Justice

L'avocat de Lindsay Clancy demande au juge d'enquêter sur le seul juré dissident

Dans une requête déposée vendredi, l’avocat a demandé au tribunal d’interroger le juré au sujet de son utilisation présumée d’un téléphone portable pendant les délibérations.

Publié le 

Lindsay Clancy: pourquoi le procès a-t-il été annulé? Voyez les explications de la juge à la retraite Nicole Gibeault.

L’avocat de Lindsay Clancy demande à un juge d’enquêter sur le comportement du seul juré qui souhaitait condamner cette mère du Massachusetts pour le meurtre de ses trois jeunes enfants.

Dans une requête déposée vendredi, mais rendue publique lundi, l’avocat de Mme Clancy a demandé au tribunal d’interroger le juré Michael Desronvil au sujet de son utilisation présumée d’un téléphone portable pendant les délibérations, de la véracité des réponses qu’il a fournies dans un questionnaire rempli par les jurés potentiels avant le début du procès, ainsi que de la véracité de ses réponses lorsqu’il a été interrogé par le juge la veille de la fin du procès.

L’avocat Kevin Reddington a notamment demandé au tribunal d’obtenir le relevé de tous les appels ou textos effectués par M. Desronvil entre 8 h et 16 h 30 chaque jour où le jury a délibéré. L’utilisation du téléphone pendant les délibérations est interdite dans cet État.

Le juge a prononcé l’annulation du procès le 4 septembre après que le jury eut insisté sur son incapacité à parvenir à un verdict unanime, malgré plusieurs jours de délibérations. Onze des douze jurés étaient prêts à exonérer Mme Clancy de toute responsabilité criminelle, la majorité d’entre eux estimant qu’elle était en proie à un trouble rare appelé psychose post-partum lorsqu’elle a étranglé ses enfants.

Mais M. Desronvil s’est rangé du côté des procureurs, qui avaient fait valoir que Mme Clancy savait ce qu’elle faisait.

M. Desronvil n’a été accusé d’aucun manquement dans le cadre de son mandat de juré, bien que d’autres jurés se soient plaints de son intransigeance quant à la culpabilité de Mme Clancy. Dans une déclaration publiée par son avocat la semaine dernière, M. Desronvil a déclaré qu’il «n’avait aucun doute».

Les procureurs n’ont pas encore indiqué s’ils comptaient rejuger Mme Clancy. Elle reste inculpée de meurtre et est internée dans un hôpital psychiatrique jusqu’à ce que son affaire soit tranchée.

Procès de Lindsay Clancy: au coeur du problème avec le psychiatre Gilles Chamberland Après six jours de délibérations, le jury n’arrive pas à trancher au procès de Lindsay Clancy, car c’est entre autres «extrêmement difficile» de prouver la responsabilité criminelle de mère américaine de 36 ans qui a étranglé à mort ses trois enfants en 2023, affirme le psychiatre Gilles Chamberland en entrevue avec Noovo Info.

Dans une autre requête déposée lundi, un autre avocat de l’accusée, Martin Weinberg, a demandé au juge de prendre la décision inhabituelle de classer l’affaire au casier judiciaire, plutôt que d’organiser un nouveau procès, au motif qu’une annulation du procès n’aurait pas dû être prononcée en premier lieu.

M. Weinberg a fait valoir que le juge aurait dû remplacer M. Desronvil par un suppléant pendant les délibérations, après que le président du jury s’est plaint qu’il refusait de tenir compte du principe du doute raisonnable.

«Contrairement à ce que le tribunal avait déclaré croire à l’époque, il disposait bel et bien d’autres options viables que de déclarer un vice de procédure», a écrit M. Weinberg.

Un porte-parole du procureur du comté de Plymouth, Timothy Cruz, n’a pas souhaité commenter ces requêtes.

Lors du procès, les jurés ont entendu des psychologues et des cliniciens qui avaient pris en charge Clancy pendant plusieurs mois avant les meurtres, alors qu’elle souffrait de troubles mentaux de plus en plus graves apparus après la naissance de son plus jeune enfant. Elle était sortie d’un hôpital psychiatrique moins de trois semaines avant d’avoir tué ses enfants.