Découvrez où des ministres sortants de la CAQ jouent leur siège; où le PQ cherche les gains qui pourraient lui ouvrir la porte à une majorité; où le PLQ tente de reconquérir d’anciens bastions; où QS défend ses acquis; et où le PCQ espère enfin faire élire ses premiers députés à l’Assemblée nationale.
Pour mieux comprendre les résultats qui émaneront des élections du 5 octobre 2026 au Québec, voici un guide des luttes à surveiller à travers la province, basé sur les projections de la plateforme d’agrégation de résultats de sondages électoraux et de modélisation statistique QC125.
Noovo Info a identifié pour vous 32 circonscriptions à surveiller attentivement lors de La soirée électorale Noovo Crave.
Découvrez où des ministres sortants de la CAQ jouent leur siège; où le PQ cherche les gains qui pourraient lui ouvrir la porte à une majorité; où le PLQ tente de reconquérir d’anciens bastions; où QS défend ses acquis; et où le PCQ espère enfin faire élire ses premiers députés à l’Assemblée nationale.
Faits saillants
- La CAQ joue gros dans plusieurs régions: des ministres sortants comme Simon Jolin-Barrette, Jean-François Roberge, Bernard Drainville, Eric Girard et Ian Lafrenière sont dans des luttes serrées ou tirent de l’arrière dans les projections.
- Le PQ peut faire des gains jusque dans des territoires qui lui sont traditionnellement moins favorables, notamment en Outaouais, en Estrie et dans la région de Québec.
- Le PLQ pourrait reprendre du terrain dans ses anciens bastions, particulièrement à Laval, dans l’ouest de la Montérégie et en Outaouais.
- Le PCQ est en position de faire élire ses premiers députés sous Éric Duhaime, surtout dans Chaudière-Appalaches, au Centre-du-Québec et dans certaines circonscriptions de la région de Québec.
- QS défend plusieurs sièges qui pourraient peser dans la composition de la prochaine Assemblée nationale, notamment Hochelaga-Maisonneuve, Rosemont et Jean-Lesage, où le PQ constitue son principal adversaire dans les projections.
Noovo Info sera le point de rendez-vous des électeurs québécois le 5 octobre pour connaître tous les résultats du scrutin en temps réel, avec la présentation de La soirée électorale Noovo Crave sur toutes nos plateformes.
Montréal
Luttes à surveiller: Hochelaga-Maisonneuve, Rosemont, Verdun
Voici comment le sort de QS à Montréal pourrait avoir une influence sur la couleur et la forme du prochain gouvernement.
Sur l’île de Montréal, dont l’ouest est historiquement une forteresse libérale, trois circonscriptions sont à surveiller plus attentivement: Hochelaga-Maisonneuve, Rosemont et Verdun.
QS a la mainmise sur Hochelaga-Maisonneuve et Rosemont depuis l’élection de 2018, qui a marqué le début des huit ans de pouvoir majoritaire de la CAQ sous François Legault. Les projections de QC125 laissent toutefois présager une lutte intense pour ces deux sièges le soir du 5 octobre.
Qu’adviendra-t-il d’Alexandre Leduc?
Dans Hochelaga-Maisonneuve, Alexandre Leduc demeure favori, mais le PQ est de retour en force dans cette circonscription de l’est de Montréal.
Les résultats de la candidate péquiste Maude Brossard Sabourin dans les sondages électoraux la placent à trois points derrière le député solidaire de longue date (2018).

M. Leduc a déjà «pensé» à la possibilité de devenir co-porte-parole masculin de QS après le départ de Gabriel Nadeau-Dubois, mais avait finalement donné son appui à Etienne Grandmont. Les membres du parti ont plutôt élu Sol Zanetti en novembre 2025 pour succéder à «GND».
Bataille dans l’ancienne circonscription de Vincent Marissal
Dans Rosemont, la nouvelle candidate Gisèle Pouhe Njall doit défendre les couleurs solidaires face aux avancées du candidat péquiste, l’acteur Pierre-Luc Brillant. La circonscription appartenait à Vincent Marissal.
L’ex-journaliste avait été élu sous la bannière solidaire en 2018, puis réélu en 2022, mais a plus tard siégé comme indépendant après avoir quitté Québec solidaire en novembre 2025. Il avait ensuite annoncé son départ de la vie politique au printemps dernier.
M. Marissal a depuis annoncé son retour sous la bannière péquiste, comme candidat dans Taschereau. Ce retour a duré moins de 48 heures: une controverse éthique entourant l’utilisation de l’allocation de l’Assemblée nationale en échange d’un accès gratuit à un logement ailleurs dans le monde s’est soldée par le retrait de sa candidature.

