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D’autres manifestations «Pas de rois» sont prévues aux États-Unis le 28 mars

«Nous pensons que ce sera la plus grande manifestation de l’histoire des États-Unis.»

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Archives - Des personnes participent à une manifestation «No Kings» à Washington le 17 février 2025. Archives - Des personnes participent à une manifestation «No Kings» à Washington le 17 février 2025. (Jose Luis Magana)

Une troisième vague de manifestations «Pas de rois» («No Kings») est prévue ce printemps aux États-Unis, dans la foulée de la répression migratoire menée par l’administration Trump à Minneapolis.

Les organisateurs affirment qu’ils prévoient les plus grandes manifestations jamais organisées aux États-Unis pour s’opposer à ce qu’ils qualifient d’autoritarisme sous la présidence de Donald Trump.

Les rassemblements précédents ont attiré des millions de personnes. Les organisateurs s’attendent à une affluence encore plus importante le 28 mars, à la suite de la situation à Minneapolis, où deux personnes ont été tuées par des agents fédéraux de l’immigration.

«Nous pensons que ce sera la plus grande manifestation de l’histoire des États-Unis», a soutenu le codirecteur exécutif de l’organisation à but non lucratif Indivisible, Ezra Levin, en entrevue avec l’Associated Press.

Selon lui, jusqu’à neuf millions de personnes se mobiliseront.

Les manifestations «Pas de rois», organisées par une constellation de groupes à travers le pays, ont été le point de mire de l’indignation suscitée par les tentatives de M. Trump de consolider et d’étendre son pouvoir.

«Il s’agit d’une réponse à la fois aux attaques odieuses du régime contre notre démocratie et nos communautés, et au sentiment que personne ne viendra nous sauver», a précisé M. Levin.

L’an dernier, le président Trump a déclaré que les participants «n’étaient pas représentatifs du peuple de notre pays» et a insisté sur le fait qu’il n’était «pas un roi».

Nouvelle orientation

La nouvelle vague de manifestations était en préparation avant la répression à Minneapolis. Cependant, le meurtre de deux personnes par des agents de l’ICE, ces dernières semaines, a recentré les plans.

M. Levin explique que les manifestants voudront montrer leur «soutien au Minnesota et aux communautés d’immigrants partout dans le pays» et s’opposer à «la police secrète qui assassine des Américains et bafoue leurs droits constitutionnels fondamentaux».

«La seule façon de défendre ces droits est de les exercer. Cela se fait de manière non violente, mais énergique», a souligné M. Levin.

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Donald Trump a défendu bec et ongles sa campagne d’expulsion et a reproché aux autorités locales de refuser de coopérer.

Cependant, il a récemment signalé un changement de cap en réponse à l’inquiétude bipartisane suscitée par le meurtre d’Alex Pretti à Minneapolis, samedi dernier.

Des millions de participants

En juin, les premiers rassemblements «Pas de rois» ont été organisés dans près de 2000 endroits à travers les États-Unis. Ces manifestations ont fait suite aux troubles liés aux raids fédéraux contre les immigrants et au déploiement de la Garde nationale et des Marines à Los Angeles.

Elles ont également été organisées en grande partie pour protester contre le défilé militaire dans la capitale nationale qui marquait le 250e anniversaire de l’armée et coïncidait avec l’anniversaire de M. Trump.

Certains politiciens conservateurs ont condamné ces manifestations, les qualifiant de rassemblements «anti-américains».

Lors d’une deuxième vague de manifestations, en octobre, les organisateurs ont fait savoir que des rassemblements avaient eu lieu dans environ 2700 villes et villages à travers le pays.

À l’époque, M. Levin avait mis de l’avant la répression massive de M. Trump en matière d’immigration, ses promesses sans précédent d’utiliser le pouvoir fédéral pour influencer les élections de mi-mandat, les restrictions à la liberté de la presse et les représailles contre ses opposants politiques.

Tous ces éléments, selon M. Levin, représentaient cumulativement une menace directe pour les droits protégés par la Constitution.

Sur les réseaux sociaux, M. Trump et le compte officiel de la Maison-Blanche se sont moqués des manifestations en publiant des images générées par ordinateur du président portant une couronne.