Le conflit en Iran continue de favoriser la tendance aux réservations de dernière minute, a souligné mercredi le leader mondial du tourisme TUI, qui a confirmé ses prévisions annuelles revues en baisse en avril.
«Nos résultats ainsi que l’ensemble du marché montrent une tendance vers des réservations effectuées de plus en plus à court terme, notamment en faveur des destinations dans l’ouest de la Méditerranée», a indiqué le groupe à l’occasion de la publication de ses résultats trimestriels.
Près de la moitié des consommateurs prévoyant de voyager cet été n’ont pas encore réservé, selon TUI.
La demande se déplace vers l’Espagne, y compris les Baléares et les Canaries, ainsi que la Grèce, appelées à être les destinations les plus prisées de cet été.
Mais il «est toujours difficile de faire voyager les gens vers les Maldives, les Seychelles, la Thaïlande, etc., même avec nos propres vols, car les clients hésitent à transiter par Dubaï, Doha ou Abu Dhabi», situés au Moyen-Orient, une région secouée par le conflit, a déclaré Sebastian Ebel, président du directoire de TUI, lors d’une conférence téléphonique.
Le groupe de Hanovre table globalement sur une hausse des prix moyens qui se dessine déjà dans les hôtels et les navires de croisière du groupe, ce qui devrait permettre de compenser partiellement l’augmentation des coûts.
De janvier à mars, le chiffre d’affaires du groupe, qui offre une gamme de voyages, hôtels, vols charters et croisières dans le monde a légèrement augmenté de 1,7% à taux de change constants, à 3,74 milliards d’euros (5,8 milliards de dollars canadiens).
La perte opérationnelle, à 188 millions d’euros (292 millions de dollars canadiens), est d’environ 9% inférieure à l’année passée, et ce en dépit de l’impact négatif du conflit en Iran, chiffré à 40 millions d’euros (62 millions de dollars canadiens): d’une part deux navires bloqués aux Émirats n’ont pas pu être exploités pendant environ 10 semaines et il a fallu rapatrier les clients depuis le Moyen-Orient et l’Extrême-Orient.
Concernant la disponibilité de carburant pour ses avions et bateaux, il ne manquera pas à court terme et «nous sommes convaincus qu’il n’y aura pas de pénurie cet été», a assuré M. Ebel.
Concernant par ailleurs l’émergence de l’hantavirus, au centre de l’attention des autorités sanitaires internationales depuis la détection d’un foyer sur le bateau de croisière MV Hondius, TUI ne ressent à ce jour «aucun impact» sur les réservations de croisières qui «sont très fortes», selon M. Ebel.
TUI a renoncé en avril à communiquer une prévision de chiffre d’affaires annuel et ne se risque toujours pas à le faire dans un environnement qui reste instable.
Le bénéfice opérationnel ajusté des effets exceptionnels (EBIT ajusté) devrait quant à lui toujours se situer entre 1,1 et 1,4 milliard d’euros (entre 1,7 à 2,2 milliards de dollars canadiens), soit un niveau au mieux équivalent à celui de l’année précédente, qui s’élevait à 1,4 milliard d’euros (2,2 milliards de dollars canadiens).