Ces tractations ont-elles résonné jusqu’à Montréal? Les projections de QC125 en date du 29 septembre montraient que Mme Pouhe Njall (32%) pouvait tout autant l’emporter dans Rosemont que M. Brillant (30%), en tenant compte d’une marge d’erreur de sept points de pourcentage.
Selon Philippe J. Fournier, l’expert derrière la plateforme QC125, une sous-performance solidaire combinée à une surperformance péquiste lors de la soirée électorale pourrait faire passer ces deux sièges au PQ.
Le parti de «PSPP», en tête dans la plupart des sondages conduits pendant la campagne électorale, a besoin de victoires dans des circonscriptions «pivot» comme Hochelaga-Maisonneuve et Rosemont pour décrocher un mandat majoritaire à l’Assemblée.
Ailleurs à Montréal, les sondages agrégés tendent à montrer que Sainte-Marie–Saint-Jacques restera orange après la fermeture des bureaux de vote, avec une éventuelle élection de la nouvelle venue Roxane Milot. C’est l’ancienne circonscription de l’ex-co-porte-parole de QS Manon Massé.
Gain possible dans Verdun pour le fils de Jean Charest
La circonscription de Verdun, arrachée aux libéraux par la solidaire Alejandra Zaga Mendez par une marge de 461 voix, semble destinée à redevenir rouge. Le fils de l’ancien premier ministre Jean Charest, Antoine Dionne Charest, s’y présente pour le PLQ et pourrait s’imposer, avec 37% des intentions de vote dans le secteur contre 31% pour Mme Mendez.

Autrement, la circonscription de Maurice-Richard, située dans Ahunstic-Cartierville au nord de Montréal, pourrait porter de nouvelles couleurs pour une troisième fois en trois scrutins provinciaux. Élu en 2022, Haroun Bouazzi n’est plus là pour défendre le siège solidaire: la fin de son mandat marque la fin de sa vie politique, après un parcours marqué par des propos qui ont suscité la controverse.
Me Nada Boumeftah pourrait redonner au PLQ le siège qu’il détenait en 2018. L’agrégation des résultats de sondages électoraux tend à donner une victoire serrée à la candidate péquiste Aisha Issa devant l’avocate (32% contre 29% des voix, ±7%).
Laval
Luttes à surveiller: Laval-des-Rapides, Sainte-Rose
Les deux tiers de l’île Jésus sont caquistes depuis l’élection de 2022. Voilà qui devrait changer radicalement en 2026, en route vers un possible balayage libéral.
Si la CAQ veut une chance de remporter les élections provinciales, il faudrait potentiellement une bonne soirée à Laval, où le parti de Mme Fréchette détenait quatre sièges avant le scrutin. Ce n’est toutefois pas ce que laissait présager l’agrégation des résultats de sondages électoraux en fin de campagne.
La fin pour Skeete?
Dans Sainte-Rose, Christopher Skeete semble en position périlleuse face à la candidate libérale Cécile Tremblay. QC125 projette 33% des voix en faveur de Mme Tremblay, contre 24% pour le ministre sortant des Relations internationales et de la Francophonie.

Dans Laval-des-Rapides, il y a aussi le cas de Céline Haytayan. Victorieuse en 2022, la députée a été l’une des dizaines d’élues à quitter le navire caquiste avant le déclenchement de la campagne électorale.
Le nouveau candidat caquiste Vincent Bolduc, à 20% des voix selon les projections de QC125, ne serait même pas dans la lutte. Un gain de Caroline De Guire dans cette circonscription bordée par la rivière des Prairies au sud (33%, ±7%) pourrait donc marquer un possible balayage libéral à Laval.
Le cas Lakhoyan
D’ailleurs, l’équipe du chef libéral Charles Milliard ne semble pas avoir à craindre un instant de perdre la circonscription de Chomedey. Le PLQ a refusé à Sona Lakhoyan Olivier de réintégrer ses rangs et la députée sortante s’y présente comme candidate indépendante.

