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La CAQ ouvre la porte à une «pratique mixte» des médecins au privé et au public

«Cette réflexion se fera avec les médecins, en vue des prochaines négociations, afin de voir comment un tel modèle pourrait contribuer à améliorer l’accès sans fragiliser le réseau public.»

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La CAQ s’engage à former plus de médecins de famille en région et à accroître le recours au privé Dans une annonce en matière de santé, la cheffe de la Coalition avenir Québec, Christine Fréchette, s’est engagée à former plus de médecins de famille en région, à accroître le recours au privé pour réduire les délais d'attente et à donner plus de responsabilités aux infirmières et aux ambulanciers.

Un peu plus d’un an après avoir voulu barrer la route aux médecins désireux d’aller travailler au privé, la Coalition avenir Québec (CAQ) fait volte-face.

La cheffe, Christine Fréchette, veut autoriser les médecins à pratiquer dans le secteur public et le secteur privé, sans qu’ils aient à se désaffilier de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ).

En conférence de presse à Saint-Colomban, dans les Laurentides, elle a indiqué qu’elle veut financer ses mesures en santé en réduisant de 2 % les dépenses administratives de Santé Québec, donc une économie d’environ 1 milliard sur le budget de 48 milliards $ de l’agence.

En avril 2025, le gouvernement caquiste adoptait une loi pour entraver par une série de restrictions imposées aux médecins la pratique privée, mais Mme Fréchette plaide maintenant que, après analyse de systèmes de santé dans le monde, «ceux qui se classent parmi les plus performants permettent une présence à la fois dans le public et le privé».

La cheffe caquiste a reconnu que chez les patients et usagers au Québec, «il y a toujours un mot qui revient: l’attente».

Elle a refusé de dire que la loi adoptée en 2025 par le ministre Christian Dubé était une erreur, soutenant plutôt qu’«on fait différemment pour la suite des choses».

D’ailleurs, le Parti libéral a accusé Mme Fréchette de vouloir sacrifier un autre de ses ex-collègues et renier son héritage.

La CAQ propose «d’ouvrir la discussion» avec les médecins pour permettre une «pratique mixte», dans laquelle ils pourraient travailler au privé et au public. Ils devraient toutefois maintenir «une présence adéquate dans le public».

Cela permettrait d’effectuer certaines interventions dans des cliniques spécialisées, «laissant davantage de place dans les hôpitaux pour les cas graves, urgents ou complexes», dit-on à la CAQ.

Pourtant, le gouvernement caquiste avait déjà lancé un projet pilote pour transférer au privé des patients en longue attente d’une chirurgie, mais il n’a pas abouti: aucun contrat n’a été conclu malgré le lancement d’un appel d’offres, nous apprenait «Le Devoir» cet été.

Cette fois, la CAQ veut déployer une série de mesures pour raccourcir les temps d’attente.

Entre autres, les patients du réseau public en attente depuis six mois pourront être redirigés vers une autre région. Pour les chirurgies orthopédiques et plastiques, ils pourront être orientés vers le privé après neuf mois d’attente.

La CAQ veut aussi accroître le recours au privé pour les imageries médicales pour réduire l’attente en traitant 100 000 demandes de plus par année, au coût de 40 millions $.

En outre, la CAQ veut former plus de médecins en région grâce au réseau des Universités du Québec, au coût de 20 millions $.

Un gouvernement caquiste accélérerait aussi la mise en place des règlements qui permettent l’élargissement des actes permis par les infirmières.

Enfin, on veut élargir le champ de pratique des techniciens paramédicaux et créer pour eux un ordre professionnel.

«Lancer M. Dubé sous l’autobus»

Le chef libéral Charles Milliard n’a pas mis de temps à réagir.

Pour lui, Mme Fréchette se trouve ainsi à «lancer M. Dubé sous l’autobus» en démantelant ce qu’il avait mis en place.

Il a aussi prononcé une profession de foi en faveur du système public et dénoncé la brèche entamée par la CAQ.

«Elle abdique à faire l’extension du système de santé public», a-t-il déploré.

Patrice Bergeron

Patrice Bergeron

Journaliste