Un avion atterrissant à l’aéroport LaGuardia de New York est entré en collision avec un camion de pompiers sur la piste, tuant le pilote et le copilote et blessant plusieurs autres personnes.
Voici les éléments à retenir sur l’accident.
Que s’est-il passé?
L’accident s’est produit dimanche vers 23h45 lorsqu’un avion d’Air Canada en provenance de Montréal a percuté un camion de pompiers de l’aéroport qui traversait la piste pour intervenir sur un autre incident à bord d’un autre avion.
D’après l’enregistrement audio de la tour de contrôle, le pilote de cet autre avion — le vol United 2384 — a signalé qu’une «odeur étrange» rendait les agents de bord malades alors que l’avion attendait de décoller.
Le pilote a déclaré l’état d’urgence et a demandé à retourner à la porte d’embarquement et à ce que les pompiers interviennent.
Les enregistrements audio de la tour de contrôle indiquent que le camion avait initialement reçu l’autorisation de traverser la piste avant qu’un contrôleur ne tente de le faire rebrousser chemin pour éviter une collision.
Le contrôleur, dont le nom n’a pas été divulgué, a ordonné à plusieurs reprises au véhicule de s’arrêter et a détourné les avions en approche pour les empêcher d’atterrir. Il a dit plus tard dans l’enregistrement qu’il avait «fait une erreur».
Des photos et des vidéos prises après l’accident montrent le nez de l’avion écrasé et incliné vers le haut, avec des débris pendants du poste de pilotage déformé. Les escaliers utilisés pour évacuer les passagers avaient été poussés jusqu’aux issues de secours et le véhicule d’urgence endommagé gisait sur le flanc à proximité.
Au moment de l’accident, les conditions météorologiques comprenaient des vents modérés d’environ 7 nœuds et une visibilité d’environ 4 miles (6,5 kilomètres) avec de la brume et du brouillard, selon Bryan Bedford, directeur de l’Administration fédérale de l’aviation.
Les blessés et morts
Le pilote et le copilote sont les seules victimes confirmées parmi les quatre membres d’équipage à bord du vol Jazz Aviation, qui opérait pour le compte d’Air Canada, et les 72 passagers.
Leurs noms n’ont pas été divulgués par les autorités, mais Noovo Info les a identifiés comme étant le commandant de bord Antoine Forest et son copilote MacKenzie Gunther.
La cheffe de cabine Solange Tremblay - qui a survécu miraculeusement à une éjection de 100 pieds dans les airs alors qu’elle était encore attachée à son siège - et l’agent de bord François Grenier étaient les autres membres de l’équipage.
Solange Tremblay a subi de multiples fractures à la jambe qui nécessitent une intervention chirurgicale, mais elle s’en sort miraculeusement, selon sa fille.
Une quarantaine de passagers et de membres d’équipage ont également été transportés vers des hôpitaux de la région, certains souffrant de blessures graves, a indiqué l’autorité. La plupart ont pu quitter l’hôpital lundi matin.
Deux secouristes qui se trouvaient dans le camion de pompiers ont également subi des blessures sans gravité. L’un d’eux devait sortir de l’hôpital plus tard dans la journée de lundi, tandis que l’autre passera une nuit supplémentaire à l’hôpital, selon Kathryn Garcia, directrice de l’Autorité portuaire de New York et du New Jersey, qui gère l’aéroport.
L’impact sur le trafic aérien
L’aéroport de LaGuardia a été fermé à la suite de l’accident de dimanche et tout le trafic aérien a été dérouté. Il a rouvert lundi après-midi, mais avec une seule piste en service et des retards importants.
L’accident et la fermeture temporaire ont été le dernier coup dur pour les aéroports américains déjà en difficulté en raison d’une paralysie budgétaire partielle liée au financement du gouvernement pendant la période très chargée des vacances de printemps.
L’aéroport LaGuardia est une plaque tournante majeure — le 19e aéroport le plus fréquenté parmi plus de 500 aéroports du pays en 2024, selon la FAA.
L’accident de dimanche était le premier accident mortel survenu à l’aéroport depuis plus de 30 ans, ont déclaré les autorités new-yorkaises.
LaGuardia, qui porte le nom du maire Fiorello LaGuardia, figure de la Grande Dépression, a ouvert au trafic commercial en 1939 et est situé dans le quartier du Queens à New York, à environ 14 kilomètres de Manhattan.
Causes de l’accident
Les enquêteurs fédéraux ont rapporté lundi soir qu’il était trop tôt pour répondre à de nombreuses questions concernant l’accident, mais ont promis que davantage d’informations seraient communiquées mardi.
Jennifer Homendy, présidente du Bureau national de la sécurité des transports (NTSB), qui dirige l’enquête, a soutenu que les enquêteurs analyseraient les enregistreurs de vol et du poste de pilotage de l’avion, qui ont été récupérés intacts dans l’épave.
Elle a ajouté que la piste où l’accident s’est produit serait probablement fermée pendant plusieurs jours, le temps que les enquêteurs passent au crible une «quantité considérable de débris».
Le Canada a également envoyé une équipe pour enquêter sur les circonstances de la collision.
La paralysie du gouvernement a-t-elle joué un rôle?
Les contrôleurs aériens ne sont pas directement touchés par la paralysie budgétaire actuelle, qui dure depuis plus d’un mois et a provoqué de longues files d’attente et de la frustration chez les voyageurs dans les aéroports à travers le pays.
Des centaines d’agents de l’Administration de la sécurité des transports (TSA) se sont mis en arrêt maladie ou ont démissionné plutôt que d’être contraints de travailler sans salaire. En réponse, le président Donald Trump a déployé des agents des services de l’immigration pour renforcer les effectifs de la TSA lundi.
Le Congrès reste dans l’impasse quant à l’approbation du financement du département de la Sécurité intérieure, qui supervise la TSA.
Manque de personnel
L’accident met en évidence les défis auxquels les contrôleurs aériens ont été confrontés ces dernières années.
Les contrôleurs sont tenus de se présenter au travail sans salaire pendant les fermetures des services publics, car ils sont considérés comme des travailleurs essentiels. Mais au fil des ans, certains ont pris l’habitude de se mettre en arrêt maladie par frustration, ce qui a entraîné des pénuries de personnel causant des retards de vols.
Lundi, le secrétaire américain aux Transports, Sean Duffy, a refusé de préciser combien de contrôleurs étaient en service au moment de l’accident de dimanche, renvoyant plutôt à l’enquête en cours du NTSB.
Il a toutefois démenti les rumeurs selon lesquelles la tour de contrôle n’aurait eu qu’un seul contrôleur en service et a affirmé que LaGuardia était «très bien dotée en personnel», avec 33 contrôleurs certifiés et d’autres en formation. Il a ajouté que l’objectif était d’atteindre un effectif de 37 personnes.
Avec de l’information de Sabrina Rivet pour Noovo Info.