Malgré ce qu’on sait sur Mme Lakhoyan dans la foulée des controverses qui ont plombé le parti et des déboires de l’ex-chef Pablo Rodriguez, la nouvelle candidate Madeleine Féquière devrait signer une victoire libérale facile, voire majoritaire, dans ce bastion historique du PLQ qui lui appartient depuis la création du comté au tout début des années 1980.
Lanaudière et Laurentides
Lutte à surveiller: Groulx
Il y a quelques candidats vedettes en lice dans la couronne Nord de Montréal, mais cela pourrait ne pas suffire à prévenir un balayage péquiste.
Le ministre sortant des Finances, Eric Girard. L’autrice et chroniqueuse Geneviève Pettersen. La ministre sortante de l’Environnement et ex-journaliste Pascale Déry. De gros noms.
Pourtant, la CAQ, dominante sur la rive Nord de Montréal depuis l’ère Legault, est possiblement en proie à une rude chute après le départ du premier ministre et député de L’Assomption.
Mme Pettersen (28%) tirait de l’arrière par une marge d’environ 10 points au profit du péquiste Maxime Laporte (38%) selon les projections de probabilité de victoire de QC125 dans cette circonscription en date du 29 septembre.

Un scénario similaire est à prévoir tout juste un peu plus près de Montréal, à Repentigny (39% contre 29% selon les projections). Connue du public comme journaliste chez TVA dans les années 2000 et 2010, Mme Déry pourrait devoir céder son siège au péquiste Nicolas Girard.
Eric Girard et la prime de notoriété à l’urne
Élue en 2022, Mme Déry a rempli plusieurs fonctions ministérielles, notamment à l’Enseignement supérieur, à l’Emploi et à l’Environnement. Son collègue Eric Girard a beaucoup moins bougé. Le ministre sortant des Finances tient les livres du Québec depuis son assermentation à ce poste en 2018.
M. Girard pourrait toutefois avoir signé son dernier budget provincial en 2026. La péquiste Marie-Claude Sarrazin est favorite pour l’emporter avec 32% des voix dans Groulx, qui couvre Boisbriand, Rosemère et Sainte-Thérèse.
Même une importante prime de notoriété de Girard à l’urne pourrait ne pas lui permettre de garder son siège. QC125 lui projette un appui de 25% dans les bureaux de vote, à sept points de la candidate du PQ.

Si c’est bel et bien la fin pour Eric Girard, on se souviendra que cet ancien de la Banque Nationale aura pris la barre des finances publiques du Québec en 2018 et piloté celles-ci pendant et après la pandémie, dans un effort de retour à l’équilibre budgétaire et dans les défis caquistes liés aux négociations de conventions collectives avec des travailleurs du secteur public.
D’autres se souviendront aussi de l’octroi d’une subvention de quelques millions de dollars pour la tenue de matchs préparatoires des Kings de Los Angeles à Québec, ce qui avait suscité une levée de boucliers.
Ailleurs dans Lanaudière et dans les Laurentides, les projections de QC125 prévoient un retour à la «normale» de l’histoire pré-CAQ: une vague de victoires du PQ.
Montérégie
Luttes à surveiller: Borduas, Chambly, Huntingdon, La Pinière, Montarville, Soulanges, Vachon, Vaudreuil
Comme sur la couronne Nord, les projections électorales pointent vers des défaites caquistes. Reste à voir comment le PQ et le PLQ se répartiront des gains potentiels dans cette région à la géographie particulière.
La Montérégie pourrait bien être l’une des régions où le recul de la CAQ sera le plus visible le soir du 5 octobre.
À l’ouest, près de Montréal et de la frontière ontarienne, les libéraux pourraient reprendre du terrain. À l’est, les projections de QC125 placent plutôt le PQ en tête dans chacune des 11 circonscriptions.
Les gros noms de la CAQ survivront-ils sur la Rive-Sud?
Il faudra voir si la notoriété des ministres sortants de la Rive-Sud de Montréal peut leur permettre de résister à la poussée péquiste.
Le ministre sortant de la Justice, Simon Jolin-Barrette (Borduas); le ministre sortant de la Langue française, Jean-François Roberge (Chambly); la présidente de l’Assemblée nationale, Nathalie Roy (Montarville); le vice-premier ministre sortant, Ian Lafrenière (Vachon)... Quatre noms associés de près aux huit années de gouvernement caquiste.

