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Mariage et divorce: les Canadiens sous-estiment la facture, selon BMO

L’amour n’a pas de prix. En fait, si, un peu.

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Mariage et divorce: les Canadiens sous-estiment la facture, selon BMO (Noovo Info)

L’amour n’a pas de prix. En fait, si, un peu, surtout lorsqu’il est question de mariage ou d’union. À l’inverse, le divorce ou la séparation ont clairement un coût. Pourtant, dans les deux cas, on semble ignorer l’ampleur des dépenses. C’est ce que révèle un sondage de BMO, qui souligne que de nombreux Canadiens ne sont pas préparés aux coûts liés au mariage et au divorce.

Parlons d’amour avant tout. Il semble que beaucoup de couples canadiens prévoient le coût d’un mariage, mais qu’ils soient aussi nombreux à faire face à des imprévus.

«La planification financière ne devrait pas s’arrêter au “Oui, je le veux” ; il s’agit aussi de se préparer aux événements imprévus et aux dépenses inattendues», a déclaré Anthony Tintinalli, chef, Ventes spécialisées, chez BMO.

Pour ou contre le mariage? Nos débatteurs : Me Frédéric Bérard, Valérie Beaudoin, Maude Goyer et François Lambert.

Tabou, le prix d’un mariage?

Selon le sondage de BMO, les Canadiens estiment que le coût moyen d’un mariage est de 19 000$. Près des deux tiers des répondants (63%) ont aussi affirmé que se marier a nécessité plus de planification financière qu’ils ne l’avaient prévu.

Pour Mélanie Aubin, planificatrice de mariages et fondatrice de Foudamour, cette dernière statistique n’est pas une surprise. Elle estime d’ailleurs que 19 000$ est un chiffre bien bas pour un mariage.

«Si on estime qu’un repas trois services au resto pour deux personnes avec une bouteille de vin peut vite monter à 150$ + taxes et service, on arrive déjà à 15 000$ + taxes et service pour 100 personnes», a-t-elle mis en lumière dans un échange de courriels avec Noovo Info.

Mme Aubin croit que le chiffre estimé par les répondants au sondage de BMO vient d’un tabou autour des dépenses liées à la planification d’un mariage.

«Personne n’ose dire ce qu’il a réellement dépensé, ou bien ceux qui veulent bien partager le montant sont en général ceux qui sont heureux de dire que ça leur a “seulement” coûté 10 000$ », a-t-elle confié.

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Bien sûr, les questions de coût pour un mariage sont étroitement liées aux attentes des mariés par rapport, entre autres, à la robe de mariée, à l’habit du marié, ainsi qu’au choix de la salle, du menu, de la décoration et des professionnels, comme un photographe.

Si Mme Aubin croit qu’il y a des mariages à tous les budgets – comme il y a des voitures, des hôtels ou des maisons à tous les budgets –, elle estime qu’en général, lorsqu’un couple fait appel à une planificatrice, il s’attend à une expérience «un peu plus élaborée» et «probablement plus luxueuse».

«Les mariages que je planifie commencent, en général, à 1 500$ par invité (sans compter les alliances, les tenues des mariés et la lune de miel), donc 150 000$ pour une centaine de convives», a-t-elle affirmé.

Une dépense trop grande pour les invités?

Selon le sondage de BMO, environ 43% des couples mariés ont par ailleurs affirmé avoir été stressés par le fardeau financier que leur mariage représentait pour leurs proches, notamment les demoiselles et les garçons d’honneur.

Une donnée que nuance Mme Aubin. «Plusieurs couples choisissent de faire payer leurs invités pour assister au mariage, soit un montant des frais du repas, ou bien pour l’hôtel – est-ce qu’on peut dire que cela va dans le sens contraire de cette affirmation ?», a-t-elle questionné.

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Mariage ou maison? (Envato Elements | POCSTOCK)

Il semble que plusieurs futurs mariés avaient tout de même raison d’être stressés, puisque deux Canadiens sur cinq (40%) ont répondu au sondage de BMO que participer au mariage d’un membre de la famille ou d’amis est une source majeure de stress financier. Ils évaluent devoir dépenser en moyenne 1 530$ pour assister à l’événement, ce qui inclut notamment l’habillement, les frais pour assister à la cérémonie, le cadeau de mariage et les frais de voyage.

Ce coût semble assez réaliste, selon la planificatrice de mariages. «Cela dépend aussi du lieu où se tient le mariage et du nombre de jours. De plus en plus de couples choisissent de passer tout un week-end avec leurs invités, ce qui implique deux nuits à l’hôtel, plusieurs tenues, parfois même des frais d’avion si on parle d’un mariage à l’étranger», a tout de même précisé Mélanie Aubin.

La fondatrice de Foudamour – qui dessert majoritairement une clientèle aisée – estime que d’aborder la question de l’argent et du mariage est «hyper complexe» et «moins linéaire que ce qu’on pourrait penser».

