Richard La Ferrière n’hésite pas à révéler comment il a voté lors du référendum en Alberta.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
Bien que le jour du référendum ne soit prévu que lundi, M. La Ferrière a déjà voté, en exerçant son droit de vote par anticipation avant de partir en voyage en famille à Ottawa.
CTV News l’a rencontré alors qu’il se promenait sur les terrains de la Colline du Parlement avec sa famille.
Ignorant au départ qu’il venait de l’Alberta, nous avons demandé à M. La Ferrière ce qu’il pensait du référendum. Il ne lui a pas fallu longtemps pour révéler comment il avait voté sur la question 10, qui porte sur le maintien au sein du Canada ou le lancement d’un processus juridique visant à envisager la séparation.
Il a affirmé avoir choisi l’option 2, qui engagerait l’Alberta sur la voie d’un référendum contraignant sur la séparation d’avec le Canada.
«Ce n’est pas parce que je souhaite la séparation», a-t-il soutenu, «mais je veux m’assurer qu’Ottawa écoute au moins l’Ouest.»
L’homme a expliqué qu’il avait d’abord eu du mal à prendre cette décision, car il était «né Canadien».
Mais il a ajouté qu’il devait également être honnête avec lui-même, et qu’il avait finalement conclu que le statu quo ne fonctionnait pas pour l’Alberta.
«L’Ouest n’est absolument pas représenté (à Ottawa)», a estimé M. La Ferrière.
Il a cité l’exemple du Sénat, où le Canada atlantique dispose de 30 sièges, contre six pour l’Alberta.
«Il faut changer cela, car l’Alberta compte cinq millions d’habitants, tandis que les Maritimes en comptent, quoi, 2,5 (millions). Ce n’est tout simplement pas juste, n’est-ce pas? Et puis, la péréquation, vous savez, c’est un autre problème.»
Son épouse, Melody La Ferrière, a fait écho à ces préoccupations, affirmant qu’elle craignait que les griefs des Albertains ne soient ignorés par les gens d’autres régions du pays et par les médias.
«Ce ne sont pas des ploucs là-bas», a-t-elle déclaré.
«Ce sont des Canadiens qui travaillent fort chaque jour pour réaliser le rêve canadien.»
— Melody La Ferrière
Pour les Albertains qui choisiront l’option 2 sur le bulletin de vote du référendum, a-t-elle ajouté, elle espère que ce vote enverra un message.
«J’espère simplement qu’ils feront un peu de bruit, et peut-être que le respect à leur égard sera différent.»
Barbara Nadon est une autre visiteuse que nous avons rencontrée sur la Colline du Parlement.
En voyage entre filles dans la capitale nationale, Mme Nadon, qui vit à Langley, en Colombie-Britannique, a expliqué avoir passé 12 ans en Alberta et comprendre la frustration ressentie par certaines personnes dans cette province.
Mais elle espère que les Albertains choisiront de rester au Canada lorsqu’ils voteront lundi.
«Je ne pense pas que toutes les personnes qui souhaitent se séparer aient pris en considération toutes les répercussions que cela aurait — la monnaie, les services policiers, les hôpitaux, tout», a-t-elle affirmé. «Je pense donc qu’il y a plus d’avantages à rester au sein du Canada et à travailler ensemble pour trouver une solution.»
Cindy Lytle, une amie de Mme Nadon qui vit à Saskatoon, partage cet avis.
«Je pense qu’il y a beaucoup d’avantages à rester au Canada», a-t-elle dit.
Si les sondages se révèlent exacts et que les électeurs se mobilisent, le camp fédéraliste a de fortes chances de l’emporter sur la question 10.
Mais les Albertains se prononceront également sur neuf autres questions référendaires.
Les questions 6, 7, 8 et 9 portent toutes sur des enjeux constitutionnels touchant le Sénat, les tribunaux, les programmes sociaux fédéraux et les compétences provinciales.
Aucune de ces questions n’aboutira à des décisions exécutoires.
Mais cela pourrait relancer le débat sur la Constitution canadienne et, une fois de plus, soulever des questions quant à la place de l’Alberta au sein de la Confédération.
M. La Ferrière prévient que si la situation ne change pas, le référendum de lundi pourrait ne marquer que le début de la campagne en faveur de la séparation de l’Alberta.
«C’était devenu un murmure en Alberta au cours des dix dernières années», a-t-il indiqué. «Aujourd’hui, c’est un sujet de discussion. Cela deviendra un cri de ralliement si nous ne changeons pas.»