Leurs noms valent-ils encore quelque chose une fois les citoyens rendus dans les bureaux de vote? Ce sont quatre circonscriptions à la portée du PQ, selon les dernières projections.
C’est surtout vrai dans Vachon (Saint-Hubert), où la pente semble difficile à remonter pour M. Lafrenière, élu en 2018 lors de l’arrivée de la CAQ au pouvoir. L’ancien policier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) est à risque de ne pas faire mieux qu’une troisième place: les projections de QC125 donnaient le péquiste Stephan Fogaing vainqueur par une marge d’une quinzaine de points sur le caquiste et la candidate libérale Affine Lwalalika dans les jours précédant les élections.
Le pronostic n’est pas favorable non plus à M. Roberge à Chambly, où l’ancien ministre de l’Éducation joue son siège contre la péquiste Julie Guyot, projetée comme probable gagnante par QC125 (37% contre 29%).
Autre ministre caquiste de longue date, M. Jolin-Barrette (33%) tirait de l’arrière dans Borduas (Beloeil, Mont-Saint-Hilaire) à la fin de la semaine dans ces projections, derrière le péquiste Cedric Gagnon-Ducharme (37%).
On observait le même genre d’écart favorable au péquiste Jean-François Cloutier (33%) devant Mme Roy (27%) dans Montarville (Boucherville, Saint-Bruno-de-Montarville), dans les projections de la toute fin septembre.
Incertitude à Huntingdon; l’ouest montérégien dans la mire libérale
Ce serait donc toute une frappe péquiste dans l’est de la Montérégie, mais le scénario qui se profile à l’ouest est différent.
Le PLQ avait conservé seulement deux circonscriptions dans ce secteur lors du scrutin de 2022: La Pinière et Vaudreuil. Les projections de fin de campagne donnaient l’avantage au parti de Charles Milliard dans ces circonscriptions, mais aussi dans d’autres comtés de la région.
La Pinière, siège de la libérale Linda Caron, et Vaudreuil, représentée à l’Assemblée nationale par Marie-Claude Nichols, sont toutes deux classées comme des circonscriptions pratiquement dans la poche pour le PLQ. James Hughes porte cette fois les couleurs libérales dans Vaudreuil.
Le rouge pourrait aussi gagner Châteauguay et Soulanges. Dans Soulanges, la députée caquiste sortante Marilyne Picard affronte notamment le libéral Olivier Bertin-Mahieux et le péquiste Francis Deroo.
Plus au sud, Huntingdon présente un portrait encore plus incertain: la circonscription fait office de pivot où le PLQ ou le PQ pourraient s’imposer. Le libéral Connor Stacey et le péquiste Frédéric Laplante tentent notamment d’y succéder à la députée caquiste Carole Mallette; Stéphane Bisaillon défend les couleurs de la CAQ.
Outaouais
Luttes à surveiller: Chapleau, Gatineau, Hull, Papineau
Le PQ n’a rien gagné en Outaouais depuis l’époque de René Lévesque. Rien n’est impossible le soir du 5 octobre, mais il faut peut-être s’attendre à un retour à la normale: une razzia libérale des cinq sièges de la région, après huit ans d’un certain contrôle caquiste.
L’Outaouais a longtemps été une terre presque entièrement libérale. En 2014, le PLQ avait raflé les cinq circonscriptions de la région avec environ 60% du vote régional. Quatre ans plus tard, la vague caquiste avait changé la donne: la CAQ avait remporté Chapleau, Gatineau et Papineau, tandis que les libéraux avaient conservé Hull et Pontiac. Même Hull a viré bleu CAQ le 3 octobre 2022.

Après huit ans de gouvernement caquiste, aucun des sièges du parti de Christine Fréchette n’est à l’abri.
Hull: un accident de parcours?
Hull avait basculé dans le giron de la CAQ en 2022 après des décennies de domination libérale. Les projections suggèrent toutefois que cette parenthèse pourrait être courte.
La députée sortante Suzanne Tremblay est reléguée dans le peloton des candidats qui ne sont tout simplement pas Sacha Cannon, candidat libéral. Une victoire par une marge de plus de 20 points de pourcentage est dans le domaine du possible pour celui qui est membre du PLQ depuis l’âge de 16 ans, selon les projections de QC125.
Une logique similaire pourrait s’appliquer dans Gatineau, détenue par la CAQ depuis 2018. David Logue tente d’y reprendre le siège pour le PLQ face au caquiste William Robertson, au péquiste Raphaël Déry, au conservateur Bertin Aboussou et à la solidaire Emmanuelle Tremblay.
Dans Chapleau, la bataille paraît plus serrée. Le député caquiste Mathieu Lévesque tente de conserver son siège face au libéral Michel Langevin et à la péquiste Meixia Maltais.
Papineau, là où le PQ pourrait causer la surprise
La circonscription la plus intéressante de toute la région est possiblement Papineau, vaste secteur rural à l’est de Gatineau.
Selon les projections, la caquiste Linda Gauthier (21%) pourrait sauver le siège laissé par le ministre sortant de la Culture, Mathieu Lacombe, un autre des ministres de l’ère Legault qui quitte la vie politique.

