Couronné sans adversaire à la tête du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard a hâte d’essayer de redresser sa formation politique en planchant sur ses cinq priorités : l’économie, les services publics, les régions, le logement et la culture. Mais d’abord, il doit retirer la première épine dans son pied… Le dossier Marwah Rizqy.
Le scandale entourant la députée libérale suspendue traîne le parti vers le bas, alors que le PLQ était déjà enlisé dans des difficultés bien avant cette controverse qui a mené à la démission du chef Pablo Rodriguez.
M. Milliard doit maintenant consulter ses membres avant de prendre une décision quant à une éventuelle réintégration de Mme Rizqy. Il est permis de croire que cette décision sera prise dans les prochains jours, à entendre le nouveau chef du PLQ.
«Ma décision n’est pas prise, n’est pas finale pour le moment, mais je compte sur les prochains jours pour me fixer», a indiqué M. Milliard au chef d’antenne Michel Bherer en entrevue au bulletin des Débatteurs du 22 heures sur les ondes de Noovo Info.
«Je sais que c’est quelque chose qu’on va traiter de première instance.»
— Charles Milliard, chef du PLQ, au sujet du statut de Marwah Rizqy
Car «c’est bien beau d’avoir un chef» accueilli en héros dimanche lors d’un rassemblement de 600 membres du caucus libéral dimanche à Trois-Rivières, «mais encore faut-il avoir une équipe», a commenté M. Milliard.
L’ancien président-directeur général du PLQ veut donc statuer sur le cas Rizqy et semble avoir déjà d’autres candidats en tête pour «bâtir» cette équipe dont il a la vision; il va «recruter beaucoup de candidats».
«Il y aura des annonces rapidement aussi à ce niveau-là, les gens vont être agréablement surpris», prévient M. Milliard.
Difficile de toute façon d’avoir moins agréable que ce qu’a vécu le Parti libéral du Québec dans les derniers mois.
Les détails de la crise au PLQ
La crise au PLQ a éclaté le 17 novembre dernier, avec le congédiement de la directrice de cabinet Geneviève Hinse par Mme Rizqy, qui n’avait pas consulté M. Rodriguez au préalable.
Mme Rizqy imputait à Mme Hinse une «faute grave»; le dossier est judiciarisé.

Aujourd’hui, Mme Hinse réfute toujours les affirmations de Marwah Rizqy voulant qu’elle a essayé de contourner les règles pour «qu’un membre du personnel payé par l’Assemblée nationale se consacre à un travail partisan en lieu et place de ses fonctions».
Elle la poursuit aujourd’hui à la hauteur de 500 000 $ pour congédiement «sans fondement».
Entretemps, Cogeco Média avance que la députée libérale Sona Lakhoyan Olivier et l’élue caquiste Alice Abou-Khalil sont derrière des échanges de textos parlant de paiements en échange de votes.
Quelques jours plus tard, on apprend que Fayçal El-Khoury est surveillé par le directeur général des élections en raison de son rôle de solliciteur de dons dans le cadre de la course à la chefferie de Pablo Rodriguez, ce que le principal intéressé nie.
Le 2 décembre, nouvelle révélation: un militant libéral cherchait des prête-noms en échange de 500$ pour la course à la chefferie de Pablo Rodriguez. La même journée, Pablo Rodriguez expulse Marwah Rizqy du caucus.
Le 4 décembre, Pablo Rodriguez montre la porte à Sona Lakhoyan Olivier, le temps d’une enquête de la commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale.
Le 10 décembre, l’UPAC ouvre une enquête criminelle pour faire toute la lumière sur la situation au PLQ.
Aux médias, l’Unité dit être «en validation d’informations concernant des allégations d’actes répréhensibles visant le Parti libéral du Québec».
Le 17 décembre, Pablo Rodriguez démissionne de ses fonctions de chef du PLQ. Un jour auparavant, le Journal de Montréal avait publié des informations selon lesquelles, des enveloppes contenant 500$ en argent comptant auraient été remises à des donateurs afin de rembourser leurs dons. Selon le quotidien, des enveloppes auraient été remises à une vingtaine de personnes.
