Économie

Le fabricant québécois de meubles South Shore met la clé sous la porte

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Le fabricant québécois de meubles South Shore met la clé sous la porte Voyez le compte-rendu de Félix-Antoine Audet.

C’est terminé pour le fabricant québécois de meubles South Shore, aussi connu sous le nom des Industries de la Rive Sud. La société de Sainte-Croix annonce lundi la fin de ses opérations.

L’entreprise familiale indique dans un communiqué que ses ventes ont chuté de 77 % en quelques mois, en raison du «dumping massif de produits importés» et des droits de douane américains qui «ont provoqué un effondrement des prix qui a rendu la production locale intenable».

La famille Laflamme souligne qu’il s’agit du «résultat d’une crise sans précédent dans l’industrie canadienne du meuble».

Pour le syndicat Unifor, cette fermeture est «un signal d’alarme pour l’avenir du secteur manufacturier du Québec». Il presse les gouvernements d’agir pour préserver les emplois.

Le directeur québécois d’Unifor, Daniel Cloutier, indique que, si le contexte commercial ne peut pas expliquer toutes les difficultés, «la pression exercée par les importations à bas prix, notamment en provenance d’Asie, est bien réelle».

South Shore avait déjà licencié 115 employés en février 2025, plombée par la guerre tarifaire. L’entreprise n’avait pas précisé le nombre total de personnes qui travaillaient alors dans ses installations.

En plus de son siège social à Sainte-Croix, dans la région de Chaudière-Appalaches, le fabricant de meubles a compté des usines à Coaticook, en Estrie, et à Juárez, au Mexique, ainsi que trois centres de distribution aux États-Unis.

Unifor précise que la fermeture de lundi touche 90 de ses membres, dont 65 à Sainte-Croix et 25 à Coaticook.

South Shore, fondée en 1940 par Eugène Laflamme, s’est démarquée au cours de son histoire en proposant du mobilier prêt-à-assembler dans les années 1980, puis en se lançant dans le commerce en ligne dans les années 2000.

L’annonce de la fin de South Shore survient le jour où l’Alliance canadienne des produits du bois demande l’imposition immédiate de droits de douane provisoires sur les produits étrangers, une semaine après l’annonce d’une enquête sur les importations d’armoires et de meubles-lavabos en bois, de planchers de bois franc et de meubles de rangement en bois.

Le Tribunal canadien du commerce extérieur doit déterminer si l’augmentation des importations cause ou menace de causer un préjudice grave aux fabricants canadiens de produits du bois.