Le premier ministre François Legault a montré la porte au député Pierre Dufour vendredi.
L'élu de la circonscription d’Abitibi-Est est exclu du caucus de la Coalition avenir Québec (CAQ) afin de «maintenir cette cohésion» au sein du gouvernement.
«Comme premier ministre et chef de parti, je prends les décisions qui s’imposent [...] et pour que nous soyons à la hauteur des attentes des Québécois», a mentionné M. Legault.
À l'approche d'un remaniement ministériel, M. Dufour avait menacé de démissionner de son poste si le premier ministre ne nommait pas un élu de la région ministre.
En entrevue avec La Presse, M. Dufour avait réitéré son agacement face à la représentation de la région au Conseil des ministres.
M. Dufour avait récemment laissé planer le doute quant à son avenir professionnel. Il ferait désormais le saut en politique municipale pour briguer la mairie de Val-d'Or.
L'Abitibi-Témiscamingue n'est plus représentée par un ministre issu de la région depuis 2022, et ce, même si la CAQ détient les trois circonscriptions.
C'est le ministre du Travail et député de Trois-Rivières, Jean Boulet, qui est actuellement responsable de la région de l'Abitibi-Témiscamingue, en plus d'avoir la responsabilité de la Mauricie et du Nord-du-Québec.
Les deux autres élus caquistes de la région sont Suzanne Blais (Abitibi-Ouest) et Daniel Bernard (Rouyn-Noranda–Témiscamingue).
Plus tard vendredi, Pierre Dufour a assuré n’avoir jamais lancé d’ultimatum à son gouvernement.
«J’ai dit que je me gardais toutes les ouvertures ouvertes. Ce qui voulait dire que ça peut être de quitter, de rester, de se conformer, de s'en aller au privé. Je pense que tout était dans les plans, donc on attendait de voir qu’est-ce qui allait arriver avec le remaniement ministériel», a-t-il dit en entrevue avec La Presse canadienne.
Le député s’est dit malgré tout serein de la décision du premier ministre à son endroit.
«J'ai toujours maintenu mes convictions, j'ai toujours maintenu ma manière de présenter les choses, j'ai toujours défendu ma région. (...) C'est sûr que si le grand chef en haut n'accepte pas certains propos, à ce moment-là, je subis une conséquence, mais je suis capable de vivre avec ça», a-t-il expliqué.
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Des ministres dans l'attente de la décision de Legault
L'exclusion de M. Dufour survient quelques heures après un autre départ à la CAQ. Alors que le bateau caquiste prend l'eau, la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, a démissionné de son poste pour se lancer dans la course à la mairie de Saguenay, avait-elle confirmé jeudi.
Jeudi, la vice-première ministre et ministre du Transport et de la mobilité durable, Geneviève Guilbault, est restée prudente sur les changements à venir au sein du gouvernement. «C'est la prérogative du premier ministre», a-t-elle expliqué en ajoutant qu'il «faut être lucide sur les possibilités».
Le ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, a avoué vendredi être «mal à l'aise» lorsqu'il a été questionné sur le rôle qu'il occupera une fois le remaniement complété. «C'est vraiment la prérogative du premier ministre», a-t-il dit. «J'adore ce que je fais [...] mais c'est le premier ministre qui décide [...] Je vais attendre sa décision».
Le remaniement ministériel annoncé cet été par le premier ministre François Legault aura lieu la semaine prochaine. Afin que les nouveaux ministres puissent se familiariser avec leurs dossiers, la rentrée parlementaire est repoussée de deux semaines, soit jusqu’au 30 septembre.


