C’est (presque) le temps des vacances! Plusieurs familles québécoises ont choisi de rester en province pour profiter de voyages de quelques jours, peut-être le temps d’un week-end ou de longues vacances. Mais la hausse du coût de la vie – et particulièrement des prix de l’essence – force les ménages à faire preuve d’ingéniosité pour planifier des escapades estivales qui ne feront pas trop mal au portefeuille.
«Je suis vraiment de celles qui croient que tout le monde peut y arriver. Il faut s’ajuster selon les membres de la famille, selon l’argent accumulé au fil de l’année pour les vacances, mais il y a de tout pour tous les budgets», a souligné à Noovo Info Marie-Ève Lévesque, créatrice de contenu, rédactrice et autrice du blogue Marie-Ève et famille.

Voici un aperçu de ce que pourraient coûter vos vacances estivales en 2026 et quelques trucs pour économiser.
Avant même de quitter la maison, il faut prévoir le moyen de transport à privilégier pour les déplacements et en évaluer le coût potentiel.
L’option de la voiture
«À moins d’avoir un véhicule électrique, qui va nous faire économiser beaucoup sur le prix de l’essence, on n’a pas vraiment le choix de planifier un budget d’essence si c’est l’option choisie», a partagé Marie-Ève Lévesque.
Il faut donc garder en tête que le prix de l’essence est plutôt élevé et qu’il varie d’une région à l’autre.
Par exemple, au moment d’écrire ces lignes, un voyage en voiture entre Montréal et Québec — pour une consommation moyenne de 9 litres aux 100 km et un litre d’essence à 1,86 $ — pourrait coûter une quarantaine de dollars.
Sous les mêmes paramètres, la route entre Sherbrooke et Saguenay pourrait coûter environ 73$, alors que le coût du trajet en auto entre Trois-Rivières et Gaspé s’élèverait à environ 135$.
Notons par ailleurs que dans des contextes où les coûts de transport augmentent (comme c’est le cas pour l’essence ou le prix des billets d’avion), l’industrie touristique observe un intérêt accru pour les destinations de proximité.
«C’est une tendance favorable pour les régions du Québec. La hausse du prix de l’essence, notamment, peut influencer le budget des vacances, mais elle peut aussi être une occasion de repenser sa façon de voyager de manière plus locale», souligne à Noovo Info Geneviève Cantin, présidente-directrice générale de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec.
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Une affirmation avec laquelle est d’accord Marie-Ève Lévesque.
«Pour économiser de l’essence, ce qu’on peut faire, c’est de faire du “slow travel”, c’est-à-dire qu’au lieu d’essayer de visiter le plus de villes et d’endroits possibles, de sélectionner un endroit ou une région qu’on va privilégier. Par exemple, au lieu de faire le tour complet de la Gaspésie, peut-être sélectionné l’une des deux côtes», suggère la pro des voyages.
Le transport en commun et l’avion
Si votre budget est plus flexible, il existe d’autres options de déplacement comme l’autobus, le train et l’avion.
Autobus : Un voyage aller-retour entre Montréal et Québec avec un départ un vendredi de juillet pour deux adultes, un adolescent et un enfant s’élève à un peu plus de 400$ sur le site d’Orléans Express. Pour la même famille et aux mêmes dates, le coût pour un voyage entre Trois-Rivières et Saguenay (Chicoutimi) s’élève à un peu plus de 700$.

L’option du transport en commun demeure donc plus élevée en termes de coûts que le transport par voiture, ce que déplore un brin Marie-Ève Lévesque.
«Malheureusement, je trouve qu’en Amérique du Nord on est un peu en retard par rapport au transport en commun et c’est dommage parce qu’un pour un pays où on se dit vert, il y a peu d’options vertes pour les familles et on n’a pas nécessairement des prix abordables pour les enfants», souligne-t-elle.
Train : Si cette même famille choisit de voyager avec VIA Rail aux mêmes dates, un trajet aller-retour entre Montréal et Québec coûterait environ 350$ en choisissant les options les moins dispendieuses. Pour le trajet entre Drummondville et Rimouski, le tarif grimpe à plus de 700$.
Avion : Selon votre destination, le transport aérien est une autre option à regarder. Jusqu’au 31 mars 2027, il est possible de profiter du Programme d’accès aérien aux régions (PAAR). Ce programme permet de voyager au Québec en profitant d’un rabais de 50 % à 85 % sur le prix des billets d’avion.
