Travail

«Mauvaise foi et fausse déclaration»: le syndicat des ingénieurs poursuit le gouvernement du Québec

On accuse Québec d’avoir contourné les négociateurs syndicaux.

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EXCLUSIF | Grève des ingénieurs: les négociations sont rompues entre Québec et le syndicat Ça va mal dans les négociations impliquant Québec et ses 2000 ingénieurs en grève depuis 10 jours. Les pourparlers ont été interrompus.

L’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) en a assez et se tourne vers les tribunaux. Le syndicat représentant environ 2000 ingénieurs poursuit le gouvernement du Québec, alors qu’une grève persiste depuis une dizaine de jours et que les négociations n’avancent pas depuis une semaine.

Dans la requête déposée vendredi au Tribunal administratif du travail (TAT) à la suite de la sortie d’un reportage exclusif de Noovo Info sur les démêlés entre Québec et ses ingénieurs, l’APIGQ soutient que le gouvernement, par l’entremise du Conseil du trésor et du cabinet de sa présidente France-Élaine Duranceau, a entravé les activités syndicales et a négocié de mauvaise foi, et ce, malgré une décision récente du TAT qui lui interdisait précisément ce type de comportement.

L’APIGQ reproche notamment à Québec d’avoir cherché à miner la crédibilité du syndicat en laissant croire aux ingénieurs qu’elle faisait preuve de laxisme dans les négociations et d’avoir contourné le syndicat en s’adressant publiquement aux ingénieurs au sujet des négociations, ce qui lui avait été interdit par le TAT le 14 juillet dernier.

La poursuite allègue que le gouvernement du Québec a également fait une «fausse» déclaration publique. Interrogé par Noovo Info, le cabinet de la ministre France-Élaine Duranceau avait contredit la version du syndicat et disait attendre une réponse à sa dernière offre.

«Depuis le début de la négociation, le gouvernement a fait plusieurs offres sérieuses qui s’inscrivent dans une volonté de reconnaître concrètement le travail des ingénieurs», avait déclaré le cabinet de la ministre.

Or, le syndicat réplique que «cette offre avait déjà été refusée et qu’une contre-proposition syndicale avait été déposée le 16 juillet avant d’être rejetée par le gouvernement».

L’APIGQ demande donc au tribunal de forcer le gouvernement et le cabinet de la présidente du Conseil du trésor à publier une rétractation afin de reconnaître que la déclaration précédente est inexacte.

On demande également de déclarer que le gouvernement a entravé les activités syndicales en violation du Code du travail et de lui ordonner de négocier de bonne foi le renouvellement de la convention collective et de cesser toute ingérence dans les activités syndicales.

Ce n’est pas tout: l’Association souhaite que le gouvernement rembourse les frais et honoraires professionnels engagés par l’Association pour ce recours et de lui verser des dommages punitifs, moraux matériels et autres.

Une grève avec un lot de conséquences

Le syndicat affirme qu’une trop longue grève générale illimitée entraînera de lourdes conséquences à l’échelle provinciale alors que plusieurs cargaisons au port de Montréal sont en attente d’approbation d’ingénieurs avant d’être transportées. Et, selon le syndicat, le gouvernement a tout simplement quitté la table des négociations et n’y est toujours pas retourné.

La convention collective des ingénieurs du gouvernement est tombée à échéance le 31 mars 2023, soit en même temps que celles des autres employés des secteurs public et parapublic.

Le litige porte principalement sur l’octroi d’une «enveloppe sectorielle», dotée d’un montant qui permettrait d’accorder plus que les 17,4 % d’augmentations salariales sur cinq ans qu’ont obtenues l’ensemble des employés de l’État.

Avec la collaboration de Véronique Dubé et de Noah Abel pour Noovo Info.