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Faux départ au PQ: PSPP continue de défendre François Gariépy

M. St-Pierre Plamondon refuse de reconnaître une erreur de sa part.

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Parti Québécois Leader Paul St-Pierre Plamondon speaks during a press conference at their party convention in Saint-Hyacinthe, Que., on Friday, Jan. 23, 2026. THE CANADIAN PRESS/Christinne Muschi Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, prend la parole lors d’une conférence de presse tenue dans le cadre du congrès de son parti à Saint-Hyacinthe, au Québec, le vendredi 23 janvier 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Christinne Muschi)

Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a lancé sa campagne jeudi en défendant bec et ongles son choix de candidatures à Québec.

L’arrivée d’un ex-journaliste de Radio X, François Gariépy, dans Charlevoix-Côte-de-Beaupré, et du Montréalais Vincent Marissal dans Tascherau ont mal passé chez les militants péquistes.

M. Marissal, un ex-député solidaire, a finalement été écarté de Taschereau mercredi pour un présumé manque d’éthique lié à l’utilisation de son logement de fonction.

La commissaire à l’éthique et à la déontologie, Ariane Mignolet, a confirmé par communiqué jeudi matin qu’elle déclenchait une enquête.

M. Marissal sera remplacé par Christian Savard, de l’organisme Vivre en ville, a annoncé le parti.

Pour sa part, M. Gariépy a continué de défrayer les manchettes jeudi, en raison de son utilisation du mot «squaw» dans un balado en 2022 pour parler des femmes autochtones.

Dans les deux cas, M. St-Pierre Plamondon ne s’attribue pas de faute. A-t-il commis des erreurs de jugement? «Non», a-t-il répondu en point de presse.

«Je vais toujours laisser la porte ouverte pour être le plus accueillant, tolérant et flexible possible», a-t-il insisté, citant Jacques Parizeau.

Il était entouré pour le coup d’envoi de sa campagne dans Camille-Laurin d’environ 85 de ses candidats venus de partout à travers le Québec.

Le chef péquiste a profité de son discours pour attaquer la Coalition avenir Québec (CAQ), et seulement elle. Il n’a mentionné aucun autre parti.

«Le tandem Legault-Fréchette nous aura malheureusement conduit au bord du précipice. Et aujourd’hui, Christine Fréchette nous dit avançons», a-t-il raillé. 

«Le PQ, lui, vous dit changeons de direction. (...) On est dans la position de livrer la marchandise pour une nation endommagée.»

Pour ce faire, il dit qu’il s’appuiera sur une nouvelle équipe fraîche et «solide», qu’il a comparée à celle de René Lévesque à son arrivée au pouvoir en 1976.

Fait à noter: seuls trois des 127 candidats péquistes (Nicolas Marceau, Pascal Bérubé et Alain Therrien) ont déjà siégé dans un gouvernement. 

Nicolas Girard, dont la candidature dans Repentigny a été officialisée jeudi après-midi, est un ancien député du PQ qui n’a cependant jamais fait partie d’un gouvernement.  

Une grogne qui s’amplifie

Quoi qu’il en soit, les critiques sur M. Gariépy n’ont cessé de fuser, considérant aussi ses autres propos disgracieux qui ont refait surface dans les derniers jours.

Pour le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec-Labrador (APNQL), Francis Verreault-Paul, l’utilisation du mot «squaw» est «incompatible» avec une «relation de confiance».

«Nous avons la responsabilité d’incarner, par nos gestes comme par nos paroles, les valeurs et le respect», a-t-il écrit à La Presse Canadienne. 

«Bien que les propos en question remontent à 2022, ils demeurent préoccupants et incompatibles avec la relation de confiance que le PQ affirme vouloir établir.»

L’APNQL réclame que MM. St-Pierre Plamondon et Gariépy «clarifient leur position face à ces propos irrespectueux et déplacés envers les femmes des Premières Nations».

M. Gariépy a déclaré à La Presse et au Devoir jeudi «regretter» ses propos, tandis que PSPP a affirmé en point de presse que «des mots comme ceux-là, ils ne seront jamais tolérés au PQ».

Or, il n’est pas question d’exclure son candidat dans Charlevoix, puisque «que ce serait une erreur de commencer à annuler et bannir tout le monde», selon lui. 

Une réaction «scandaleuse», s’est indigné le Regroupement des groupes de femmes de la Capitale-Nationale dans les pages du Devoir.

Selon sa coordonnatrice, Anne-Valérie Lemieux-Breton, les propos du candidat Gariépy sont «racistes» et «misogynes». 

À Québec, le ministre sortant des Relations avec les Premières Nations et les Inuit, Ian Lafrenière, s’est également dit «grandement choqué». 

«Je comprends ses excuses, je comprends qu’il va nous dire aussi qu’à l’époque, son but c’était de choquer, de provoquer, mais ce n’est pas sans conséquences tout ça», a-t-il souligné.

De son côté, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, a invité son vis-à-vis péquiste à faire «un certain examen de conscience».

«Défendre de tels propos, c’est certainement indigne de quelqu’un qui souhaite accéder à la fonction de premier ministre du Québec», a-t-il martelé.

Double question de l’urne

Par ailleurs, devant les agissements du président américain Donald Trump, M. St-Pierre Plamondon évoque maintenant une double question de l’urne.

Alors qu’il invitait récemment les électeurs à se demander s’ils voulaient vraiment 12 ans de caquisme, le chef péquiste a proposé jeudi une deuxième question.

«Qui a l’équipe économique la plus solide?» 

Après avoir passé la première journée de campagne à Montréal, la caravane du PQ se dirigera vendredi vers Drummondville, Victoriaville et Québec.

Caroline Plante

Caroline Plante

Journaliste