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Investir dans la petite enfance évite des coûts publics plus élevés à long terme

«Les retards qui se vivent, les difficultés, ça ne va pas se résorber. En fait, ça va faire comme une boule de neige.»

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Les bienfaits d’investir dans la petite enfance Investir tôt dans la santé des enfants permet d'économiser des fonds publics dans l'avenir. C'est ce que nous révèle un rapport de l'Observatoire des tout-petits. De l'argent qui va non seulement aider les enfants à avoir une meilleure santé, mais qui va prévenir aussi des troubles d'apprentissage et le décrochage scolaire.

Un nouveau rapport de l’Observatoire des tout-petits démontre avec plusieurs indicateurs que d’investir dans la petite enfance permet à plus long terme d’économiser des fonds publics.

Dans le rapport intitulé Perspective économique sur le développement des tout-petits, les investissements en petite enfance désignent l’ensemble des ressources publiques consacrées aux enfants de 0 à 5 ans et à leur famille. On souligne que d’investir tôt dans la vie de l’enfant et même pendant la grossesse permet d’éviter des coûts notamment liés au décrochage scolaire et aux soins de santé.

Par exemple, un faible poids à la naissance représente un risque pour la santé de l’enfant, mais il est aussi associé à un développement cérébral moins optimal et de plus fortes probabilités de rencontrer des retards d’apprentissage.

«Les retards qui se vivent, les difficultés, ça ne va pas se résorber. En fait, ça va faire comme une boule de neige», illustre Julie Meloche, présidente du conseil d’administration de l’Observatoire des tout-petits. «Ça va s’accumuler et prendre des proportions qui sont de plus en plus grandes. Ça peut vouloir dire, rendu à l’âge adulte, le recours plus fréquent aux soins curatifs, donc en santé et en services sociaux. Ça peut vouloir dire un tout-petit qui est moins prêt à son parcours éducatif à l’entrée à l’école... le recours aux services d’orthophonie, d’orthopédagogie.»

Le PLQ promet 1000 ressources de plus dans les écoles, mais la rétention reste un défi en Estrie Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, était de passage en Estrie pour une troisième fois depuis le début de sa campagne. Cette fois-ci, il venait annoncer une promesse d’ajouter 1000 ressources spécialisées supplémentaires dans les écoles publiques du Québec à partir de 2027-2028. Selon le Syndicat de l’enseignement de l’Estrie, la priorité est toutefois d’améliorer les conditions de travail des employés du réseau de l’éducation afin de les retenir.

La proportion d’enfants de maternelle 5 ans vulnérables sur le plan du développement est en hausse depuis 10 ans au Québec. Elle est passée 25,6 % en 2012 à 28,7 % en 2022, selon les données tirées de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).

«Être vulnérable sur le plan du développement à la maternelle peut, ultimement, augmenter les probabilités de redoubler une année ou d’abandonner l’école», indique le rapport.

Les coûts annuels du décrochage scolaire sont estimés à 29 050 $ par décrocheur, ce qui représentait 13,8 milliards $ en 2024, selon une étude de l’économiste Frédéric Laurin de l’Université du Québec à Trois-Rivières.

Au Québec, en 2023-2024, le taux de sortie des étudiants au secondaire sans diplôme ni qualification était 14,2 %.

«Depuis dix ans, quand on prend ces mesures-là, il y a une augmentation à chaque fois du pourcentage d’enfants qui sont vulnérables dans au moins un domaine de développement», s’inquiète Mme Meloche. Parmi les domaines de développement, elle nomme les compétences sociales, le développement cognitif et langagier, la maturité affective, le développement en santé, etc.

Mme Meloche souligne que ces domaines de développement ont un impact sur le cheminement scolaire par la suite. «C’est un tout-petit qui n’arrive pas suffisamment prêt à apprendre. Il ne vit probablement pas une rentrée scolaire réussie et ça se répercute», dit-elle.

Ça coince dans la mise en œuvre des projets

Mme Meloche est enthousiaste par rapport aux différents projets qui concernent la petite enfance, notamment le plus récent programme Grandir en confiance, piloté par Santé Québec et la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

«C’est extraordinaire. Le défi, ça va être dans la mise en œuvre. Je n’ai pas d’a priori, mais de façon globale, c’est souvent là où c’est un peu plus difficile, notamment parce qu’il y a des choix difficiles à faire», admet-elle.

«Notre prétention avec le rapport, c’est de dire: si on fait des investissements adéquats, les sommes d’argent qu’on n’aura pas besoin d’investir en curatif plus tard, ça devient l’argent qu’on pourra investir autrement.»

D’autre part, les sommes à elles seules ne suffisent pas. Le rapport souligne qu’un «accès équitable aux ressources et aux services dès la petite enfance contribue à ce que tous aient les mêmes chances de réussir et améliore leur bien-être».

La CAQ promet un soutien financier pour les dépenses scolaires La CAQ s’est engagée lundi à augmenter le soutien financier couvrant les dépenses pour les enfants à l’école, pour un total de 900 millions $ sur quatre ans.

L’Observatoire des tout-petits est apolitique, mais il aimerait voir les partis politiques parler davantage de la petite enfance durant la campagne électorale.

Selon un sondage Léger mené pour le compte de l’Observatoire des tout-petits en juillet 2026, 88 % des Québécois considèrent que tous les partis politiques devraient faire de la petite enfance une priorité. Et plus de neuf Québécois sur dix considèrent qu’investir en petite enfance est un choix rentable pour la société.

«On est dans une période où les gouvernements ont vraiment des choix difficiles à faire du point de vue de l’utilisation des fonds publics. Alors pour nous, c’est d’autant plus important de vraiment considérer le fait que quand on investit des fonds publics en petite enfance [...] on maximise les gains pour chaque dollar qu’on investit», réitère Mme Meloche. Elle rappelle que de ne pas le faire mène à des coûts plus élevés en «soins de rattrapage».

Katrine Desautels

Katrine Desautels

Journaliste