Économie

Mariage ou maison: l’immobilier force les couples québécois à faire un choix

Face à la crise du logement et la hausse du coût de la vie, une majorité de Québécois préfère sacrifier le budget de son mariage pour financer une mise de fonds immobilière.

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Mariage ou maison S’il a existé une époque où les couples étaient à la fois de jeunes mariés et propriétaires, l’ordre des choses est aujourd’hui inversé. (Envato Elements | POCSTOCK)

S’il a existé une époque où les couples étaient à la fois de jeunes mariés et propriétaires, l’ordre des choses est aujourd’hui inversé. Face à la flambée de l’immobilier et à la hausse du coût de la vie, de nombreux couples québécois choisissent d’acheter une maison d’abord et de se marier plus tard — voire jamais, selon un récent sondage de Royal LePage.

Selon ce coup de sonde intitulé Maison ou Mariage, 67 % des Québécois interrogés qui planifient un mariage (ou qui connaissent un proche dans cette situation) renonceraient à l’événement ou en réduiraient considérablement l’envergure afin d’allouer ce budget à la mise de fonds d’une propriété.

«L’achat d’une propriété a officiellement remplacé le mariage comme premier engagement sérieux du couple au Québec», a commenté Julien Jacoby-Boissy, courtier immobilier chez Royal LePage Triomphe à Montréal.

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Mariage - Envato Elements - LeylaCamomile (Envato Elements | LeylaCamomile)

Les Québécois entretiennent tout de même une relation unique avec ces deux jalons de vie. La province affiche en effet le taux le plus faible au pays quant à la disposition des couples à sacrifier leur mariage pour financer l’achat d’une maison.

En comparaison, cette proportion grimpe à 95 % dans les provinces de l’Atlantique, à 86 % en Ontario et en Colombie-Britannique, puis à 80 % dans les Prairies (Alberta, Saskatchewan et Manitoba).

Troquer les cadeaux traditionnels pour une aide financière

Parmi les répondants qui planifient une union ou qui sont proches d’un futur couple marié, 32 % affirment qu’ils oseraient «certainement» demander de l’argent pour une mise de fonds plutôt que des cadeaux de mariage traditionnels. De plus, 37 % des personnes sondées se disent indécises face à cette option.

Le sondage révèle également que 53 % des répondants déjà mariés auraient aimé faire ce choix à l’époque.

Mariage ou maison? (Envato Elements | OaklandImages)

La propension à se marier demeure d’ailleurs très faible dans la province, selon les données de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) concernant le portrait de la nuptialité.

En 2024, environ 23 000 mariages ont été célébrés au Québec, un nombre à peine plus élevé que celui de 2023 (22 700). Selon l’ISQ, si les comportements actuels se maintiennent, seulement 25 % des hommes et 29 % des femmes se marieront au moins une fois avant leur 50e anniversaire.

Louer en ville, acheter en banlieue

Une autre tendance se dessine chez les acheteurs : acquérir un bien immobilier à des fins d’investissement en banlieue ou dans une zone récréative, tout en restant locataire de sa résidence principale dans les grands centres.

«Les Québécois se distinguent sur ces deux plans: par rapport au reste du Canada, nous sommes les moins susceptibles d’être mariés et les moins susceptibles d’être propriétaires», a souligné M. Jacoby-Boissy. Le courtier précise toutefois que la stabilité financière à long terme demeure une priorité absolue pour les ménages, qui cherchent à la concilier avec leur qualité de vie.

Le prix des maisons risque d’être à la hausse en 2026 à Trois-Rivières, selon Royal LePage Le prix médian d’une propriété à Trois-Rivières pourrait atteindre 430 000$ au quatrième trimestre de 2026, une hausse de 10%, selon Royal LePage. Si le prix des maisons demeure abordable à Trois-Rivières comparativement à d’autres villes du Québec, il n’en demeure pas moins que l’accès à la propriété restera difficile.

Selon les plus récents chiffres du recensement de Statistique Canada relayés par l’ISQ, le taux de propriété au Québec s’établissait à 59,9 %.

«Si le nombre de ménages propriétaires a augmenté de manière constante, la proportion de ménages propriétaires, aussi appelée “taux de propriété”, a affiché sa première baisse depuis 1971», indique l’organisme public.