Éducation

Violence dans nos écoles: du personnel scolaire encouragé à «s’habiller en gardiens de but», déplore un syndicat

Coups, morsures, projectiles, etc.

Mis à jour le 

Publié le 

Aide d'urgence réclamée pour contrer la violence à l'école Le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon, qui a débloqué 28 millions $ pour l’itinérance, doit «en mettre tout autant» pour lutter contre la violence à l’école, estime un syndicat.

Coups, morsures, projectiles, etc. Au primaire, le personnel scolaire est désormais encouragé à se procurer du matériel de protection, comme des manchons et des jambières, en raison de la hausse de la violence à l’école, dénonce un syndicat.

«On doit s’habiller comme ça le matin pour travailler avec le petit William ou la petite Mathilde», a déploré Éric Pronovost, président de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ), en point de presse à Québec, lundi.

Pourtant, «ce n’est pas des gardiens de but qu’on a besoin au Québec!», déplore le chef syndical, qui accuse les directions d’école de tenter de «diminuer la situation».

Le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon, qui a débloqué 28 millions $ pour l’itinérance, doit «en mettre tout autant» pour lutter contre la violence à l’école, estime-t-il.

«C’est urgent au Québec», a-t-il fait valoir.

Car ce sont près de 30 000 gestes de violence qui ont été recensés en 2025-2026, selon une compilation effectuée par la FPSS-CSQ.

Ce chiffre serait en constante augmentation depuis plusieurs années.

Au secondaire, la violence serait plus «sournoise»; pensons aux violences à caractère sexuel et aux menaces proférées à l’endroit du personnel et de leurs familles, a-t-il illustré.

Ce sont les techniciennes en éducation spécialisée (TES), les éducatrices en milieu scolaire, les préposées aux élèves handicapés et les surveillantes d’élèves qui seraient les plus touchées.

Entre 2020-2021 et 2024-2025, le nombre de journées d’absences est d’ailleurs passé de 76 200 à 152 000, selon les chiffres avancés par la FPSS-CSQ, lundi.

M. Pronovost exhorte le gouvernement péquiste à s’attaquer au problème en injectant dès cet automne 28 millions $ additionnels dans les écoles.

«Moi, je pense qu’il y a de l’argent neuf à mettre dans le réseau», a-t-il déclaré. La FPSS-CSQ réclame notamment l’embauche de plus de personnel.

Elle réclame en outre: «davantage de prévention, (...) des interventions rapides, du soutien pour les victimes et les élèves, et une collecte uniforme des incidents».

Qu’en est-il du plan d’action présenté en 2023 par le gouvernement de Coalition avenir Québec? Éric Pronovost est catégorique: ça n’a servi à rien.

«Le plan se résume à des affiches sur des murs et on n’a pas engagé plus de TES, de préposés aux élèves handicapés, de surveillants d’élèves.

«C’est beau, une semaine, un plan de prévention, c’est beau de discuter de ça, mais ça n’atterrit pas depuis des années dans les milieux», a-t-il dénoncé.

M. Pronovost dit s’attendre à des gestes très concrets de la part du nouveau gouvernement.

Caroline Plante

Caroline Plante

Journaliste