La «petite désescalade» promise par Donald Trump à Minneapolis, où un infirmier est mort par balles dans une altercation avec des agents fédéraux, semblait incertaine mercredi après des propos acerbes du président contre son maire.
La ville de quelque 400 000 habitants reste sous le choc du décès d’Alex Pretti, 37 ans, dans un affrontement avec la police aux frontières américaines (CBP), après celui de Renee Good le 7 janvier, sous les balles de la police de l’immigration (ICE).
Et alors que l’administration républicaine semblait vouloir apaiser une situation inflammable, en ville comme dans les arcanes politiques de Washington, le président a vivement attaqué l’édile de Minneapolis.
La situation est désormais scrutée de près par les alliés traditionnels de Washington. «Ce que j’ai vu est évidemment préoccupant», a déclaré le premier ministre britannique Keir Starmer, deux jours après des propos du chancelier allemand Friedrich Merz, qui jugeait «inquiétant» le «niveau de violence» aux Etats-Unis.
Développements du 28 janvier 2026:
13h45 | L’ICE est «rejetée» par toutes les communautés américaines, selon le maire républicain de Californie
Jerry Dryer a été chef de la police de Fresno pendant 18 ans avant de devenir maire républicain de la ville. S’exprimant lors de l’ouverture de la Conférence des maires des États-Unis à Washington, lui et les maires des deux partis ont exprimé leur soutien à l’objectif d’expulser les immigrants sans papiers qui sont des criminels.
Mais M. Dryer a souligné la nécessité d’instaurer et de maintenir la confiance au sein des communautés.
«Pour gagner cette confiance, nous devons surveiller les quartiers avec leur permission», a-t-il dit. «Nous ne pouvons pas être perçus comme une force d’occupation lorsque nous nous rendons dans ces quartiers.»
Il a ajouté que l’ICE était «rejetée» par les communautés à travers le pays. «Pourquoi?», a-t-il demandé. «À cause des tactiques policières utilisées, qui ont été abandonnées par les forces de l’ordre locales il y a 30 ans.»
13h18 |Bruce Springsteen dénonce la situation au Minnesota via une chanson
Le rockeur américain Bruce Springsteen a dévoilé mercredi la chanson Streets of Minneapolis, dans laquelle il critique vivement l’intervention de l’ICE et des autorités fédérales américaines dans cette ville du Minnesota.
Le chanteur déplore également les morts de Renee Good et d’Alex Pretti, qui ont contribué au vaste mouvement de contestation à Minneapolis.
«J’ai écrit cette chanson samedi, je l’ai enregistrée hier [NDLR; mardi] et je vous la partage aujourd’hui en réponse à l’état de terreur dans la ville de Minneapolis. Elle est dédiée à la population de Minneapolis, à nos voisins immigrants innocents et à la mémoire d’Alex Pretti et de Renee Good», partage Springsteen.
Dans Streets of Minneapolis, Springfield qualifie les agents fédéraux de l’ICE et de la police des frontières présents dans la ville de «bandits» à la solde du président américain et parle de celui-ci comme du «King Trump».
13h02 | Suspension des agents impliqués dans la mort d’Alex Pretti
Deux agents de la police aux frontières (CBP) impliqués dans la mort par balles d’Alex Pretti à Minneapolis ont été suspendus provisoirement de leurs fonctions, a-t-on appris auprès de cette agence fédérale.
«Il s’agit d’un protocole standard», a affirmé à l’AFP un porte-parole de la CBP.
Selon le New York Times, il s’agit des deux policiers ayant ouvert le feu samedi — à dix reprises — sur Alex Pretti, alors que plusieurs agents tentaient de le maîtriser au sol. Il était décédé sur place des suites de ses blessures.
12h54 | Les appels se multiplient pour le départ ou la destitution de Kristi Noem
Des dirigeants du Parti démocrate aux principales organisations de défense des droits civiques, en passant par les législateurs les plus centristes du Congrès, les appels se multiplient pour que Kristi Noem démissionne après la mort par balle à Minneapolis de deux personnes qui protestaient contre la politique d’expulsion.
À un moment décisif de son mandat, peu de républicains prennent d’ailleurs la défense de Kristi Noem.
