Québec solidaire compte revitaliser le système de santé en mettant sur pied 400 points d’accès en première ligne «inspirés sur le modèle des CLSC».
La porte-parole solidaire Ruba Ghazal en a fait l’annonce samedi matin lors d’un point de presse tenu à Chicoutimi, au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Québec solidaire propose ainsi d’élargir le réseau des CLSC et d’en faire la porte d’entrée du système de santé.
«Le plus grand défi du système de santé, ce n’est pas la qualité du service une fois que l’on réussit à entrer dans le système. Le plus grand défi, c’est de pouvoir entrer dans le système de santé», a affirmé Mme Ghazal.
Elle compte cependant y aller par étape, en s’engageant à offrir 200 points de service lors d’un premier mandat, avant de doubler ce nombre au terme d’un second mandat.
Selon le parti, cela permettrait de décentraliser les services, mais aussi d’assurer une couverture élargie des urgences mineures, notamment dans les régions éloignées.
«C’est aussi une façon de désengorger les urgences», a soutenu Mme Ghazal lors du point de presse.
Elle a également avancé qu’il y avait un côté interdisciplinaire à ne pas négliger dans les CLSC.
«Des fois, tu n’as pas besoin nécessairement de voir un médecin, tu vas voir une infirmière, tu vas voir un psychologue, un ergothérapeute, les professionnels sont là et ils travaillent ensemble», a-t-elle précisé.
Québec solidaire estime le coût de cette mesure à 1,8 milliard $ par année.
La porte-parole n’a pas non plus hésité à s’attaquer à ses adversaires, accusant les autres partis d’avoir fait des promesses qui n’ont jamais réglé les problèmes dans le système de santé.
«Année après année, c’est la même chanson, puis tout ce que les Québécois voient, c’est que la situation dans notre système de santé public s’empire», a-t-elle affirmé.
«Quand j’entends les autres partis pendant cette campagne électorale proposer plus de privé, je me demande: non, mais qu’est-ce qu’ils n’ont pas compris encore?» a-t-elle indiqué.
Mme Ghazal devait poursuivre sa tournée dans la région avec une rencontre avec le maire de Saint-Félicien, Jean-Philippe Boutin, avant de se rendre à la ferme florale Maltais.
Elle prévoyait assister à la Journée communautaire de la Fierté en compagnie de Manon Massé, avant d’aller prêter main-forte à son candidat solidaire dans Taschereau, Etienne Grandmont, pour une activité de tractage.
Elle devait terminer sa dixième journée de campagne en participant à la Nuit des Galeries, toujours dans la Capitale-Nationale.
Engagement pour les femmes autochtones
Par ailleurs, le porte-parole de Québec solidaire Sol Zanetti a invité tous les partis à résoudre des appels en justice qui pourraient avoir un impact «concret» pour améliorer la sécurité des femmes autochtones.
M. Zanetti a lancé cet appel dans une lettre directement adressée aux autres chefs, soulignant qu’il était «extrêmement préoccupé par la surreprésentation sans équivoque des femmes autochtones parmi les victimes de violence au Québec».
Le porte-parole solidaire a identifié plus précisément trois appels en justice parmi les 21 issus de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA).
L’appel #5 réclame la création d’une cellule de crise au ministère de la Sécurité publique pour les disparitions de femmes et filles autochtones.
L’appel #8 demande de s’assurer que les intervenants des services publics québécois sont pleinement formés aux réalités socioculturelles et aux enjeux propres aux Autochtones.
L’appel #11 encourage à compiler systématiquement les statistiques concernant le nombre de signalements en matière de disparition et de crime commis à l’encontre des femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées et les publier chaque année.
En plus de mettre en œuvre ces trois appels, Québec solidaire promet d’intégrer les organisations de femmes autochtones dans les décisions touchant la sécurité publique, la justice, la protection de la jeunesse et les services aux victimes.
L’organisme Femmes Autochtones du Québec a salué les promesses annoncées par les solidaires.
«Ces engagements constituent un signal politique important, mais ils doivent devenir une priorité collective, portée par l’ensemble des partis politiques et, surtout, se traduire par des engagements concrets, durables et mesurables», a souligné par communiqué Marjolaine Étienne, présidente de Femmes Autochtones du Québec.
