Politique

Avenir politique, médecins, immigration: François Legault en entrevue avec Noovo Info

Le premier ministre répond à nos questions.

Mis à jour le 

Publié le 

Avenir politique, médecins, immigration: François Legault en entrevue avec Noovo Info Le premier ministre répond à nos questions.

D’entrée de jeu, M. Legault reconnaît que 2025 aura été une «grosse année». L’un des facteurs qui ont contribué à alourdir les derniers mois à l’Assemblée nationale a été les négociations houleuses avec les médecins dans la foulée de l’adoption de la loi 2, qui pourraient bien avoir laissé des traces.

Négociations avec les médecins

Alors que la législation sur la rémunération des médecins devait au départ comprendre des cibles de performances, des pénalités et des codes de couleur, le gouvernement a fini par faire marche arrière pour conclure une entente de principe avec les médecins omnipraticiens.

«Depuis 25 ans, on veut changer le mode de rémunération. Là, on a réussi enfin à le changer. Évidemment, au début, il y avait encore plus d’exigences et moins d’argent sur la table. Là, on a quand même respecté notre enveloppe et on a mis de l’argent sur la table», a voulu faire valoir M. Legault.

«Une journée historique»: entente de principe conclue entre la FMOQ et Québec Entrevue avec le Dr Frédéric Picotte, médecin de famille à Shawinigan, sur l’entente de principe conclue entre la FMOQ et Québec.

Pour ce faire, Québec a notamment dû reculer sur son objectif de départ, qui consistait à s’assurer que 1,2 millions de Québécois aient prochainement accès à un médecin. La cible a depuis été abaissée à 500 000, une visée qui demeure «énorme», d’après le premier ministre.

À savoir si une entente était imminente avec les médecins spécialistes, François Legault a tenu à demeurer prudent.

«On est en négociations. On est plus rendus dans l’argent, on s’est pas mal entendus sur les cibles. Ils nous demandent plus d’argent qu’on est prêts à en mettre», a-t-il indiqué.

Restera ou partira, Christian Dubé?

L’un des hommes forts du gouvernement Legault, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a déjà annoncé qu’il ne se représenterait pas au terme de son mandat.

Questionné à savoir s’il y avait des chances que M. Dubé devance son départ, François Legault s’est limité à dire qu’il «souhaitait qu’il reste».

«Je pense qu’il va me donner une réponse quand il va revenir du temps des Fêtes. Mais ça [les négociations avec les médecins] a été épuisant pour lui. C’est un travaillant Christian, c’était sept jours sur sept.»

—  François Legault, premier ministre du Québec

Mésentente avec Ottawa

L’un des principaux points de friction de François Legault avec le palier fédéral est depuis un certain moment le sujet de l’immigration, lui qui voudrait avoir davantage de pouvoir en la matière.

Le premier ministre déplore notamment le nombre d’immigrants temporaires à Montréal, qui a augmenté de 200 000 depuis deux ans et qui menace, selon lui, l’état de la langue française dans la métropole.

Le sujet a notamment mené à un conflit avec le ministre responsable des Langues officielles et de l’Identité et de la Culture canadiennes à Ottawa, Marc Miller, lors de la nomination de celui-ci, le 1er décembre dernier.

«Quand on regarde le français à la maison, on est passé de 48 % à 43 % seulement de francophones à Montréal», a-t-il mentionné.

Fin du PEQ

Le premier ministre a donc décidé d’agir en abaissant à 45 000 la cible d’immigrants permanents pour les quatre prochaines années et en durcissant les exigences en français. Il a également décidé de mettre fin au Programme de l’expérience québécoise (PEQ), ce qui a mené à une levée de boucliers chez plusieurs Québécois d’adoption menacés de devoir repartir vers leurs pays d’origine.

Questionné à ce sujet, M. Legault a voulu se montrer rassurant.

«Les gens qui avaient déjà déposé leur dossier au PEQ, il n’y a rien de changé. Ceux qui n’avaient pas encore déposé au PEQ, il y a un nouveau programme, qui s’appelle le PSTQ. En pratique, s’ils n’habitent pas Montréal, ils sont pas mal sûrs d’être acceptés. S’ils habitent Montréal, il faut qu’il y ait un certain niveau de français.»

Ascension du PQ, dégringolade de la CAQ

Pendant que le Parti québécois (PQ) a le vent dans les voiles et trône au sommet des intentions de vote d’après les derniers sondages, on assiste à la situation inverse avec la Coalition avenir Québec (CAQ), qui perd des plumes à vitesse grand V. D’après les derniers coups de sonde, le parti de François Legault n’obtiendrait tout simplement aucun siège lors d’éventuelles élections.

Le premier ministre ne se formalise pas pour autant de ces résultats.

«J’ai assez d’expérience en politique pour savoir qu’entre les campagnes électorales, les gens évaluent le gouvernement […] Quand il arrive une campagne électorale, ils n’évaluent pas seulement le parti au pouvoir. Ils vont se demander s’ils veulent vraiment un référendum avec Paul St-Pierre Plamondon, s’ils veulent vraiment un Parti libéral…», a-t-il relativisé.

M. Legault ne considère donc pas de passer le flambeau dans un avenir rapproché.

Voyez l’entrevue intégrale dans la vidéo.