Certains voyageurs abordent cette fin de semaine avec une certaine inquiétude, alors que WestJet procède à une première vague d’annulations en prévision d’une éventuelle grève des agents de bord.
La compagnie aérienne a annoncé tôt samedi matin que 81 des vols prévus pour la journée avaient été annulés.
L’entreprise a expliqué que cette mesure vise à éviter que le personnel navigant et les passagers ne se retrouvent bloqués. Elle recommande aux voyageurs de vérifier le statut de leur vol avant de se rendre à l’aéroport.
WestJet a indiqué que la liaison Toronto-Vancouver était la plus touchée puisqu’on y comptait quatre annulations.
La plupart des vols annulés concernaient la journée de samedi, d’autres annulations étant prévues dimanche et lundi.
La ministre de l’Emploi, Patty Hajdu, a déclaré dans un communiqué qu’elle se trouvait à Calgary avec WestJet et le syndicat alors que la médiation se poursuit, ajoutant que le gouvernement a toujours soutenu que «les meilleurs accords se concluent aux tables des négociations».
«Grâce au soutien des médiateurs fédéraux qui accompagnent les négociations depuis mai, les parties peuvent et doivent parvenir à un accord. Les Canadiens comptent là-dessus», a affirmé Mme Hajdu.
Malgré les annulations et l’incertitude, la zone d’enregistrement de WestJet à l’aéroport international Pearson de Toronto était animée samedi matin. Des familles poussaient des chariots chargés de bagages et faisaient la queue aux bornes automatiques.
Alyesha Singh était impatiente de rejoindre sa famille de 15 personnes en République dominicaine, dont certaines viennent des États-Unis. Elle n’a pas vu certains membres de sa famille depuis des années et est ravie de les réunir tous.
Ses parents ont planifié leur voyage et suivent de près l’évolution de la situation concernant les annulations, a raconté Mme Singh au comptoir de dépôt des bagages de la compagnie aérienne.
«On espère juste que tout sera réglé avant notre retour.»
Carlo de Leon, qui se rendait lui aussi en République dominicaine, a croisé les doigts lors d’une entrevue en déclarant qu’il avait hâte d’arriver sur place et de laisser derrière lui son anxiété liée au voyage.
Du moins, jusqu’au retour.
Sa famille portait des chandails bleus assortis pour le voyage. Une idée de sa fille, Kaylani, qui a fêté ses 11 ans vendredi.
Le moment du voyage était parfait pour célébrer son anniversaire, a expliqué M. de Leon, qui s’est dit «plutôt optimiste» maintenant qu’ils sont arrivés à l’aéroport sans que leur vol ne soit annulé.
Si aucun accord n’est conclu d’ici dimanche matin, l’une ou l’autre des parties pourrait entamer un arrêt de travail qui entraînerait l’annulation de centaines de vols pendant cette longue fin de semaine dans une grande partie du pays.
Le syndicat a lancé un préavis de grève de 72 heures qui prendra fin dimanche, juste après minuit, à Calgary, où se trouve le siège social de WestJet. La compagnie aérienne a réagi en émettant un préavis de lock-out pour la même période.
WestJet a déclaré qu’elle poursuivait les négociations avec le Syndicat canadien de la fonction publique, qui représente 4400 agents de bord, dans l’espoir de parvenir à un accord sur une nouvelle convention collective.
Rémunération du temps au sol
La compagnie aérienne a indiqué samedi dans une mise à jour publiée sur son site web que le syndicat avait rejeté sa proposition «visant une rémunération supplémentaire avant et après les vols, ce qui représentait une augmentation à deux chiffres de la rémunération».
La rémunération du travail effectué au sol reste une pierre d’achoppement majeure dans les négociations, moins d’un an après que cette même question ait déclenché un arrêt de travail des agents de bord d’Air Canada.
Le syndicat a qualifié certaines tâches au sol de non rémunérées, mais WestJet a expliqué que son système actuel d’«heures de crédit» regroupait le temps de vol, les tâches au sol, les retards et d’autres tâches en un «seul taux horaire plus élevé», qui est ensuite crédité sur l’ensemble de la journée de travail.
WestJet a indiqué dans son communiqué que sa proposition comprenait également des «augmentations salariales substantielles tout au long de la durée de la convention collective» et offrait des «améliorations significatives de la planification et de la qualité de vie conçues pour offrir une plus grande flexibilité et prévisibilité».
Dans sa réponse, le SCFP a indiqué que la mise à jour de WestJet ressemblait à un courriel que la compagnie aérienne avait envoyé à ses employés vendredi.
Alia Hussain, présidente du SYDC 8125, a souligné que des progrès avaient été réalisés dans les négociations, mais qu’il restait des points à régler à la table des négociations.
«Ce que WestJet a communiqué dans son message ne représente qu’une petite partie d’une convention collective très vaste. Nous ne négocions pas seulement quelques points ; nous cherchons à obtenir une convention collective globale qui reflète les priorités de nos membres», a déclaré Mme Hussain en réponse au courriel envoyé par la compagnie aérienne à ses salariés.
— Avec la collaboration de Rob Westgate