Cela représenterait toutefois une surprise, en tenant compte du passé libéral en Outaouais et du fait que la candidate Isabelle Sabourin demeure la favorite selon les projections de QC125 (25%).
Mais une plus grande surprise encore surviendrait si la candidate Isabelle Millette (23%) offrait au PQ sa première victoire en Outaouais depuis les élections du 15 novembre 1976. Ce scrutin a marqué l’arrivée du parti indépendantiste au pouvoir, quelques années avant le premier référendum sur la souveraineté.
Le parti désormais mené par Paul St-Pierre Plamondon promet d’interroger les Québécois sur leur indépendance dès un premier mandat, mais après le départ de Donald Trump de la présidence aux États-Unis.
Ailleurs en Outaouais, il n’y a pas de suspense: le député libéral sortant André Fortin, élu depuis 2014, devrait conserver son siège avec un certain confort, voire une majorité, selon les projections de QC125. À Gatineau, la victoire libérale semble aussi à la portée du libéral David Logue.
Centre-du-Québec
Luttes à surveiller: Arthabaska–L’Érable, Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie, Nicolet–Bécancour, Drummond–Bois-Francs
Il y a quatre circonscriptions au Centre-du-Québec. Toutes les quatre devraient faire l’objet d’une course serrée le 5 octobre entre le PQ et le PCQ.
Les projections de QC125 laissent entrevoir une lutte de tous les instants au Centre-du-Québec entre le PQ, en tête dans la plupart des sondages depuis le début de la campagne électorale, et le PCQ, en passe de faire élire ses premiers députés après le dépouillement des votes, selon les prévisions statistiques.
En cherchant à entrer à l’Assemblée nationale, Éric Duhaime a essuyé un autre revers à l’été 2025 quand il a perdu l’élection partielle d’Arthabaska aux mains de l’ancien journaliste devenu candidat péquiste, Alex Boissonneault.

Le chef conservateur pourrait voir son candidat Tarek Henoud réussir là où il a échoué. La probabilité de sa victoire est pratiquement égale à celle de M. Boissonneault, d’après les modèles issus de l’agrégation des résultats de sondages électoraux.
M. Duhaime était d’ailleurs dans la région exactement une semaine avant l’élection pour y présenter son plan en infrastructures pour le Québec.
M. Boissonneault pourrait avoir profité de sa popularité à Victoriaville en août 2025, mais des informations recueillies par des collaborateurs de Noovo Info sur le terrain tendent à montrer que M. Henoud pourrait avoir le vent dans les voiles dans les autres municipalités du comté.
On se rappellera toutefois qu’Éric Duhaime avait fait les manchettes avant le scrutin partiel dans Arthabaska, car il avait utilisé des déclarations «hors contexte» d’Alain Rayes dans des dépliants distribués dans la région.
L’ancien député fédéral conservateur et maire de Victoriaville avait alors fait une mise au point disant qu’il n’appuyait aucun candidat. M. Rayes est aujourd’hui collaborateur politique pour Noovo Info.
Autrement, les luttes dans Nicolet–Bécancour, ainsi que dans les circonscriptions qui se partagent Drummondville, soit Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie et Drummond–Bois-Francs, s’annoncent tout aussi chaudement disputées.
Il faut noter que c’est la première fois depuis sa création, lors de la réforme en 2011 de la carte électorale, que la circonscription de Nicolet-Bécancour pourrait avoir un autre député que le caquiste Donald Martel, ce qui ajoute à toute l’incertitude qui entoure la bataille annoncée entre le conservateur Guillaume Langlois et le péquiste Jérôme Gagnon.
M. Martel n’a que très peu de chances de s’imposer dans son comté, selon les projections de QC125.
Chaudière-Appalaches
Luttes à surveiller: Côte-du-Sud, Lévis
Un balayage conservateur dans Chaudière-Appalaches? Les projections de QC125 montrent que c’est possible, en sachant que le candidat-vedette caquiste Bernard Drainville pourrait encaisser une défaite.
Hormis le Centre-du-Québec, Chaudière-Appalaches est l’autre région où le PCQ pourrait faire d’importants gains. Sans faire élire de député, le parti d’Éric Duhaime y avait récolté plus de 30% des voix lors du scrutin de 2022, de loin son meilleur résultat régional des élections.
Le PCQ serait en voie de convertir cette lancée en sièges à l’Assemblée nationale, selon les projections de QC125, qui établissent de solides probabilités de victoires conservatrices dans Beauce-Nord, Beauce-Sud, Bellechasse, Chutes-de-la-Chaudière et Lotbinière-Frontenac.
Comment Drainville peut-il traverser la soirée?
M. Duhaime pourrait même célébrer un balayage si son parti gagne Lévis et Côte-du-Sud, mais cela vient avec le défi de montrer la porte à Bernard Drainville, notamment.
Ce scénario est plausible, selon les divers sondages électoraux conduits depuis le début de la campagne électorale, même si le ministre sortant de l’Économie avait réussi son arrivée chez la CAQ avec une victoire par une marge de près de 28 points en 2022.

