Politique

Un rassemblement en faveur de l'unité canadienne après la tragédie en Alberta

Les électeurs se rendront aux urnes lundi pour décider si l’Alberta doit rester au sein du Canada ou s’il est temps d’organiser un deuxième référendum.

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Le chef du groupe «Forever Canada», Thomas Lukaszuk, donne un discours lors d'un rassemblement à Edmonton, le dimanche 18 octobre 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Timon Johnson Le chef du groupe «Forever Canada», Thomas Lukaszuk, donne un discours lors d'un rassemblement à Edmonton, le dimanche 18 octobre 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Timon Johnson)

EDMONTON — Le responsable de la principale campagne en faveur du fédéral lors du référendum en Alberta exhorte les Albertains à garder à l'esprit les avantages que leur procure l'armée canadienne, après la tragédie qui a frappé la province samedi.

Quatre militaires ont été tués et des dizaines d’autres gravement blessées à la suite d’un violent incendie survenu à la base des Forces canadiennes de Wainwright, une immense base d’entraînement militaire située à environ 200 kilomètres au sud-est d’Edmonton.

Thomas Lukaszuk, chef du groupe «Forever Canadian», a déclaré aux manifestants pro-unité rassemblés devant l'Assemblée législative que c'était une «journée difficile» pour organiser un rassemblement, mais que c'est grâce aux soldats qui s'entraînent à travers le pays que les Albertains peuvent se réunir pour manifester.

Mais, a-t-il ajouté, c’est précisément grâce aux soldats qui s’entraînent partout dans le pays que les Albertains peuvent se rassembler pour manifester.


«(Ils) nous accordent le privilège et le droit de faire exactement ce que nous faisons aujourd’hui», a-t-il déclaré.

«Alors, pendant que vous agitez vos drapeaux et que vous manifestez, gardez à l’esprit ces quatre soldats et tous les autres qui ont été blessés, car c’est grâce à eux que nous sommes (ici) aujourd’hui.»

Les participants agitaient des drapeaux canadiens attachés à des bâtons de hockey, portaient des vêtements rouges et blancs et brandissaient des pancartes dénonçant le référendum de la première ministre Danielle Smith et encourageant les Albertains à riposter.

Les électeurs se rendront aux urnes lundi pour décider si l’Alberta doit rester au sein du Canada ou s’il est temps d’organiser un deuxième référendum contraignant sur la sortie de la Confédération.

Ce rassemblement, organisé à l’initiative de l'Alberta Federation of Labour, intervient au lendemain d’un rassemblement de séparatistes devant le parlement provincial. Les manifestants y brandissaient des drapeaux bleus de l’Alberta en soutien à l’indépendance.

Dimanche, le dirigeant de la fédération, Gil McGowan, a invité la foule à observer une minute de silence en hommage aux premiers intervenants ainsi qu’aux personnes tuées ou blessées à Wainwright.

«Nos compatriotes canadiens ne se sont pas attardés à s’inquiéter du référendum ou du débat séparatiste. Ils savaient simplement que d’autres Canadiens avaient besoin d’aide, et ils ont répondu à l’appel», a-t-il soutenu.

«C’est pourquoi nous sommes plus forts ensemble, au sein d’une seule fédération canadienne», a-t-il affirmé sous les acclamations et les applaudissements.

Il était accompagné de dirigeants autochtones et des responsables des syndicats représentant les travailleurs de toute la province.

Sandra Azocar, présidente de l’Union des employés provinciaux de l’Alberta, a affirmé que l’impact de cette tragédie s’étendait bien au-delà de Wainwright.

«Cela touche l’ensemble de notre province et de notre pays. Nous sommes aux côtés de tous les Canadiens aujourd’hui», a-t-elle déclaré.

Heather Smith, présidente de l’Union des infirmières et infirmiers de l’Alberta, a remercié les professionnels de santé pour leur travail et leur compassion.

«Cela nous montre à tous pourquoi il est important d’être unis».

La première ministre Smith a déclaré qu’elle souhaitait que l’Alberta reste au sein du Canada, mais que ce scrutin était nécessaire pour clore définitivement le débat sur l’indépendance.

Lors d’une conférence de presse consacrée dimanche à l’incendie survenu à la BFC Wainwright, Mme Smith a déclaré que la province avait une longue et fière tradition de soutien aux Forces armées canadiennes et qu’elle était honorée d’apporter son aide, notamment en prodiguant des soins aux soldats blessés.

«Je pense que c’est pour cela que l’on observe une telle réaction, non seulement parmi les Albertains, mais aussi dans tout le pays et à travers le monde».

Les bureaux de vote de toute la province seront ouverts lundi de 9 h à 20 h.

Les premiers résultats concernant la question de l’indépendance devraient commencer à tomber aux petites heures de mardi matin.

Les chiffres préliminaires laissent entrevoir que le décompte final pourrait battre un record.

Elections Alberta a indiqué dimanche que plus de 1,3 million de résidents avaient déjà voté par anticipation ou par correspondance, sur un total d’environ 3,1 millions d’électeurs admissibles.

Plusieurs questions

Outre la 10e question sur la séparation, Mme Smith a inscrit neuf autres questions sur le bulletin de référendum.

Ces neuf questions portent sur la nécessité pour son gouvernement de renforcer son contrôle et d’imposer de nouvelles règles en matière d’immigration, ainsi que de mener des réformes constitutionnelles visant à retirer des pouvoirs à Ottawa.

Mme Smith a soutenu qu’elle avait besoin de ce mandat pour disposer d’un levier de négociation afin d’obtenir de meilleures conditions auprès d’Ottawa.

Les campagnes électorales se sont intensifiées dans toute la province en début de semaine, avec des appels de dernière minute pour inciter les habitants à se rendre aux urnes.

Le premier ministre Mark Carney a rencontré des habitants pendant deux jours à Edmonton, Red Deer et Calgary, posant pour des photos, serrant des mains et diffusant le message en faveur du maintien de l’unité du pays.

À Calgary, il a exhorté les Albertains à dire «non aux neuf».

Lors de discours prononcés à Edmonton et à Calgary, il a également fait valoir qu’un vote contre le Canada revenait à «un bluff dangereux», et a mis en avant le projet de son gouvernement visant à accélérer la construction d’un oléoduc reliant l’Alberta à la côte de la Colombie-Britannique comme preuve que le fédéralisme coopératif peut encore fonctionner.

Le chef de l’opposition conservatrice, Pierre Poilievre, s’est également exprimé à plusieurs reprises ces derniers jours en faveur d’un Canada uni.

Lisa Johnson, La Presse Canadienne

Lisa Johnson

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Journaliste