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EXCLUSIF | Les négociations sont rompues entre Québec et le syndicat des ingénieurs

«Attendez encore quelques semaines et vous allez comprendre dans quelle crise on va se trouver.»

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EXCLUSIF | Grève des ingénieurs: les négociations sont rompues entre Québec et le syndicat Ça va mal dans les négociations impliquant Québec et ses 2000 ingénieurs en grève depuis 10 jours. Les pourparlers ont été interrompus.

Rien ne va plus dans les négociations impliquant le gouvernement et ses quelque 2000 ingénieurs, qui sont en grève depuis une dizaine de jours. Les pourparlers sont interrompus depuis une semaine et selon le syndicat, c’est le gouvernement qui a quitté la table.

La grève des ingénieurs affecte déjà 127 chantiers de construction au Québec et même si la plupart ont été mis sur pause pour les vacances de la construction, le retour au travail risque d’être grandement affecté.

L’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) prévient d’ailleurs que si la grève illimitée se poursuit encore quelques semaines, une importante crise est à prévoir dans plus d’une vingtaine de ministères.

«Il n’y a pas juste des chantiers routiers qui roulent l’été», souligne le président de l’APIGQ, Marc-André Martin.

«Que ce soit au ministère de l’Environnement, ministère de l’Énergie, Ressources naturelles, ministère des Transports, ministère des Affaires municipales... Les impacts seront majeurs», dit-il.

La grève affecte également les entreprises, alors que plusieurs cargaisons au port de Montréal sont en attente d’approbation d’ingénieurs avant d’être transporté.

«La cargaison n’a pas bougé depuis presque 10 jours. Elle accumule des frais de stockages. On est incapable d’accomplir ce que notre client nous demande», mentionne un propriétaire d’équipements coincés au port.

M. Martin soutient que Québec n’a pas voulu négocier dans son approche pour un compromis.

«Le gouvernement a tout simplement quitté la table. Ils ont rompu les négociations. Ils disent qu’on a un fossé infranchissable qui nous sépare, entre nos demandes et leur offre», explique le président de l’APIGQ.

Rappelons que la convention collective des ingénieurs du gouvernement est tombée à échéance le 31 mars 2023, soit en même temps que celles des autres employés des secteurs public et parapublic.

Le litige porte principalement sur l’octroi d’une «enveloppe sectorielle», dotée d’un montant qui permettrait d’accorder plus que les 17,4 % d’augmentations salariales sur cinq ans qu’ont obtenues l’ensemble des employés de l’État.

«Nous, on est capable de trouver un règlement assez rapidement si le gouvernement faisait l’effort de nous offrir le même type d’enveloppe», soutient M. Martin.

Il indique que France-Élaine Duranceau, présidente du Conseil du trésor, se «cache» derrière ses fonctionnaires depuis le début des négociations.

«On trouve que l’autre côté fait preuve d’arrogance et de mépris envers les ingénieurs, envers notre association», dénonce-t-il.

Il avance que le gouvernement de la CAQ négocie seulement lorsqu’une crise fait rage et s’attend à ce que les négociations reprennent rapidement puisque la crise sera inévitable.

«Attendez encore quelques semaines et vous allez comprendre dans quelle crise on va se trouver», souligne M. Martin.

Noovo Info a sollicité une entrevue avec la ministre Duranceau, qui a répondu commenter «seulement lorsque c’est nécessaire».

Par écrit, le cabinet de la ministre Duranceau a contredit la version du syndicat et assure attendre une réponse à sa dernière offre.

«Depuis le début de la négociation, le gouvernement a fait plusieurs offres sérieuses qui s’inscrivent dans une volonté de reconnaître concrètement le travail des ingénieurs», indique-t-on.

Avec des informations de La Presse canadienne