11h10 | Trump a qualifié Ilhan Omar de «fraude»
Dans une entrevue accordée mardi soir à ABC News, Trump a affirmé qu’il n’avait pas vu les enregistrements vidéos la séance publique au cours de laquelle un homme a aspergé la députée d’une substance inconnue à l’aide d’une seringue. Mais il l’a accusée, sans preuve, d’avoir mis en scène l’agression.
«Non. Je ne pense pas à elle. Je pense que c’est une fraude. Je ne pense vraiment pas à ça. Elle s’est probablement aspergée elle-même, la connaissant», a affirmé M. Trump à Rachel Scott d’ABC.
10h40 | Le maire de Minneapolis répond au message de Trump
«Le travail de notre police est d’assurer la sécurité des citoyens, pas d’appliquer les lois fédérales sur l’immigration» , a écrit le maire Jacob Frey sur X. «Je veux qu’elle empêche les homicides, pas qu’elle traque un père de famille qui travaille, contribue à MPLS et vient d’Équateur. C’est similaire à la politique que votre Rudy avait mise en place à New York. Tout le monde devrait se sentir en sécurité en appelant le 911.»
The job of our police is to keep people safe, not enforce fed immigration laws. I want them preventing homicides, not hunting down a working dad who contributes to MPLS & is from Ecuador. It’s similar to the policy your guy Rudy had in NYC. Everyone should feel safe calling 911. pic.twitter.com/4RKo3mmOW2
— Mayor Jacob Frey (@MayorFrey) January 28, 2026
10h20 | Aucune accusation ni d’avocat pour l’homme qui a agressée l’élue démocrate
Mercredi matin, Anthony Kazmierczak Kazmierczak n’avait pas encore été accusé et aucune comparution devant le tribunal n’était prévue. Le bureau du procureur du comté de Hennepin a jusqu’à jeudi pour l’accuser, mais pourrait demander une prolongation. Mercredi, un porte-parole du bureau du procureur n’a pas immédiatement répondu à un appel visant à obtenir des détails sur leurs intentions.
On ignore si M. Kazmierczak dispose d’un avocat qui pourrait s’exprimer en son nom. Le défenseur public en chef du comté, Michael Berger, a déclaré que l’affaire n’avait pas encore été confiée à son bureau.
10h18 | L’agresseur d’Ilhan Omar est un criminel condamné et un partisan de Trump
L’homme qui a aspergé une substance inconnue sur l’élue démocrate lors d’une réunion publique à Minneapolis mardi soir est un criminel condamné qui avait publié des messages en ligne en faveur de Trump.
Les archives judiciaires du Minnesota montrent qu’Anthony Kazmierczak, 55 ans, a été condamné pour vol de voiture en 1989 et a été arrêté à plusieurs reprises pour conduite en état d’ivresse, ainsi que pour de nombreuses infractions au code de la route. Certains éléments indiquent également qu’il a connu d’importants problèmes financiers, notamment deux faillites.
Dans ses publications sur les réseaux sociaux, M. Kazmierczak se décrit comme un ancien ingénieur réseau vivant à Minneapolis. Il a critiqué le président Joe Biden et qualifié les démocrates de «colériques et menteurs».
«Trump veut que les États-Unis soient plus forts et plus prospères», a-t-il écrit. «Empêchons les autres pays de nous voler. Ramenons la peur qui fait reculer nos ennemis et gagnons le respect qu’ils nous doivent. Si quelqu’un nous menace, nous ou nos amis, nous allons les (insulte)».
9h20 | «Nous ne nous laisserons pas réduire au silence»
La gouverneure démocrate du Maine a profité de son dernier discours sur l’état de l’État pour critiquer l’afflux d’agents de l’ICE dans l’État, qui, selon elle, effraie de nombreux habitants.
Janet Mills arrive au terme de son mandat et se présente au siège du Sénat américain détenu par la sénatrice républicaine Susan Collins.
«Je dis aux habitants du Maine: nous ne nous laisserons pas intimider», a-t-elle dit mardi. «Nous ne nous laisserons pas réduire au silence. Et à tous ceux qui se trouvent en dehors de cette salle, y compris les fonctionnaires fédéraux, je dis : si vous cherchez à nuire aux habitants du Maine, vous devrez d’abord passer par moi.»
