MONTRÉAL — La CSQ, qui milite depuis deux ans pour que se tiennent des états généraux sur l'éducation, vient de franchir un pas déterminant, alors que le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon a explicitement donné à son nouveau ministre de l'Éducation le mandat d'en tenir «dès le début de l'année 2027».
En nommant Joël Arseneau ministre de l'Éducation, mercredi, le premier ministre lui a donné ce mandat. «Nous sommes donc rendus au point où l'école, c'est évident, doit être repensée», a affirmé M. St-Pierre Plamondon.
Le premier ministre a lui-même qualifié la tâche de «colossale», ajoutant que le nouveau ministre Arseneau devrait trouver des commissaires, suivre les échanges, en veillant à ce que le tout soit fait avec «équilibre» et, surtout, en tenant compte des élèves et des parents, pas seulement des groupes d'intérêt.
Il a énuméré plusieurs sujets d'intérêt, dont la lutte contre le décrochage, la valorisation de la formation professionnelle, la violence à l'école, la mixité sociale dans les écoles.
Plus tôt dans la journée, lors d'une conférence de presse, la CSQ était revenue à la charge avec sa revendication de tenir de tels états généraux. Cette fois, elle a obtenu des appuis à cet effet provenant des milieux universitaire, de l'enseignement, de la politique, d'autres syndicats, des personnalités de différents horizons.
Ils sont 70 signataires à appuyer une déclaration à cet effet, dont la personnalité médiatique Ricardo Larrivée, le pédiatre Jean-François Chicoine, le spécialiste des questions d'éducation Normand Baillargeon, et aussi des représentants de la Fédération des chambres de commerce du Québec, du Conseil du patronat du Québec et de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement.
La CSQ était réunie à Québec, mercredi, avec environ 350 personnes, dans le cadre de ce mouvement «En action pour l'éducation».
En entrevue, le président de la CSQ, Éric Gingras, avait justement expliqué que la centrale syndicale, dont la majorité des membres oeuvrent en éducation, ne voulait pas d'un simple week-end de réflexion. Elle voulait une réflexion qui réunit les acteurs concernés de la société et qui soit étalée sur quelques mois.
Elle tenait aussi à ce que soient dégagés des consensus, et ce, de la petite enfance à l'enseignement supérieur.
«Depuis 10 ans, notamment les huit dernières années, on a eu un gouvernement qui nous disait qu'il ne voulait pas faire de pelletage de nuages et prendre trop de temps à réfléchir. Il voulait agir; bien, il a agi. Et ça n'a rien donné, parce que c'est pire que ce que c'était. Donc là, maintenant, c'est le temps de réfléchir avant d'agir», avait lancé M. Gingras.
«Tout doit être mis sur la table», croit-il: l'école à trois vitesses, l'intelligence artificielle, les élèves qui ne mangent pas le matin, ceux qui n'ont pas de services de soutien à l'apprentissage, la prévisibilité du financement de l'éducation, etc.
Lia Lévesque, La Presse Canadienne

