La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) et le gouvernement Legault sont arrivés à une entente de principe.
Québec suspend donc l’application de la loi 2 – qui devait entrer en vigueur dès le 1er janvier prochain – afin de lui apporter des changements dès le retour en chambre en février.
Un projet de loi doit être déposé en ce sens et reportera l’application de loi au 28 février 2026, confirme le gouvernement du Québec jeudi dans un communiqué.
« Nous l’avons dit, il fallait revoir le mode de rémunération des médecins et améliorer l’accès aux soins pour tous les Québécois. Nous ne commenterons pas plus les détails pour l’instant», a commenté Christian Dubé, ministre de la Santé.

«Nous avons toujours eu pour objectif d’améliorer la prise en charge des Québécois. Je remercie l’équipe de la FMOQ, dont le Dr Amyot, qui a accepté de s’assoir avec nous pour trouver une voie de passage», a pour sa part réagi François Legault, premier ministre du Québec.
Plus tôt cette semaine, M. Legault a ouvert la porte à donner des avantages financiers aux médecins en échange d’une plus grande prise en charge des patients pour faire débloquer les négociations.
Lors d’une courte mêlée de presse, jeudi matin, la présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, n’a pas voulu confirmer si de tels avantages avaient été inclus dans l’entente de principe.
Elle n’a pas non plus voulu dire si une partie de la rémunération des médecins sera liée à des indicateurs de performance.
Un accueil «favorable»
La FMOQ précise de son côté, dans une déclaration publique, qu’elle accueille «favorablement» cette entente de principe, «qui constitue une étape importante dans le contexte actuel».
La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) salue par ailleurs l’engagement personnel du premier ministre François Legault dans le dossier «afin de freiner le désengagement et les départs de médecins de famille québécois et d’accroître l’accès des Québécois à la médecine de famille».

La FMOQ ne commentera pas davantage l’entente de principe avant que celle-ci soit présentée aux médecins de famille du Québec.
«Des webinaires d’information destinés aux membres auront lieu ce vendredi. À la suite de ces présentations, l’entente de principe sera soumise au vote des membres afin d’obtenir un résultat dans les plus brefs délais», précise la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec.
«La FMOQ tient à remercier les Québécois pour leur patience et leur confiance au cours des dernières semaines. Nous sommes conscients que le moral des médecins de famille – comme celui de plusieurs de leurs patients – a été mis à rude épreuve», conclut la FMOQ.
Négociations difficiles
Les négociations entre Québec et ses médecins ont été particulièrement difficiles au cours de la dernière année alors que des mésententes importantes ont fait en sorte que les ponts entre les deux parties ont été coupés plusieurs fois.
Un blitz de négociations a toutefois au lieu dans la dernière semaine afin de dénouer l’impasse.
La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec dénonce depuis le départ les dispositions de la loi 2, qui a fait couler beaucoup d’encre depuis son adoption sous bâillon le 25 octobre dernier.
La FMOQ avait même déposé une demande de sursis et un pourvoi de contrôle judiciaire devant les tribunaux.
Une démarche similaire avait aussi été menée par la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) et la Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ).
La loi 2 a poussé plusieurs médecins à quitter le Québec alors que d’autres ont précipité leur retraite. Plusieurs médecins ont aussi alerté le gouvernement du Québec dans les derniers mois puisqu’ils craignaient de devoir fermer leur clinique en raison de la loi 2.
Devant la grogne des médecins, Québec a reculé au cours des derniers mois sur certaines dispositions de la loi 2, notamment celles touchant l’application des mesures de surveillance des médecins et celles visant certaines primes, dont les primes au Groupe de médecins de famille (GMF).
Avec des informations de La Presse canadienne

