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Comment planifier les coûts d’un déménagement après une rupture

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Un couple se promène parmi les feuilles d’automne dans le centre-ville de Vancouver, en Colombie-Britannique, le jeudi 24 novembre 2022. LA PRESSE CANADIENNE/Jonathan Hayward Un couple se promène parmi les feuilles d’automne dans le centre-ville de Vancouver, en Colombie-Britannique, le jeudi 24 novembre 2022. LA PRESSE CANADIENNE (JONATHAN HAYWARD)

Vivre sous le même toit que son ancien partenaire après une rupture est une situation délicate.

C’est un contexte difficile dans lequel se trouvent certains Canadiens à court d’argent: ils ne peuvent pas quitter l’appartement qu’ils partagent parce qu’ils n’ont pas assez d’argent pour trouver un nouveau logement.

Selon des experts, ils doivent peser le pour et le contre de facteurs tels que la sécurité et la capacité émotionnelle avec le fait de rester dans le logement partagé pendant qu’ils planifient et économisent de l’argent pour partir.

Le déménagement doit être mûrement réfléchi, étape par étape, explique Chantel Chapman, fondatrice de Trauma of Money, un programme de certification qui enseigne aux professionnels une approche de l’argent sensible aux traumatismes.

Tout d’abord, il est important d’identifier l’urgence du déménagement, dit-elle. Si la personne n’est pas en sécurité dans son environnement, l’urgence est grande.

«Si tel est le cas, vous n’avez pas vraiment le luxe de planifier. Il s’agit plutôt d’une question de survie», ajoute-t-elle.

Mme Chapman souligne que, dans ces circonstances, il vaut mieux rester chez un ami ou un membre de la famille pour éviter d’avoir à faire face à un environnement dangereux ou difficile.

S’il n’y a pas de problème de sécurité, il y a un peu plus de marge pour réfléchir au changement.

Planifier le temps et les montants

Bien que cela soit différent pour chacun, Mme Chapman conseille de commencer par planifier à quoi ressemblerait le déménagement et combien il coûterait. Ensuite, il faut planifier de manière réaliste le temps nécessaire pour réunir les fonds.

Il s’agit de prendre ce calendrier et de le comparer à sa capacité émotionnelle, avance-t-elle.

«Il y a beaucoup d’allers-retours entre l’argent et le budget nécessaire, d’une part, et votre capacité émotionnelle, votre budget émotionnel, d’autre part», explique Mme Chapman.

Heather Thom entend souvent ses clients s’inquiéter de savoir s’ils seront capables de déménager, de trouver un logement proche de leur travail ou de leur famille et de se remettre sur pied.

«Il y a tellement de choses qu’ils doivent régler», précise Mme Thom, conseillère professionnelle agréée et coach de vie. «Mais c’est aussi un nouveau départ, ce qui peut être très effrayant.»

Mme Thom indique qu’il est important de fixer une date limite pour le déménagement afin de pouvoir se préparer mentalement. Elle suggère de se donner deux à trois mois pour mettre de l’ordre dans ses finances.

«Beaucoup de personnes qui vivent ensemble partagent leurs dépenses et elles ne pensent pas nécessairement à cela immédiatement lorsqu’elles se séparent», explique Mme Thom.

De nombreux couples partagent le loyer, les courses, les factures d’électricité et d’internet, et il est plus facile de payer les factures dans un foyer à double revenu, ajoute-t-elle.

«Cela peut être un véritable choc pour eux de réaliser à quel point les choses peuvent être coûteuses après avoir quitté leur partenaire», affirme Mme Thom.

Beaucoup de décisions

Selon Mme Thom, il faut également déterminer ce qu’il adviendra du logement actuel: qui déménagera et qui restera, qui se lancera dans la recherche épuisante d’un nouveau logement et qui assumera le coût global du déménagement.

«Il y a beaucoup de décisions à prendre pendant cette période, ce qui peut être très fatigant», précise-t-elle.

Après la rupture, mais tant que les deux personnes vivent encore sous le même toit, Mme Thom explique qu’il est important de fixer des limites et de prendre ses distances émotionnellement, par exemple en limitant les interactions dans les espaces communs et en réduisant au minimum les conversations sur la vie quotidienne ou les projets d’avenir.

Cela peut signifier, par exemple, ne plus prendre de repas ensemble, ne plus cuisiner ensemble ou ne plus faire les courses ensemble.

Mme Chapman précise que les personnes qui ont vécu ensemble pendant longtemps doivent vérifier leurs droits et responsabilités juridiques.

Elle ajoute que si un couple a conclu un contrat de cohabitation, il serait utile d’examiner les actifs et les passifs que chacun a apportés dans la relation.

Une hiérarchie des besoins

Selon Mme Chapman, il est important dans cette situation de hiérarchiser les besoins et, que la personne choisisse de rester ou de partir immédiatement, il y a des avantages et des inconvénients.

Donner la priorité aux finances peut signifier faire face à des situations délicates dans le logement partagé pendant quelques semaines ou quelques mois, tandis que se concentrer sur la santé mentale en déménageant rapidement risque de pousser à prendre une décision précipitée — ou à emménager dans un nouvel endroit — qui pourrait ne pas convenir.

Mme Thom ajoute que prolonger son séjour après la rupture peut également augmenter le risque de retomber dans la relation. La panique liée à l’accessibilité financière, combinée à la douleur encore fraîche de la rupture, peut facilement amener à idéaliser la relation, même lorsqu’elle a fait son temps, explique-t-elle.

«Ils ont peur de ce que leur réserve l’avenir sans leur partenaire de vie, et aussi sur le plan financier», dit Mme Thom.

«Les gens doivent simplement reconnaître que, oui, cela peut être difficile pendant un certain temps, mais que les choses finiront par s’améliorer.»

Ritika Dubey

Ritika Dubey

Journaliste