Cette fois, l’ancien péquiste pourrait encaisser un deuxième revers politique de suite, après que la CAQ lui a préféré Christine Fréchette dans la course à la succession du chef François Legault. Les projections de QC125 placent Karine Laflamme comme favorite pour damer le pion à l’ex-chroniqueur du 98,5 FM.
Quel effet la position de M. Drainville et de la CAQ sur le troisième lien aura-t-elle sur le scrutin dans cette région où la traversée du fleuve fait l’objet de nombreux débats depuis des années – comme lors de ce débat local qui a eu lieu pendant la campagne?
Dans Côte-du-Sud, circonscription qui se trouve à cheval entre un Bas-du-Fleuve historiquement péquiste et un secteur plus conservateur, les citoyens ont devant eux une lutte dont le résultat est difficile à prédire entre le conservateur Frédéric Poulin et la péquiste Valérie Hamel.
Une chose est sûre toutefois dans ce comté qui s’étend sur presque 200 km entre Beaumont et la rivière du Loup, si on se fie aux projections de QC125: il faudrait une grande performance le 5 octobre pour que le député caquiste sortant Mathieu Rivest reproduise son exploit des élections de 2022, quand il avait recueilli près de 48% des voix dans Côte-du-Sud.
Mauricie
Luttes à surveiller: Champlain, Laviolette–Saint-Maurice, Trois-Rivières
Les élections du 5 octobre pourraient marquer la fin d’un court séjour de Christine Fréchette comme première ministre à l’Assemblée nationale.
Un court règne pour Christine Fréchette?
«Avançons», dit le slogan de la CAQ. Christine Fréchette a tenté de symboliser un vent de changement après huit ans d’un gouvernement de François Legault, après avoir été élue cheffe du parti pour lui succéder.
Le parti a été officiellement renommé Équipe Christine Fréchette – Coalition avenir Québec. L’ex-ministre de l’Économie a été légèrement préférée à Paul St-Pierre Plamondon comme candidate préférée des répondants pour diriger la province dans un sondage Noovo-Crave-Nanos – une faveur aussi ressentie quant à ses capacités de naviguer les eaux troubles de la guerre commerciale entre le Canada et l’administration américaine du président Donald Trump.

Qu’à cela ne tienne, les projections de QC125 montrent que son adversaire péquiste dans la circonscription de Trois-Rivières, Jean Pellerin, serait favori pour l’emporter et ainsi succéder au ministre sortant du Travail, Jean Boulet, l’une des figures de proue du gouvernement de l’ère Legault à avoir annoncé son départ de la vie politique.
C’est dire qu’une défaite de la CAQ aux élections provinciales pourrait s’accompagner d’une défaite individuelle de sa cheffe dans sa propre circonscription, d’où elle est d’ailleurs originaire.
Fait à noter: en 17 scrutins depuis 1962, soit l’époque du premier ministre Jean Lesage, les députés élus dans Trois-Rivières étaient de la même allégeance que le parti porté au pouvoir à 14 reprises. Les trois exceptions: la victoire d’Yves Gabias pour l’Union nationale en 1962 (gouvernement libéral); celle de la libérale Danielle St-Amand en 2012 (gouvernement péquiste)...
Mais aussi la victoire en 2007 de Sébastien Proulx, le candidat de l’Action démocratique du Québec (ADQ), parti précurseur de la CAQ.
Le PQ est en tête dans la plupart des sondages depuis le début de la campagne. Si son candidat Jean Pellerin dame le pion à la première ministre le 5 octobre, Trois-Rivières conserverait son statut de circonscription «baromètre» – un concept qui est toutefois remis en question par des experts en science politique.
Ailleurs en Mauricie, dans Champlain, le PQ et le PCQ se retrouvent pratiquement nez à nez dans plusieurs modèles statistiques de projection électorale. Ce secteur plus près de la région de Québec est aussi exposé à un environnement médiatique et politique où le PCQ obtient de meilleurs résultats qu’ailleurs dans la province.
Laviolette–Saint-Maurice demeure également à surveiller en raison de son caractère rural. QC125 donnait le PQ devant, mais la présence conservatrice rend le résultat moins facile à tenir pour acquis.
La circonscription de Maskinongé paraît plus favorable au PQ et à sa candidate Isabelle Blais, avec une récolte projetée de 35% des voix en date du 30 septembre à partir de l’agrégation de sondages électoraux.
Québec
Luttes à surveiller: Charlesbourg, Charlevoix–Côte-de-Beaupré, Jean-Lesage, Louis-Hébert, Montmorency
La carte des circonscriptions de la région de la Capitale-Nationale pourrait bien être bariolée après les élections du 5 octobre.
À Québec, QS espère préserver ses sièges; le PQ espère percer; et le PCQ pourrait décrocher d’importants gains, ses premiers sous Éric Duhaime.
Tous ces espoirs sont permis, si l’on se fie aux projections de QC125.
Dans Jean-Lesage, Sol Zanetti, élu co-porte-parole solidaire après le départ de la vie politique de Gabriel Nadeau-Dubois, s’est dit sûr de pouvoir se démarquer de ses adversaires pour défendre les enjeux des habitants de Limoilou en début de campagne.

