Il y a un monde de différences entre la Coalition avenir Québec (CAQ) de 2022 et celle de 2026.
En octobre 2022, le parti de François Legault remportait un second mandat majoritaire de façon spectaculaire, en mettant la main sur 90 des 125 sièges de l’Assemblée nationale.
Quatre ans plus tard, à l’aube des nouvelles élections, le capitaine de la CAQ a un pied dans la porte et la formation politique est malmenée dans les sondages. 11 députés ont quitté le navire, que ce soit en quittant le caucus caquiste ou en démissionnant.
Voici un portrait de la composition de la CAQ en 2026:
Ils sont maintenant indépendants
Des dix députés indépendants à l’Assemblée nationale, sept se sont fait élire sous la bannière de la CAQ en 2022. Marwah Rizqy, Sona Lakhoyan Olivier (Parti libéral du Québec) et Vincent Marissal (Québec solidaire) sont les autres indépendants.
Christian Dubé

De ceux qui ont tourné le dos à François Legault et la CAQ, Christian Dubé est sans nul doute celui qui a causé la plus grande commotion. M. Dubé était un allié de taille pour le premier ministre, lui qui a été nommé ministre de la Santé au cours de la pandémie et qui occupait auparavant les fonctions de président du Conseil du trésor.
Il a été élu député dès les premières élections de la CAQ, en 2012, puis réélu en 2014. Il a démissionné une première fois quelques mois plus tard pour rejoindre la Caisse de dépôt et placement du Québec avant de se présenter à nouveau aux élections de 2018.
Christian Dubé a annoncé le 18 décembre 2025 qu’il quittait ses fonctions de ministre de la Santé et par le fait même, le caucus de la CAQ. Il prenait cette décision dans la foulée des discussions houleuses concernant la loi 2 sur la rémunération des médecins.
M. Dubé avait déjà mentionné ne pas avoir l’intention de se représenter en 2026.
Lionel Carmant
Deux mois avant le départ de Christian Dubé, François Legault avait déjà subi un coup dur lorsque le ministre responsable des Services sociaux, Lionel Carmant, a annoncé qu’il quittait lui aussi le caucus de la CAQ en lien avec l’adoption de la loi 2.
La décision de M. Carmant, un ami personnel du premier ministre, survenait après une lettre ouverte de sa fille publiée dans Le Devoir. Celle-ci, médecin comme son père, disait vouloir quitter le Québec en réaction aux changements amenés par la loi.
M. Carmant était député depuis 2018.
Maïté Blanchette Vézina
La députée de Rimouski, Maïté Blanchette Vézina, avait quitté la CAQ avec fracas en septembre dernier, lorsqu’elle avait perdu son poste de ministre des Ressources naturelles et des Forêts après un remaniement ministériel.
Mme Blanchette Vézina avait par le fait même mentionné avoir perdu confiance en M. Legault et avait invité celui-ci à partir.
La députée indépendante s’est depuis rapprochée du Parti conservateur d’Éric Duhaime, se disant «ouverte» à collaborer avec celui-ci et compte même au congrès de la formation politique le 31 janvier prochain.
Elle compte se présenter aux élections de 2026.
Youri Chassin
Le député de Saint-Jérôme a quitté le caucus de la CAQ en 2024 après avoir critiqué la gestion des finances publiques du gouvernement.
Dans la foulée de son départ, M. Chassin avait affirmé qu’il n’avait pas l’intention de joindre un autre parti politique. «J’ai été élu sous la bannière de la CAQ. Si je n’y crois plus, je ne peux pas rester, mais je ne veux pas être élu sous une autre bannière», expliquait-il alors.
Pierre Dufour
L’élu d’Abitibi-Est a été exclu de son caucus par François Legault, qui disait vouloir maintenir la «cohésion» au sein de son parti. Le député niait toutefois avoir lancé un ultimatum.
M. Dufour menaçait de démissionner si un élu de sa région n’était pas nommé ministre dans le cadre du dernier remaniement du premier ministre.
M. Dufour est député d’Abitibi-Est depuis 2018.
Isabelle Poulet
La députée de la circonscription de Laporte a été exclue du caucus par le premier ministre, qui l’accusait de se «magasiner un autre parti».
Mme Poulet avait été élue en 2022.
François Tremblay
Le député de Dubuc a quitté le caucus de la CAQ «d’un commun accord» après avoir été arrêté pour conduite avec les facultés affaiblies.
Dans une déclaration, le whip en chef du gouvernement, François Jacques, a indiqué que le retrait était en vigueur pour la durée des procédures judiciaires entamées contre François Tremblay.
Ils ont démissionné
Pierre Fitzgibbon

Le «super ministre» était un allié de tous les instants pour François Legault, lui qui cumulait les portefeuilles de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie lorsqu’il a quitté ses fonctions en septembre 2024.
M. Fitzgibbon s’occupait notamment du dossier de la filière batterie. Durant ses mandats politiques sous la bannière de la CAQ, M. Fitzgibbon a fait l’objet de pas moins de six enquêtes du Commissaire à l’éthique à la déontologie (CED).
Il siégeait dans Terrebonne depuis 2018. Lors de l’élection partielle qui a suivi sa démission, c’est la péquiste Catherine Gentilcore qui a été élue.
Joëlle Boutin
La députée dans Jean-Talon et adjointe parlementaire de Pierre Fitzgibbon a quitté la vie politique en juillet 2023 pour se consacrer davantage à sa famille.
Joëlle Boutin a été élue une première fois dans Jean-Talon — un château fort libéral — lors d’une élection partielle en 2019 à la suite de la démission du député libéral Sébastien Proulx.
Le député du PQ Pascal Paradis a pris la place de Mme Boutin lors de l’élection partielle déclenchée après sa démission.
Andrée Laforest
La ministre des Affaires municipales Andrée Laforest a quitté la CAQ pour faire le saut en politique municipale en septembre 2025, elle qui visait la mairie de Saguenay.
Celle qui siégeait dans Chicoutimi n’a pas remporté son pari et a dû s’avouer vaincue face à Luc Boivin.
Mme Laforest avait été élue pour la première fois en 2018, puis avait été réélue en 2022.
L’ancienne circonscription de Mme Laforest demeure vacante depuis son départ. La date de l’élection partielle est toujours inconnue au moment d’écrire ces lignes.
Eric Lefebvre
Le député dans Arthabaska a démissionné en mars 2025, près d’un an après avoir été exclu du caucus de la CAQ pour avoir manifesté son intention de se présenter pour les conservateurs fédéraux de Pierre Poilievre.
M. Lefebvre s’est en effet présenté dans la circonscription fédérale de Richmond-Arthabaska aux élections fédérales d’avril 2025 et a réussi à se faire élire. Il s’agissait d’une deuxième tentative pour lui, qui avait tenté de se présenter dans le même comté en 2008.
M. Lefebvre a été élu une première fois avec la CAQ dans la circonscription provinciale d’Arthabaska en 2016 lors d’une élection partielle. Il a ensuite été réélu dans le même comté en 2018 et en 2022.
Une élection partielle, remportée par le péquiste Alex Boissonneault, a été déclenchée dans Arthabaska en juillet dernier.
Ils ne seront pas des élections de 2026
Plusieurs élus de la CAQ ont déjà mentionné ne pas avoir l’intention de se représenter lors des élections de 2026.
Outre ceux mentionnés précédemment, deux ministres vedettes de la CAQ, Geneviève Guilbault et Sonia LeBel, ont déjà mentionné qu’elles ne brigueraient pas de nouveau mandat.
Suzanne Roy, André Lamontagne et Sylvain Lévesque, notamment, ont pris la même décision.

