible pour les gens de consulter le temps d’attente à l’urgence, ou le nombre de personnes inscrites ou encore le nombre de patients sur civière.
Les données manquantes pour les sept établissements de santé de la Mauricie et du Centre-du-Québec, incluant l’hôpital Sainte-Croix de Drummondville et le l’hôpital du Centre-de-la-Mauricie et pour les quatre hôpitaux du Nord-de-l’Île-de-Montréal, incluant les centres hospitaliers Sacré-Coeur-de-Montréal, Fleury et Jean-Talon.

Il s’agit d’une «situation temporaire», a d’ailleurs fait savoir Santé Québec à Noovo Info. «Des travaux sont en cours afin de permettre la transmission de données validées et fiables.»
DSN, entre ratés et espoir
Le vide coïncide avec le déploiement du projet-pilote de Dossier santé numérique (DSN) dans ces établissements.
Le lancement du DSN a eu lieu le 9 mai 2026. Le DSN vise à fusionner pas moins de 400 systèmes informatiques différents et à remplacer progressivement une part importante des quelque 10 500 systèmes actuellement utilisés.
Dans les premières heures, les professionnels de la santé impliqués ont surtout connu des problèmes concernant la connexion et les accès au compte.
Santé Québec affirmait à ce moment que des embûches pouvaient survenir et qu’un certain temps d’adaptation serait nécessaire sur le terrain.
Au fil du temps, d’autres problèmes ont été signalés dont des surdoses qui auraient été causées par le système, ainsi que de retards de plusieurs semaines dans des traitements de chimiothérapie et des requêtes perdues.
En juin dernier, un sit-in a été organisé par des infirmières de l’urgence de l’Hôpital du Sacré-Cœur dans un contexte de manque du personnel et de surcharge liée au déploiement du Dossier santé numérique (DSN).
Le projet a d’ailleurs des opposants, dont l’ex-ministre de la Cybersécurité et du Numérique, Gilles Bélanger, qui est d’avis que le DSN sera un fiasco économique de l’ampleur de SAAQclic. Il a affirmé que le système est déjà archaïque à l’ère de l’intelligence artificielle.
À l’inverse, le Dr Christian Carrier, hémato-oncologue et chef des services d’hématologie et d’oncologie médicale à Santé Québec Mauricie/Centre-du-Québec (anciennement le CIUSSS MCQ), indiquait à la mi-juin que s’il restait des enjeux à régler dans l’implantation du DSN, le projet était «sur la bonne voie». «On est en train de réussir et ça va être bénéfique à moyen terme, ce projet, pour nos régions, puis je l’espère pour toute la province», a-t-il commenté.
La santé et la campagne électorale
Le secteur de la santé a fait l’objet de plusieurs promesses et engagements des différents partis dans le cadre de l’actuelle campagne électorale au Québec qui mènera les électeurs aux urnes le 5 octobre prochain.
Par exemple, mardi, le Parti conservateur du Québec (PCCQ) a annoncé vouloir abolir Santé Québec et réduire la bureaucratie de 25%. «Ça fait longtemps que les Québécois se sentent impuissants par rapport à leur système de santé, qu’ils paient extrêmement cher, trop cher, en taxes et en impôts pour ce qu’ils obtiennent en retour», avait lancé le chef du PCQ, Éric Duhaime, lors de la présentation de son plan.
Le Parti québécois souhaite aussi abolir Santé Québec, l’agence gouvernementale créée par le gouvernement de la CAQ en 2023 dans un projet de réforme du système de santé.
Lundi, le Parti libéral du Québec (PLQ) s’est notamment engagé à prioriser le dossier de l’hôpital de la Cité-de-la-Santé à Laval. «Des patients parfois forcés à être cinq dans une chambre, ce n’est pas ça les soins qu’on veut offrir au Québec», avait alors souligné le chef Charles Milliard.
Québec solidaire (QS) a aussi fait des promesses en santé et s’est engagé la semaine dernière à revitaliser le système de santé au Québec en mettant sur pied 400 points d’accès en première ligne «inspirés sur le modèle des CLSC».
La cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ) Christine Fréchette, veut de son côté, entre autres, autoriser les médecins à pratiquer dans le secteur public et le secteur privé, sans qu’ils aient à se désaffilier de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ).