Il a toutefois un adversaire de taille: le péquiste Claude Villeneuve, bien connu à Québec puisqu’il a été élu sur la scène municipale. Élu en 2022, M. Zanetti, ex-chef du défunt parti nationaliste Option nationale, était favori pour l’emporter dans sa circonscription en date du 30 septembre, selon les projections de QC125.
Dans Taschereau, circonscription du collègue solidaire de M. Zanetti, Étienne Grandmont, le député sortant pourrait être chauffé par le péquiste Christian Savard, mais les projections de QC125 entrevoyaient quand même une victoire de QS dans ce comté quelques jours avant les élections.
Voilà pour la couleur orange. Pour le reste de la grande région de Québec, le bleu qui coloriait la carte électorale après le 3 octobre 2022 a partiellement changé de teinte depuis. Et une autre teinte de bleu pourrait effacer le bleu de la CAQ: celui du PCQ.
Le parti d’Éric Duhaime est en passe de décrocher les sièges de Chauveau, de La Peltrie, de Portneuf et de Vanier–Les Rivières en périphérie de Québec. Mais ailleurs dans la région, des luttes potentiellement féroces semblent à prévoir contre le PQ.
Pas le paradis pour le PQ
Pascal Paradis a été assermenté à l’Assemblée nationale sous la bannière péquiste après sa victoire imposante dans Jean-Talon lors de l’élection partielle du 2 octobre 2023 – la première d’une série de quatre pour le PQ, symbole de l’accession du parti de «PSPP» au statut de favori pour remporter les élections de 2026.

M. Paradis semble demeurer dans les bonnes grâces des électeurs dans sa circonscription, mais le chemin vers la victoire semble plus ardu pour le PQ dans Charlesbourg, Charlevoix–Côte-de-Beaupré, Louis-Hébert et Montmorency en raison de la présence conservatrice.
De surcroît, dans Charlevoix–Côte-de-Beaupré, le chef Paul St-Pierre Plamondon a dû défendre plus d’une fois son candidat François Gariépy.
Cet ancien journaliste radio a lui-même dû se justifier quelques fois au sujet de propos controversés tenus sur les ondes de Radio X perçus comme dégradants à l’égard d’Anne-Marie Withenshaw, des femmes autochtones et des artistes «pleurnichards», notamment.
En date du 30 septembre, «Monsieur Radio X» demeurait toutefois le vainqueur le plus probable dans Charlevoix, selon les projections de QC125 et au détriment de la députée sortante caquiste Kariane Bourassa, ex-journaliste.
Et comme quoi la controverse ne mène pas nécessairement à une défaite politique: Marie-Josée Hélie, candidate conservatrice, pourrait l’emporter dans Montmorency en ravissant le siège au député sortant caquiste Jean-François Simard et à sa plus proche poursuivante dans les projections électorales de QC125, la péquiste Nathalie Gagnon.
Mme Hélie avait remis en question la vaccination pendant la pandémie et affirmé que «faire vacciner toute la population de force est génocidaire», ont rapporté les médias de Cogeco et de Québecor en début de campagne électorale, et elle a refusé de participer à des débats locaux.
Dans Charlesbourg, du sang neuf pourrait prévaloir: la conservatrice Éloïse Coulombe, 23 ans, a des chances sérieuses de l’emporter, mais son adversaire homonyme du PQ, Gabriel Coulombe, venait deuxième dans les projections de QC125 en vue du dépouillement des votes, en date du 30 septembre.

