Un sit-in par des infirmières de l’urgence de l’Hôpital du Sacré-Cœur a eu lieu samedi soir dans un contexte de manque du personnel et de surcharge liée au déploiement du Dossier santé numérique (DSN).
Le sit-in a duré au total 2 h 30. Selon ce qu’a appris Noovo Info, deux infirmières manquaient à l’appel malgré le fait que l’employeur aurait été mis au courant de ces absences depuis plus d’une semaine.
Au moment de la mobilisation, 166 patients étaient en attente de triage au début du quart de soir. En entrevue avec Noovo Info, la présidente du Syndicat des professionnelles en soins du Nord-de-l’Île-de-Montréal, Isabelle Roy, a expliqué qu’il manquait des infirmières au «cube» et au triage, deux endroits qui sont «névralgiques», selon elle.
Après 2 h 30, l’employeur a décidé de fermer deux sections afin de rapatrier des infirmières au «cube» et au triage. Les décisions de fermer le corridor de l’urgence et de détourner les ambulances ont également été prises.
En plus du manque de personnel, le DSN récemment déployé n’aiderait pas le personnel, selon Mme Roy. Elle a donné en exemple le fait qu’à l’urgence, quatre patients se trouvent sous télémétrie pour une surveillance cardiaque. Toutefois, le DSN en comptabilise un seul. «Il y a des risques concrètement», soutient Mme Roy au sujet de ces problèmes.
«Quand l’urgence déborde, la machine présente des petits problèmes et les numéros souvent des patients se transposent. Donc les risques d’erreurs pour administrer la médication et faire les soins sont très élevés à l’heure actuelle.»
— Isabelle Roy, présidente du Syndicat des professionnelles en soins du Nord-de-l’Île-de-Montréal
Des ressources demandées
Face à ces problèmes, davantage de ressources sont demandées pour pallier à ces bris de services et à la surcharge de travail. «C’est sûr qu’il va falloir une grande réorganisation suivant l’implantation du Dossier santé numérique et c’est sûr que ça passe entre autres par l’ajout de postes», affirme Mme Roy.
À propos de discussions avec l’employeur à ce sujet, elle confirme que des discussions sont en cours, mais qu’il y a peu «d’ouverture».
Il n’a pas été possible d’obtenir des commentaires dans l’immédiat de la part du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Nord-de-l’Île-de-Montréal. Du côté de Santé Québec, la demande a été référée au CIUSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal.

