Selon le premier bulletin de ParticipACTION consacré à l’activité physique chez les tout-petits, seulement 48 % des enfants canadiens de 0 à 4 ans passent suffisamment peu de temps devant les écrans pour satisfaire aux recommandations des spécialistes. Le portrait est toutefois plus encourageant en matière d’activité physique et de sommeil.
«C’est préoccupant», a mentionné à Noovo Info Mariane Parent, directrice générale du Réseau Accès Participation et spécialiste du loisir, du sport et de l’activité physique. «Ce que la statistique démontre, c’est que ce n’est vraiment pas facile de gérer le temps d’écran pour nos 0-4 ans et aussi pour plein d’autres groupes d’âge.»
Les recommandations des spécialistes sont les suivantes: aucun temps d’écran de 0 à 2 ans, puis au plus une heure par jour pour les enfants de 2 à 4 ans. Le rapport de
ParticipACTION précise que la moitié des 0 à 1 an respecte les recommandations, alors que ce taux est de seulement 42% pour les 2 ans et de 52% chez les 3 à 4 ans.
«On est en train d’installer une habitude de vie chez nos jeunes de 0 à 4 ans. On est en train de normaliser le fait d’être sur son téléphone», s’inquiète Mme Parent.
Prendre le contrôle
Les impacts du temps d’écran chez les jeunes ne sont pas un sujet nouveau, car le milieu médical et de la recherche s’y intéresse depuis plusieurs années, tout comme le milieu scolaire, autant dans les écoles que les services de garde, ainsi que le milieu politique, menant à des actions publiques et sociétales visant la prévention.
Mariane Parent croit que l’omniprésence des écrans, et le fait que les appareils se soient multipliés dans les foyers ces dernières années, font en sorte que la lutte contre le temps d’écran excessif est difficile.
«C’est difficile à gérer parce que nous-mêmes, comme adultes, on est sur les écrans, on les utilise pour communiquer, pour travailler, etc. Notre rapport aux temps libres a changé de façon drastique dans les dernières années avec l’arrivée de la technologie», a-t-elle partagé.
Mme Parent croit d’ailleurs qu’il ne faut pas diaboliser les écrans, qu’ils ont leur utilité, mais que les parents doivent en avoir une meilleure prise de contrôle.
«C’est qui le parent? C’est qui la personne qui peut placer des balises et mettre des limites?»
— Mariane Parent, DG du Réseau Accès Participation
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La spécialiste du loisir, du sport et de l’activité physique suggère aussi aux parents qui se sentiraient concernés par un temps d’écran excessif chez leur enfant d’être patients et d’avoir confiance en leur enfant.
«Oui, il va y avoir des crises au début. Ça va. Il va y avoir des moments où l’enfant ne saura pas quoi faire, mais on sait que c’est dans l’ennui que la créativité apparaît», a-t-elle expliqué. «Nos tout-petits savent s’occuper, ils savent bouger, ils savent quoi faire.»
Mariane Parent souligne que dans les divers rapports, il est prouvé que les familles qui réussissent à bien gérer le temps d’écran à la maison le font parce que ce temps est planifié. «On sait quand il va arriver et combien de temps il va durer, et qu’autour de ce temps, il n’y a pas d’écran.»
Des petits qui grimpent et sautent
Le premier bulletin de l’activité physique chez les 0-4 ans de ParticipACTION indique par ailleurs que 67% des petits Canadiens respectent les recommandations pour l’activité physique. «À cet âge-là, les tout-petits sont “grouilleux”, ils ne demandent que ça de bouger, surtout entre deux et quatre ans», a souligné Mariane Parent.
Les recommandations pour l’activité physique sont de 30 minutes par jour pour les nourrissons (sur le ventre), 180 minutes par jour pour les petits âgés de 1 à 2 ans, et 180 minutes d’activités physiques par jour pour les 3 et 4 ans, dont au moins 60 minutes d’activité physique d’intensité moyenne à élevée.
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Si les milieux de garde ont pour la plupart bien intégré l’activité physique chez les tout-petits — notamment avec des périodes de jeux libres et de jeux extérieurs —, il y aurait du travail à faire sur l’accessibilité aux activités physiques dans les villes et villages, selon le rapport de ParticipACTION.
«Il y a souvent des coûts, parfois élevés, pour participer à des activités comme des cours de natation parents-bébé ou des parcours moteurs», a souligné Mariane Parent, indiquant qu’il serait souhaitable de voir un peu plus d’activités à moindre coût, gratuites et flexibles.
ParticipACTION mise également beaucoup sur le transport actif. «Il faut réfléchir à l’aménagement des communautés pour que ce soit le plus facile possible. On sait qu’un tout-petit qui aura pris l’habitude de marcher pour aller à la garderie, à la pharmacie avec ses parents ou à l’école, par exemple, c’est une habitude qui va s’ancrer dans sa vie», a mis en lumière Mme Parent.
La spécialiste du loisir, du sport et de l’activité physique fait aussi cette mise en garde aux parents concernant le fait de faire bouger leur enfant : «Il ne faut pas trop se mettre de pression!» En bas âge, un enfant va aller dans le mouvement spontanément, il va vouloir explorer», explique-t-elle, indiquant qu’un jeu dans l’armoire à plats de plastique peut très bien faire l’affaire, tout comme une sortie au parc.
Mariane Parent invite aussi les parents à être plus tolérants face aux «jeux risqués», comme laisser l’enfant grimper dans la glissade ou sauter du haut d’une grosse roche. «C’est dans le mouvement qu’on apprend. C’est en regardant et en testant un peu leurs limites que les tout-petits vont voir s’ils peuvent le faire ou non.»