Mme Aubin déplore d’ailleurs le manque de transparence des fournisseurs du domaine du mariage.

«Les médias continuent de publier des statistiques qui datent de 1987, la norme devient ce qu’on voit sur Instagram, TikTok et sur Pinterest, où sont publiés des mariages à plusieurs millions de dollars, et je pense que c’est pour cette raison que tout le monde semble tomber des nues quand vient le temps d’avoir des discussions sérieuses sur le sujet», a-t-elle conclu.

Le coût d’une rupture

Si l’organisation d’un mariage cache son lot de surprises, c’est aussi le cas lorsqu’il est question de divorce ou de rupture, dont l’impact financier peut être inattendu et perturbant.

BMO évalue le coût moyen d’un divorce ou d’une séparation à près de 5 000$, avant de prendre en compte les pertes d’actifs ou les pensions de soutien. Près d’un répondant sur cinq (17%) a tout de même déclaré que son divorce avait coûté 10 000$ ou plus, alors que 7% ont dit que le processus a dépassé 25 000$. Les dépenses peuvent inclure notamment les frais juridiques, l’installation d’un nouveau foyer, ainsi que les coûts liés aux enfants et à la pension alimentaire pour conjoint.

Ces chiffres font du sens pour Me Valérie Black, directrice des opérations chez JuriGo. «Pour les coûts juridiques, on parle souvent de quelques milliers de dollars et même de dizaines de milliers de dollars si c’est un procès de longue envergure.»

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Me Black précise que le coût du processus de divorce ou de séparation dépend beaucoup de la capacité du couple à trouver des compromis ou non. «Plus il y a de négociations nécessaires, plus on fait des retours sur des points en litige, plus les honoraires montent», a-t-elle expliqué à Noovo Info.

Désaccords et stress lors d’une rupture

Les désaccords financiers auxquels les gens font face lorsqu’ils se séparent apportent évidemment du stress. Près de trois Canadiens sur cinq (57%) divorcés ou séparés ont confié que les conflits financiers avaient prolongé leur divorce et l’avaient rendu plus stressant. Les principaux sujets de désaccord incluent les dépenses liées aux enfants, le partage des biens, la pension alimentaire, le partage des dettes et les frais juridiques.

«Les désaccords changent au fil du temps», a souligné Me Black. «Ce qu’on constate, c’est qu’un couple en début de séparation est en désaccord sur tout ou presque. Ensuite, il y a des compromis qui sont faits. Être capable de prendre des décisions rationnelles, avec une considération financière, c’est difficile au début, on est dans un état émotif.»

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Couple Comment planifier les coûts d’un déménagement après une rupture. (JONATHAN HAYWARD)

Mentionnons que la société d’acquêts est le régime matrimonial qui s’applique par défaut si vous vous mariez sans contrat de mariage au Québec. Il divise vos biens en deux catégories: les biens «propres» (acquis avant le mariage ou reçus par héritage/donation) et les biens «acquêts» (accumulés pendant l’union). En cas de séparation, chaque époux conserve ses biens propres, tandis que la valeur des acquêts est partagée également.

Les biens acquêts incluent les salaires, les revenus de placements, les biens achetés durant le mariage ainsi que les gains de loterie.

Prévoir le pire...

Évidemment, lorsque l’on est amoureux, on ne veut pas nécessairement penser au pire. Me Valérie Black estime tout de même que d’avoir des conversations à l’avance, alors que le couple ne vit pas de conflits, peut aider lorsque survient un divorce ou une séparation.

Elle donne l’exemple de la garde des enfants.

«C’est un point très litigieux. C’est bien, quand le couple va bien, de discuter de ce qui pourrait arriver advenant une séparation. Qu’est-ce qu’on voudrait pour nos enfants?», a-t-elle expliqué. «On est conscient que ce ne sont pas des conversations agréables à avoir, mais l’idée, c’est de s’assurer d’établir comment on fait pour rester dans la coparentalité, tout le temps, indépendamment de ce qui arrive avec nous comme couple.»

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L’avocate précise qu’en vertu de la Loi sur le divorce, une loi fédérale, il y a une obligation de tenter de régler le conflit à l’amiable avant de se tourner vers les tribunaux. «C’est dans l’intérêt des deux parties et dans celui des enfants, s’il y en a.»

Me Black invite les gens à s’investir dans la médiation, sans oublier de faire appel à un avocat afin d’avoir un avis juridique indépendant pendant le processus.

Notons que selon le sondage de BMO, les deux tiers (66%) des Canadiens divorcés ou séparés ont dû faire des changements importants dans leur mode de vie à cause de l’impact financier lié à leur décision. Parmi ces changements, on note la réduction de la taille du logement, un changement d’emploi, une limite des dépenses ou l’augmentation des heures travaillées.