Parmi les déplacements admissibles, on retrouve Montréal/Îles-de-la-Madeleine, Montréal/Val-d’Or, Québec/Gaspé, Québec/Sept-Îles et Mont-Joli/Fermont.
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Économiser sur la route
Avoir une bonne organisation lorsqu’on part en escapade avec la petite famille peut s’avérer payant.
Marie-Ève Lévesque suggère de petits trucs simples comme prévoir des lunchs au lieu de toujours arrêter au restaurant, d’avoir des collations en main dans l’auto et de doter toute la petite famille d’une bouteille d’eau réutilisable et la remplir dans les haltes routières ou les parcs sur notre chemin.
«Économiser sur la nourriture, je crois que c’est quelque chose de réaliste malgré l’inflation à l’épicerie. Souvent, on va pouvoir acheter nos collations et lunchs à plus bas prix que dans les stations-service que l’on rencontre sur la route», mentionne-t-elle.
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La blogueuse voyage croit aussi qu’il peut être payant de profiter des petits arrêts possibles en route vers notre destination finale.
«Profitez de l’agrotourisme. Ça peut être un bel arrêt et ça fait une pierre deux coups : on fait un petit arrêt, on dégourdit les enfants et on revient avec une petite cueillette de fruits ou de légumes, donc un petit “snack”», énumère-t-elle.
Où dormir?
Qui dit escapade de quelques jours dit normalement hébergement. Au Québec, il existe différents types d’endroits où loger, comme les campings, les auberges, les hôtels et les locations de type Airbnb.
Campings et chalets
Un séjour dans le réseau de la Sépaq (parcs nationaux, réserves fauniques, centres touristiques) est une option pour les vacances estivales. Il est possible d’y louer un chalet, un refuge, un prêt-à-camper ou un emplacement de camping pour quelques jours ou quelques semaines.
Camping : Un emplacement en juillet pour quatre personnes (deux adultes, deux enfants) coûtera environ 60$ la nuit si vous détenez la carte annuelle Parcs nationaux du Québec de la Sépaq, ou un peu plus de 75$ la nuit si vous devez vous la procurer.
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Chalet rustique : Le prix pour quatre personnes varie d’un endroit à l’autre, mais se situe généralement entre 96$ et 165$ la nuit.
Le Québec regorge aussi de terrains de camping privés où vous pouvez dresser votre tente, louer un prêt-à-camper ou installer votre roulotte.
Selon Camping Québec, le tarif moyen pour la location d’un emplacement de camping est en moyenne entre 40$ à 60$ par nuitée.
Le tarif moyen pour la location d’un prêt-à-camper varie de 130 $ à 186 $ par nuitée et celui pour la location d’un emplacement saisonnier est d’environ 2438 $ pour la saison.

Le taux d’occupation provincial des campings du Québec - incluant les sites voyageurs, sites saisonniers et prêts-à-camper - était de 78,1% en juin 2025, selon des données présentées par Camping Québec.
Selon les données de la plus récente étude de Camping Québec réalisée avec Raymond Chabot Grant Thornton, qui sera publiée prochainement, le camping continue de gagner en popularité au Québec.
«En 2021, près de 1,77 million de Québécois avaient pratiqué le camping, comparativement à plus de 2,27 millions en 2025, ce qui représente une hausse de quelque 500 000 campeurs en quatre ans. La proportion de Québécois pratiquant le camping serait ainsi passée de 21 % à plus de 25 % de la population», précise Camping Québec.
Selon l’organisation, plusieurs facteurs expliquent cet engouement soutenu, dont la recherche de proximité, de nature, de tranquillité d’esprit et de vacances plus abordables. «Les campeurs mentionnent rechercher avant tout la beauté des sites, le calme, le temps en famille et le contact avec la nature.»
Camping Québec estime d’ailleurs que la force de ses membres réside dans la flexibilité. «Le type d’hébergement, le niveau de confort, les services, les activités et l’expérience peuvent être choisis selon le budget, les besoins et les envies de chaque famille».
Auberges et hôtels indépendants
Lorsque vous voyagez dans les régions du Québec, vous pouvez opter pour une auberge ou un hôtel local membre d’Ôrigine artisans hôteliers. Cette coopérative hôtelière, la plus grande de la province, regroupe 35 hôtels et auberges dans 15 régions.
«Notre offre est très diversifiée, avec des expériences autant romantiques qu’urbaines, sur le bord d’un lac, en nature et même au cœur du Vieux-Montréal et du Vieux-Québec», indique Isabelle Gagnon, de la direction générale d’Ôrigine artisans hôteliers.