Enfin, dans Louis-Hébert, qui comprend Saint-Augustin-de-Desmaures à l’entrée ouest de Québec, il était difficile de prévoir, dans les derniers jours avant l’élection, qui de la péquiste Chloé Fauchon ou du conservateur Marcos Archambault était le mieux placé pour obtenir ce siège laissé derrière par l’une des élues les plus importantes du gouvernement caquiste depuis 2018, l’ex-vice-première ministre Geneviève Guilbault.
Mme Guilbault a quitté la vie politique en janvier 2026 en assurant que son départ n’avait rien à voir avec le départ annoncé de François Legault ni des mauvais résultats de son parti dans les sondages à l’époque. «C’est une décision personnelle, familiale, qui est la nôtre», avait affirmé celle qui était alors ministre des Affaires municipales au sujet d’une décision mûrie depuis l’automne précédent.
Bas-Saint-Laurent et Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine
Les projections de QC125 ne laissent présager rien d’autre qu’un balayage péquiste après la fermeture des bureaux de vote.

Élu depuis 2007, Pascal Bérubé semble indélogeable dans Matane–Matapédia–Mitis; même chose pour Joël Arseneau, élu aux Îles-de-la-Madeleine depuis 2018. MM. Bérubé et Arseneau étaient un temps deux des trois seuls députés péquistes à l’Assemblée nationale, avec leur chef Paul St-Pierre Plamondon, avant la poussée du parti à coups de gains lors d’élections partielles.
Côte-Nord
La circonscription de Duplessis a appartenu au PQ (presque entièrement) de 1976 à 2022. Duplessis est passée à la CAQ lors de la vague majoritaire post-pandémique du parti alors dirigé par le premier ministre François Legault, mais la ministre sortante des Ressources naturelles et des Forêts, Kateri Champagne Jourdain, est donnée deuxième derrière la péquiste Meggie Richard dans les projections de QC125.
Le siège René-Lévesque, circonscription péquiste de 2003 à 2022, devrait de nouveau être occupé par le PQ en 2026: Odette Lavigne a une longueur d’avance sur le caquiste Yves Montigny, d’après la modélisation de projection électorale.
Saguenay-Lac-Saint-Jean
Potentiel balayage péquiste à prévoir au Saguenay–Lac-Saint-Jean dans un effondrement apparent de la CAQ, au vu de l’agrégation des résultats de sondages électoraux.
En tournée électorale, l’analyste politique de Noovo Info Alain Rayes a toutefois constaté une tendance à l’ouverture envers les conservateurs dans Chicoutimi.
Dans cette circonscription, la candidate du PCQ, Gabriella-Myriam Mathieu, venait au deuxième rang derrière la députée sortante péquiste Marie-Karlynn Laflamme dans les projections électorales de QC125.
Abitibi-Témiscamingue
Les libéraux espéraient peut-être une victoire de leur transfuge Pierre Dufour, mais il faudrait une bonne prime à l’urne pour permettre à l’ancien caquiste de battre le péquiste Stéphane Tremblay dans le coin de Val-d’Or.
Parlant de notoriété, la candidate péquiste dans Rouyn-Noranda–Témiscamingue, Diane Dallaire, semble en profiter: première femme élue mairesse de Rouyn-Noranda en 2017, elle jouirait d’une bonne popularité dans la région et les projections de QC125 la placent en bonne position pour obtenir le siège.
Nord-du-Québec
Dans Ungava, la seule circonscription du Nord-du-Québec, la marge d’erreur affichée dans les projections électorales de QC125 est de 10 points de pourcentage en raison du manque de données disponibles. Il est aussi difficile pour les politiciens d’y faire campagne de façon assidue en raison de l’éloignement. La superficie de la circonscription est de 855 000 kilomètres carrés.
Dans des témoignages recueillis par La Presse canadienne pendant la campagne électorale, plusieurs habitants du Nunavik ont dit ne pas savoir que le Québec était en campagne électorale, car, de manière générale, ils ne s’intéressent pas à la politique provinciale. Certains habitants des communautés du Grand Nord font preuve de cynisme, selon le dernier reportage de Katrine Desautels.
Aux dernières élections générales du Québec, en 2022, le taux de participation dans la circonscription de l’Ungava était de 30,21 %, loin de la moyenne provinciale de 66,15 %.