Les fonctionnaires fédéraux ont déclaré que l’ICE avait arrêté plus de 200 personnes dans le Maine.
9h10 | Un homme arrêté après avoir attaqué une élue démocrate à Minneapolis
Un homme a aspergé une substance inconnue sur la représentante démocrate américaine Ilhan Omar et a été plaqué au sol mardi lors d’une réunion publique à Minneapolis.
Le public a applaudi lorsque l’homme a été immobilisé et que ses bras ont été attachés dans son dos. Dans la vidéo de l’incident, on peut entendre quelqu’un dans la foule dire: «Oh mon Dieu, il lui a pulvérisé quelque chose dessus.»
Juste avant cela, Mme Omar avait appelé à la suppression de l’agence américaine de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE) et demandé à la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, de démissionner ou d’être destituée.
8h32 | Trump accuse le maire de Minneapolis de «violer la loi» et de «jouer avec le feu»
Donald Trump a accusé mercredi le maire de Minneapolis de «violer la loi» et de «jouer avec le feu», après que ce dernier a affirmé qu’il n’appliquerait pas les lois fédérales sur l’immigration dans sa ville.
«Est-ce que quelqu’un dans son cercle proche pourrait lui expliquer que cette déclaration constitue une violation très grave de la loi et qu’il JOUE AVEC LE FEU», a écrit le président américain sur sa plateforme Truth social.
Le maire Jacob Frey avait affirmé mardi sur X que Minneapolis «n’appliquait pas et n’appliquerait pas les lois fédérales sur l’immigration», après avoir rencontré le conseiller de Donald Trump, Tom Homan, chargé de désamorcer les tensions autour de l’opération anti-immigration ayant conduit à la mort de deux manifestants dans cette ville du nord des États-Unis.
6h03 | D’autres manifestations «Pas de rois» sont prévues aux États-Unis le 28 mars
Les organisateurs affirment qu’ils prévoient les plus grandes manifestations jamais organisées aux États-Unis pour s’opposer à ce qu’ils qualifient d’autoritarisme sous la présidence de Donald Trump.
Les rassemblements précédents ont attiré des millions de personnes. Les organisateurs s’attendent à une affluence encore plus importante le 28 mars, à la suite de la situation à Minneapolis, où deux personnes ont été tuées par des agents fédéraux de l’immigration.
06h03 | Deux agents fédéraux ont tiré sur Alex Pretti, selon un rapport officiel
Deux agents fédéraux de la CBP ont bien ouvert le feu samedi à Minneapolis sur Alex Pretti, le blessant mortellement, selon un rapport du ministère de la Sécurité intérieure remis au Congrès.
Alex Pretti a résisté à son interpellation par des policiers masqués, assure le rapport publié mardi soir par des médias américains. Mais contrairement à ce qu’avait affirmé la ministre de la Sécurité nationale Kristi Noem juste après l’affrontement, il n’a pas brandi d’arme.
Le ministère avait affirmé, sans preuve, que l’infirmier de 37 ans «voulait faire le plus de dégâts possible et massacrer les forces de l’ordre».
Mais rien dans le rapport ne vient étayer cette allégation, déjà contredite par des vidéos de témoins.
5h40 | Minneapolis attend la désescalade, l’administration Trump tente l’apaisement
La ville de quelque 400 000 habitants reste sous le choc du décès d’Alex Pretti, 37 ans, dans un affrontement avec la police aux frontières américaines (CBP), après celui de Renee Good le 7 janvier, sous les balles de la police de l’immigration (ICE).
Et la situation reste hautement inflammable. Mardi soir, la députée démocrate d’origine somalienne, Ilhan Omar, a été agressée lors d’une réunion publique.
La gauche américaine s’oppose au vaste déploiement à Minneapolis d’agents fédéraux venus arrêter des sans-papiers en grand nombre pour honorer la promesse de Donald Trump de multiplier les expulsions.
Elle dénonce plus globalement ses objectifs en la matière, selon elle contraires aux grands principes de la démocratie américaine.
Avec des informations d’Agence France-Presse et de l’Associated Press
