Un juge a prononcé vendredi l’annulation du procès de Lindsay Clancy pour meurtre après que les jurés ont déclaré ne pas parvenir à un verdict unanime quant à sa responsabilité pénale concernant le meurtre de ses trois jeunes enfants.
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Ce procès annulé, au septième jour des délibérations, laisse l’affaire en suspens et permet au ministère public de traduire à nouveau en justice cette ancienne infirmière en obstétrique âgée de 36 ans.
Ni Lindsay Clancy, ni sa famille, ni les jurés n’ont laissé transparaître la moindre émotion lorsque le juge a annoncé l’annulation du procès.
Les délibérations ont pris une tournure dramatique lorsque le juge William Sullivan a déclaré vendredi qu’il allait prononcer l’annulation du procès, avant de faire soudainement marche arrière et de donner à la défense la possibilité de faire appel devant la plus haute juridiction du Massachusetts. Cet appel d’urgence a été rapidement rejeté.
Ce procès a suscité un vif intérêt depuis plus d’un mois, divisant profondément l’opinion publique et attirant l’attention sur les questions liées à la santé mentale des mères après l’accouchement.
L’avocat de Lindsay Clancy a affirmé que celle-ci souffrait d’une condition rare appelée psychose post-partum lorsqu’elle a étranglé ses enfants, dont le plus jeune n’avait que huit mois, avant de tenter de mettre fin à ses jours.
Les procureurs, qui ont affirmé que Mme Clancy savait ce qu’elle faisait, doivent désormais décider s’ils vont la rejuger, abandonner les poursuites ou tenter de négocier un accord avec son avocat.
Les procureurs ont déclaré que Lindsay Clancy avait agi délibérément lorsqu’elle a étranglé Cora, cinq ans, Dawson, trois ans, et Callan Clancy, huit mois, à l’aide de bandes élastiques d’entraînement le 24 janvier 2023. Ils ont ajouté qu’elle avait délibérément envoyé son mari de l’époque chercher des médicaments pour l’un de leurs enfants et le souper pour la famille afin l’éloigner de la maison.
L’avocat de Mme Clancy, Kevin Reddington, n’a jamais contesté qu’elle ait tué les enfants, mais affirme qu’elle ne devrait pas être tenue pénalement responsable, car elle souffrait d’une psychose post-partum, une maladie mentale rare liée au stress, au manque de sommeil et aux changements hormonaux qui suivent après l’accouchement.
Au cours de 21 jours de témoignages, les jurés ont entendu comment la santé mentale de l’accusée s’était effondrée après la naissance de Callan.
Profondément anxieuse à l’idée de reprendre le travail, incapable de dormir et souffrant de ce qu’elle décrivait comme un «brouillard mental» perturbant, Lindsay Clancy a consulté des spécialistes des troubles de l’humeur post-partum, qui lui ont prescrit plusieurs médicaments psychiatriques.
Les membres de la famille de Mme Clancy ont témoigné qu’elle avait fait part de ses inquiétudes quant à la détérioration de sa santé mentale. Son ex-belle-mère, Susan Clancy, l’a décrite comme une «mère très attentionnée et très aimante» qui «implorait qu’on lui vienne en aide».
Début janvier, elle s’est fait admettre d’elle-même dans un hôpital psychiatrique pour suivre un traitement plus intensif, mais son séjour a été de courte durée. Elle a tué ses enfants 19 jours après sa sortie, abandonnant leurs corps dans le sous-sol de la maison familiale située à Duxbury, une ville côtière du Massachusetts. Lindsay Clancy s’est jetée par la fenêtre du deuxième étage immédiatement après et est restée paralysée des jambes.
Les procureurs ont reconnu que Mme Clancy souffrait d’une grave maladie mentale, mais ont insisté sur le fait qu’elle était capable de comprendre et de contrôler ses actes. Ils ont souligné que, bien qu’elle ait affirmé avoir entendu une voix masculine lui ordonnant de tuer les enfants, elle n’avait jamais fait part de ces voix à ses soignants en santé mentale avant les meurtres.
Expert contre expert
Dans sa phase finale, le procès s’est transformé en une bataille entre experts médicaux.
Kirk Heilbrun, un psychologue judiciaire engagé par le ministère public pour évaluer Lindsay Clancy, a déclaré dans son témoignage qu’il ne croyait pas à son histoire selon laquelle elle aurait entendu des voix. Il a ajouté qu’il ne pensait pas qu’elle souffrait d’une psychose aiguë au moment où elle a tué les enfants, mais qu’elle leur avait plutôt ôté la vie pour qu’ils ne «souffrent» pas après son suicide.
Le Dr Phillip Resnick, un psychiatre légiste qui a témoigné pour la défense, a estimé que Mme Clancy était «clairement psychotique» et qu’elle ne maîtrisait pas ses actes.
«C’était presque comme si elle était une marionnette et que quelqu’un d’autre tirait les ficelles», a expliqué le Dr Resnick, qui a passé des heures à interroger l’accusée après les meurtres. Il a ajouté qu’elle souffrait probablement également d’un trouble bipolaire.
Au début du procès, l’ex-mari de Lindsay Clancy, Patrick Clancy, a décrit l’horreur qu’il a ressentie en rentrant chez lui et en découvrant ses enfants. Les procureurs ont diffusé un enregistrement de sept minutes d’un appel au 911 dans lequel on l’entendait découvrir les corps.
Lors d’entretiens, il a affirmé qu’il lui avait pardonné et qu’il estimait que ses actes étaient le résultat d’une maladie mentale.