Marwah Rizqy n’a pas réussi à faire annuler la poursuite intentée contre elle par son ex-cheffe de cabinet Geneviève Hinse. La Cour supérieure du Québec a rejeté sa demande.
Dans une décision publiée mardi, le juge Lukasz Granosik a déterminé que l’ancienne députée libérale ne bénéficiait pas de l’immunité parlementaire pour l’ensemble des circonstances entourant le congédiement de Mme Hinse, survenu en novembre 2025.
C’est précisément la manière dont ce congédiement a été effectué qui se trouve au cœur du recours.
Mme Hinse reproche à Marwah Rizqy, qui lui avait montré la porte sans consulter Pablo Rodriguez, alors chef du Parti libéral du Québec (PLQ), d’avoir porté atteinte à son honneur, à sa dignité, à sa réputation et à son intégrité en invoquant une «faute grave» et de «l’insubordination». Elle réclame 500 000 $ en dommages moraux et punitifs.
Pour tenter de faire rejeter l’action, Mme Rizqy soutenait qu’elle bénéficiait du privilège parlementaire lui permettant de décider du congédiement de sa cheffe de cabinet et que les tribunaux n’avaient donc pas compétence pour se prononcer sur cette décision.
Le juge Granosik conclut toutefois que le privilège parlementaire ne couvre pas «tous les aspects de la gestion» d’un employé simplement parce que celui-ci travaille à l’Assemblée nationale.
Le privilège parlementaire «ne devrait pas, par exemple, permettre d’humilier, de discriminer ou de diffamer en toute immunité et sans conséquences» un employé au moment de son congédiement, écrit le juge.
La poursuite de Geneviève Hinse pourra donc suivre son cours et la manière dont son congédiement a été effectué pourra être examinée par le tribunal.
Une crise qui a secoué le PLQ
L’affaire Hinse-Rizqy a été l’élément déclencheur d’une crise qui a secoué le Parti libéral du Québec à partir de la fin de 2025.
Marwah Rizqy avait été exclue du caucus libéral par Pablo Rodriguez après avoir congédié sa cheffe de cabinet.
Elle imputait alors à Mme Hinse une «faute grave», soit d’avoir tenté de contourner les règles afin «qu’un membre du personnel payé par l’Assemblée nationale se consacre à un travail partisan en lieu et place de ses fonctions».
L’ex-cheffe de cabinet réfute ces allégations et soutient plutôt avoir été congédiée «sans fondement», d’où sa poursuite d’un demi-million de dollars.
La crise s’est ensuite amplifiée au PLQ.
Le 17 décembre, Pablo Rodriguez a démissionné de ses fonctions de chef du parti. La veille, Le Journal de Montréal avait rapporté que des enveloppes contenant 500 $ en argent comptant auraient été remises à des donateurs afin de rembourser leurs contributions politiques. Selon le quotidien, une vingtaine de personnes auraient reçu de telles enveloppes.
Pablo Rodriguez a depuis été remplacé à la tête du PLQ par Charles Milliard, qui tentera de ramener les libéraux au pouvoir lors du scrutin du 5 octobre.
Le nouveau chef n’a pas réintégré Marwah Rizqy au caucus, justifiant sa décision par «l’ensemble des procédures en cours».
Une enquête de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) n’a jusqu’ici permis de trouver aucune preuve d’activité criminelle relativement aux controverses qui ont éclaboussé le PLQ.
Rizqy quitte la politique
Le déclenchement de la campagne électorale en vue du scrutin provincial du 5 octobre a marqué la fin du mandat de Marwah Rizqy comme députée de Saint-Laurent.
À compter du 6 octobre, l’ex-élue libérale coanimera avec Rémi Villemure une émission d’affaires publiques sur les ondes de QUB, du lundi au vendredi, de 13h à 15h.
Marwah Rizqy avait annoncé dès 2024 qu’elle quitterait la politique active à la fin de son mandat et qu’elle ne solliciterait pas un nouveau mandat aux élections de 2026.
Avec de l’information de La Presse canadienne