Pour l’été 2025, les hôteliers membres de la coopérative ont enregistré un taux d’occupation moyen d’environ 78% en juillet et de plus de 84% en août. Selon Mme Gagnon, plusieurs hôteliers ont même dépassé les 95% d’occupation durant certaines périodes de la haute saison estivale.
«Les destinations les plus populaires demeurent notamment les séjours en nature, au bord de l’eau ainsi que des régions très prisées comme Charlevoix et la Gaspésie», ajoute-t-elle, précisant que les réservations pour l’été 2026 sont déjà bien entamées.
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«Même si la tendance à réserver à la dernière minute demeure très présente, nous observons actuellement une croissance des réservations pour plusieurs destinations estivales populaires, particulièrement les séjours en nature et au bord de l’eau», dit-elle.
Mme Gagnon ajoute que le mois de juillet demeure souvent un peu plus accessible avant les vacances de la construction, alors qu’août reste généralement plus achalandé, surtout durant les trois premières semaines.
L’été dernier, le tarif quotidien moyen pour l’hébergement se situait autour de 235$ en juillet et de 242$ en août chez les membres de la coopérative.
«Évidemment, les prix varient selon la région, le type d’expérience, le niveau de service et la période de réservation. Plusieurs hôteliers proposent toutefois des offres avantageuses, notamment pour les longs séjours, les réservations hâtives ou les forfaits incluant les repas et les activités», résume Isabelle Gagnon.
Une autre option, «sous-estimée par les familles», selon Marie-Ève Lévesque: les auberges jeunesse.
«Il y a beaucoup d’auberges de jeunesse au Québec où tu peux résider en famille, je pense notamment aux auberges Saintlo, qui longent le fleuve Saint-Laurent de la Gaspésie à Ottawa», rappelle-t-elle, soulignant que plusieurs personnes pourraient apprécier l’esprit de communauté des auberges jeunesses et des auberges et des “Bed & Breakfast“ de façon générale.
Si vous faites le choix de séjourner dans l’un des grands hôtels du Québec, Marie-Ève Lévesque suggère aussi, toujours dans le but d’économiser, d’opter pour des établissements qui offrent les petits-déjeuners.
Pour les amateurs de véhicules récréatifs ou de roulotte, la blogueuse voyage propose l’utilisation d’application comme Terego et park4night qui permettent de dormir gratuitement - avec un forfait annuel - à certains endroits au Québec et ailleurs au Canada.
«Ça nous permet de réserver des nuitées sur les terrains par exemple de microbrasseries, de vignobles, de fermes ou de terres agricoles. En échange, on peut aller encourager le producteur local», explique-t-elle.
Une option intéressante lorsqu’on fait beaucoup de route, c’est qu’on peut jumeler à une ou plusieurs nuits en camping, suggère Mme Lévesque.
Économiser sur les attraits et activités
Les régions du Québec regorgent d’activités, dont plusieurs sont gratuites ou à petits prix, il suffit de savoir où chercher, selon Marie-Ève Lévesque.
Elle recommande d’ailleurs aux voyageurs de visiter les pages des associations touristiques régionales, des régions et des villes qu’ils souhaitent visiter et aussi de s’arrêter dans les kiosques d’informations touristiques lorsqu’ils sont sur la route.
«Consultez les sites Web, les pages Facebook! Les régions ont souvent des calendriers avec des festivals gratuits et diverses activités à faible coût ou gratuites, rappelle-t-elle. Il y a toutes sortes d’activités pour les enfants et c’est agréable pour les parents.»
L’idée de visiter de grands attraits peut aussi être tentante. Encore une fois, Mme Lévesque suggère de faire des recherches pour trouver des rabais. «Beaucoup de grands attraits font des promotions pour des rabais ou encore ils jumellent leur offre avec d’autres activités pas très loin.»
Faire (et respecter) son budget en voyage
La clé du succès pour élaborer un budget de vacances, et s’y tenir, c’est la planification, estime Johanne Le Blanc, conseillère budgétaire chez Option consommateur.
«Avec tous les outils qui existent avec Internet, c’est très facile d’anticiper le coût de nos prochaines vacances, que ce soit pour le transport, l’hébergement, l’alimentation ou les activités», assure-t-elle.
En plus de connaître les coûts possibles de nos vacances, la planification aide à faire des choix pour construire alors qu’il sera plus simple de décider si on opte pour un camping ou un chalet, pour un séjour d’un week-end ou d’une semaine et pour choisir le type d’activités possibles.
