CALGARY — WestJet indique vendredi après-midi avoir commencé à immobiliser ses appareils en prévision d’une éventuelle grève des agents de bord et conseille aux passagers de vérifier le statut de leur vol avant de se rendre à l’aéroport.
Les compagnies aériennes commencent généralement à annuler des vols avant un arrêt de travail potentiel, afin d’éviter que l’équipage et les passagers ne se retrouvent bloqués.
WestJet ajoute qu’elle poursuit les négociations avec le Syndicat canadien de la fonction publique, qui représente 4400 agents de bord, dans l’espoir de parvenir à un accord sur une nouvelle convention collective.
Si aucun accord n’est conclu d’ici dimanche matin, l’une ou l’autre des parties pourrait entamer un arrêt de travail qui entraînerait l’annulation de centaines de vols pendant cette longue fin de semaine dans une grande partie du pays.
Le SCFP a déposé un avis de grève de 72 heures qui prendra fin dimanche, juste après minuit, à Calgary, où se trouve le siège social de la deuxième plus grande compagnie aérienne du Canada. WestJet a réagi en déposant un avis de lock-out pour la même période.
La compagnie précise que les vols WestJet Encore opérés avec des Q400 ainsi que les vols en partage de code opérés par ses partenaires ne sont pas concernés.
Modification ou annulation
Les voyageurs partant vendredi matin de l’aéroport Pearson de Toronto espéraient que leurs vols de retour ne seraient pas annulés à l’approche de l’échéance de la grève.
Callie Adams a raconté n’avoir rencontré aucun problème lors de son enregistrement pour un vol à destination du Mexique, où elle devait passer une semaine avant de revenir à Toronto la fin de semaine prochaine.
«Si nous ne parvenons pas à rentrer, je contacterai mon employeur lundi matin, a-t-elle dit. Sinon, j’espère que la grève (…) j’espère qu’elle n’aura pas lieu, mais si c’est le cas, on verra bien comment ça évolue.»
Gord Garwood, qui devait s’envoler pour Vancouver, craignait que son vol de retour vers Toronto, prévu dans dix jours, soit annulé.
«Je ne pourrai pas prolonger (mon séjour). Je me rendrai sans aucun doute au comptoir de WestJet ou ailleurs pour (…) essayer de modifier ma réservation, a-t-il indiqué. Ils m’ont envoyé quelques messages d’information, qui étaient très complets, et ils promettent que les clients passent toujours en premier, ce qui est une bonne chose.»
En prévision de cette grève potentielle, WestJet autorise les passagers voyageant entre le 30 juillet et le 4 août à effectuer un changement ou une annulation sans frais. Les détenteurs de billets informés d’une annulation due à la grève ont droit à un remboursement.
Travail au sol
La rémunération du travail effectué au sol demeure un obstacle majeur dans les négociations, moins d’un an après que cette même question eut déclenché un arrêt de travail des agents de bord d’Air Canada. Ottawa était alors intervenu et avait ordonné au Conseil canadien des relations industrielles d’imposer un arbitrage exécutoire et d’ordonner aux agents de bord de reprendre le travail.
Sanya Kennedy, qui faisait escale à Toronto avant de rentrer chez elle à Calgary, a souligné que WestJet devrait « payer aux travailleurs ce qui leur est dû ».
«Si quelqu’un travaille dix heures, il devrait être payé pour ces dix heures», a-t-elle ajouté.
Rinks Slump a témoigné qu’il ne se laissait pas déstabiliser par les annulations possibles alors qu’il s’apprêtait à partir pour Amsterdam.
«Je voyage au Canada depuis probablement six ans, je travaille souvent dans l’Ouest, et j’ai déjà reçu quelques avis de grève, mais les choses finissent toujours par s’arranger à la dernière minute», a-t-il ajouté.
«Le gouvernement intervient et adopte une loi de retour au travail.»
WestJet a indiqué qu’elle assurait plus de 600 vols par jour, transportant un nombre considérable de passagers — plus de 70 000 certains jours.
Selon des experts, un arrêt des activités en pleine saison estivale coûterait des millions de dollars à l’entreprise.
La Presse Canadienne

