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Crise au PLQ: l’UPAC déclenche une enquête criminelle

L’Unité permanente anticorruption passe de la parole aux actes.

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Le chef du PLQ Pablo Rodriguez lors d'une allocution à l'Assemblée nationale en décembre 2025.
Le chef du PLQ Pablo Rodriguez lors d'une allocution à l'Assemblée nationale en décembre 2025. Le chef du PLQ Pablo Rodriguez lors d'une allocution à l'Assemblée nationale en décembre 2025. (Assemblée nationale)

Rien ne va plus au Parti libéral du Québec (PLQ): l’Unité permanente anticorruption (UPAC) a annoncé mercredi ouvrir une enquête criminelle sur la formation politique.

«Nous confirmons que nos validations sont terminées et que nous ouvrons officiellement une enquête. Nous n’émettrons aucun autre commentaire afin de protéger nos actions le plus possible et de respecter les droits des personnes impliquées», a fait savoir le porte-parole de l’UPAC, Mathieu Galarneau.

Sur les réseaux sociaux, Pablo Rodriguez a indiqué qu’il était «le premier» à vouloir «aller au bout des choses».

«Si quelqu’un a commis un geste illégal, la vérité doit sortir et comme chef je vais agir sans hésiter.»

—  Pablo Rodriguez, chef du PLQ

Le 26 novembre dernier, l’UPAC disait envisager déclencher une enquête et vouloir valider des informations concernant les allégations pesant sur le PLQ.

Cette annonce survenait à la suite des propos du chef libéral Pablo Rodriguez, qui confirmait que le député libéral fédéral Fayçal El-Khoury avait sollicité des dons pour sa chefferie.

Or, M. El-Khoury nie avoir quelconque rapport avec la course.

«Il avait un certificat de sollicitations, ce qui est public d’ailleurs. Ça veut dire qu’il ramassait des sous comme beaucoup de monde», a indiqué Pablo Rodriguez à la fin novembre en point de presse à l’Assemblée nationale.

La Presse rapportait également qu’une discussion entre Fayçal El-Khoury et la députée libérale Marwah Rizqy le 14 novembre dernier retient l’attention d’Élections Québec en raison d’un lien possible avec la chefferie de Pablo Rodriguez.

«Je souhaite ardemment que l’UPAC fasse toute la lumière sur cette affaire et, s’il y a lieu, dépose les accusations qui s’imposent. Je rappelle que j’ai demandé qu’une enquête indépendante aille au fond des choses. Et je m’engage à rendre public son rapport», écrivait alors Pablo Rodriguez à ce sujet sur le réseau social X.

La crise se poursuit

Le PLQ est en crise depuis que Marwah Rizqy a renvoyé sa directrice de cabinet Geneviève Hinse, une proche de Pablo Rodriguez, sans lui en parler préalablement. Son congédiement a eu lieu le 17 novembre, soit trois jours après la conversation entre Fayçal El-Khoury et Mme Rizqy.

Le chef libéral a ensuite démis Marwah Rizqy de ses fonctions de cheffe parlementaire et l’a suspendue du caucus, évoquant un «bris de confiance».

L’avocat de Geneviève Hinse avait sommé Marwah Rizqy d’admettre publiquement dans les 24 heures l’absence de motif au congédiement de sa cliente.

La députée de Saint-Laurent a plutôt envoyé une lettre à Mme Hinse affirmant qu’elle a été renvoyée «en raison d’importants manquements en matière d’éthique» et pour des «actes répétés d’insubordination».

Dans la foulée du scandale, Mme Rizqy a écrit sur Facebook qu’elle ne pouvait pas commenter publiquement, car il s’agissait d’un dossier de ressources humaines.

La députée affirme aussi être «plus que consciente» que cette situation a placé sa «famille politique dans une situation délicate».

Mme Rizqy a fini par être expulsée du caucus libéral le 2 décembre dernier.

Textos troublants

À cette histoire s’ajoute un article du «Journal de Montréal» publié en novembre qui révélait des textos suggérant que des membres qui appuyaient Pablo Rodriguez lors de la course auraient eu des récompenses en argent. Les personnes à l’origine de ces textos ne sont pas nommées dans l’article.

Le chef libéral a d’ailleurs annoncé que sa formation politique allait mettre en demeure le «Journal de Montréal» en raison de ce texte.

Pablo Rodriguez a dit vouloir connaître le nom des personnes impliquées et les numéros de téléphone associés aux textos. Il veut également que le média explique comment il a vérifié «l’authenticité et la véracité» de ces messages.

«Pratiques illégales»

Les autres partis politiques à l’Assemblée nationale n’ont pas tardé à sauter dans la mêlée.

«Ce qu’on constate, encore une fois, avec le Parti libéral du Québec, c’est que c’est le même vieux Parti libéral qui n’a pas changé. Les mêmes pratiques illégales, les mêmes pratiques questionnables sur le plan éthique», avait lancé le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette.

«Ce que je crains là-dedans, c’est: est-ce que ce fling flang-là dont parle Marwah Rizqy pour Ottawa, est rendu à Québec?» a dit le député péquiste Alex Boissonneault.

«M. Rodriguez, il a l’obligation de faire la lumière sur cette histoire-là, de s’expliquer, puis de tenter de regagner la confiance des Québécois et Québécoises qui s’effrite», avait affirmé le solidaire Guillaume Cliche-Rivard.