«Ça permet de nous fixer une limite aussi. On connaît notre budget, on peut valider nos choix dans celui-ci. Si je prends ce montant-là pour mes vacances est-ce que j’ai la capacité de me payer ça? Est-ce que je peux l’intégrer dans mon budget?»
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La conseillère budgétaire prévient que d’opter pour le crédit lorsqu’il est question de vacances - ou de tout autre achat - comporte des risques.
«Même si je vais sur la carte de crédit, tôt ou tard je vais devoir la rembourser», cautionne-t-elle.
Mme Le Blanc conseille aux futurs voyageurs de planifier tôt leurs prochaines vacances et de mettre des sous de côté chaque semaine.
«Certains vont carrément avoir une enveloppe à la maison dédiée aux vacances, à l’ancienne, d’autres vont avoir un compte épargne dans lequel qui vont faire des virements, d’autres gardent les sous dans leur compte courant sachant qu’une portion est dédiée aux voyages, chacun sa façon», énumère-t-elle.
Johanne Le Blanc met aussi en garde les gens contre les achats «coup de coeur».
«Les gens font parfois des choix sur le coup de l’émotion, et c’est souvent dans ce cas que l’achat va sur la carte de crédit, parce qu’on n’a pas les sous. Si on n’a pas validé notre capacité d’emprunt, il y a des limites à ce que le paiement minimum peut faire», prévient-elle.
Option consommateur propose sur son site une grille budgétaire pour planifier son budget de vacances, c’est ici.
Tourisme au Québec : record en 2025
L’année 2025 aura été une année record pour le tourisme au Québec alors que la province a accueilli 67 millions de visiteurs, le tout générant près des recettes de près de 19 milliards de dollars.
Geneviève Cantin, présidente-directrice générale de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, estime que le tourisme était bien ancré dans les habitudes de vie des Québécois et des Québécoises.
«Environ 93 % d’entre eux effectuent au moins un voyage par année. Le Québec demeure d’ailleurs leur destination privilégiée, alors que 77 % des voyageurs québécois ont choisi de voyager au Québec pour au moins un séjour au cours de la dernière année.»
Mme Cantin ajoute que l’offre touristique diversifiée du Québec permet de répondre à tous les intérêts et à toutes les clientèles.
«Que ce soit pour les amateurs de plein air, de culture, de gastronomie, d’aventure, de détente ou d’expériences urbaines, chaque région offre des attraits uniques et complémentaires. Cette diversité constitue d’ailleurs l’une des grandes forces de la destination québécoise», juge-t-elle.
La PDG de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec croit d’ailleurs que 2026 sera aussi une très bonne année pour le tourisme québécois.
«Les signaux sont positifs pour les réservations, lance-t-elle. Nous sommes confiants que l’année 2026 sera excellente pour l’industrie. Si nous pouvons compter sur l’affection des Québécois, les marchés cibles sont bien établis pour attirer les touristes canadiens et internationaux.»
Les gens voyagent différemment
Un récent sondage de la Banque de développement du Canada (BDC), publié le 13 avril dernier, met ce constant en lumière: les Canadiens, incluant les Québécoises et les Québécois, ont bel et bien l’intention de voyager en 2026 et ils sont nombreux à planifier des voyages au pays.
«Même si 81 % des ménages anticipent des compromis, le tourisme intérieur devient un choix assumé plutôt qu’une solution par défaut», peut-on lire dans le résumé du sondage de la BDC qui précise également qu’au Québec, le principal compromis est de miser sur des séjours plus courts.
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Pour le vice-président, Recherche et économiste en chef à la Banque de développement du Canada, Pierre Cléroux, les entreprises touristiques, dont celles du Québec, ont une réelle occasion de transformer le changement de comportement des voyageurs canadiens en croissance.
«Les gens voyagent toujours, mais choisissent les entreprises qui facilitent leur décision de voyage : de la flexibilité, un bon rapport qualité-prix et des expériences qui en valent la peine. Les entreprises qui vont tirer leur épingle du jeu sont celles qui proposent des prix plus souples, s’adaptent aux séjours plus courts, misent sur les expériences hors saison et mettent clairement en valeur leur attrait local», a-t-il affirmé dans un communiqué.
Par ailleurs, les données récoltées par la BDC semblent indiquer que malgré un contexte économique incertain, les perspectives du secteur touristique canadien demeurent positives en 2026.
