Après le coup dur visant l’entreprise Duchesne et fils à Yamachiche, voilà qu’une autre brique tombe sur la tête de travailleurs en Mauricie : après 35 ans d’activités, Sealy Canada quittera Saint-Narcisse pour Toronto.
C’est lundi matin que les 46 employés de Sealy Canada ont appris qu’ils perdaient leur emploi le 26 juin prochain.
Pour le maire de la petite municipalité, il s’agit plutôt d’une surprise.
«Il y a deux ans environ, il y avait eu une période de questionnement sur les activités de cette entreprise, mais ça s’était résorbé depuis. Je pensais que c’était reparti pour la gloire et que cette entreprise demeurerait avec nous longtemps», a confié à Noovo Info Guy Veillette.
Le maire de Saint-Narcisse est d’avis que la décision de la direction de l’entreprise de fermer ses portes est une question administrative, voire comptable.
«C’est une entreprise américaine. Peut-être que pour eux, un petit village qui parle français, en Amérique du Nord, à Saint-Narcisse, en Mauricie, ce n’est pas significatif [...], mais pour nous c’est un impact important», a-t-il partagé.
Le syndicat des employés de Sealy Canada à Saint-Narcisse a fait savoir à Noovo Info que des démarches auront lieu auprès des entreprises syndiquées avec les TUAC en Mauricie «afin d’identifier rapidement des possibilités d’emploi» pour les membres touchés par la fermeture.
Le syndicat a aussi mentionné qu’une rencontre est prévue mercredi avec Sealy Canada pour discuter de la suite des choses.
Le maire de Saint-Narcisse garde pour sa part espoir pour sa communauté. «J’ai bon espoir qu’on va continuer, qu’on ne se laissera pas abattre par une nouvelle comme celle-là, puis qu’on va trouver une façon d’occuper ces bâtiments-là, de développer quelque chose d’autre avec des entrepreneurs locaux», a affirmé M. Veillette.
Des fermetures aussi en Estrie
Les fermetures d’entreprises ne touchent pas que la Mauricie. Des annonces similaires ont récemment eu lieu en Estrie alors que le fabricant québécois de meubles South Shore a annoncé lundi qu’il cesserait ses activités en Estrie, remerciant plus de 126 employés dans ses usines de Coaticook et Sainte-Croix.
Selon Luc Berthold, député conservateur de Mégantic—L’Érable—Lotbinière, les tarifs américains et le dumping asiatique sont notamment en cause.
«Entre 2022 et 2025, l’entreprise a perdu 77% de ses ventes. Ce n’est pas rien», a-t-il expliqué.
Le député conservateur déplore que le gouvernement du Canada a mis beaucoup d’énergie pour sauver l’acier et l’aluminium, mais que «très peu aient été faits pour l’industrie de la transformation du bois».
«Perdre 126 emplois dans des communautés comme Sainte-Croix ou Coaticook, qui sont les deux endroits où South Shore avait des usines, c’est comme perdre 1500 emplois à Montréal. Ça paraît et ça fait mal», a réagi Luc Berthold.
M. Berthold annonçait par ailleurs mardi sur les réseaux sociaux qu’une autre entreprise, Bestard, établie à Lac-Mégantic, pourrait annoncer sa fermeture jeudi.
«J’ai reçu beaucoup de messages d’employés de Bestar qui m’annonçaient que leur entreprise éprouvait des difficultés et qu’une annonce serait faite jeudi», a-t-il mentionné en précisant qu’il ne connaissait pas les détails de l’annonce.
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