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Collision mortelle à LaGuardia: le camion de pompiers ne pouvait pas être détecté

Le véhicule n’était pas équipé d’un transpondeur qui aurait potentiellement permis à un système de détection de le signaler à temps.

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Collision mortelle à LaGuardia: le camion de pompiers ne pouvait pas être détecté L’Agence américaine de sécurité des transports a affirmé mardi que le camion de pompiers impliqué dans un accident mortel avec un avion d’Air Canada n’était pas équipé d’un transpondeur qui aurait potentiellement permis à un système de détection de le signaler à temps à l’aéroport LaGuardia.

Le National Transportation Safety Board (NTSB) prévient que dans de nombreux tragiques événements comme la collision qui a coûté la vie à deux pilotes d’Air Canada dimanche à l’aéroport LaGuardia, il y a typiquement plusieurs couches de problèmes qui mènent à la catastrophe…

Mais la présidente Jennifer Homendy a partagé deux points qui pourraient avoir été des facteurs déterminants de l’impact entre l’avion d’Air Canada et un camion de pompiers sur la piste d’atterrissage, mardi lors d’une mise à jour de l’enquête du NTSB à New York.

D’abord, le camion de pompiers qui a traversé la piste 4, scène du drame, n’était pas équipé d’un transpondeur, ce qui aurait potentiellement permis sa détection avant la tragédie à l’aide d’un système automatisé.

Le NTSB rappelle qu’il est recommandé depuis plusieurs années que les aéroports américains soient équipés du modèle X de l’Airport Surface Detection Equipment (ASDE-X), un système de surveillance radar pour permettre aux contrôleurs de trafic aérien de suivre le mouvement sur les pistes.

Or, ce système n’a pas émis d’alarme dimanche, quand de nombreux véhicules de secours approchaient de la piste pour répondre à une urgence dans un autre avion.

Le volume de points représentant des véhicules qui se fusionnaient et se défusionnaient rapidement près de la piste, a nui à l’intervalle de «confiance» du système, d’après l’information préliminaire issue de rapports d’analyse.

De toute façon, «pour que l’ASDE-X fonctionne bien, il faut savoir où sont les véhicules», a martelé Mme Homendy. «Ce véhicule n’avait pas de transpondeur.»

Quel est le rôle des contrôleurs dans la tragédie?

Autrement – mais cela reste à vérifier et valider hors de tout doute comme il s’agit d’information préliminaire, note Mme Homendy –, les deux contrôleurs assignés au trafic aérien dans la tour de contrôle combinaient plusieurs fonctions au moment de la collision.

Reste que plusieurs questions demeurent concernant la disponibilité d’autres employés dans les minutes qui ont précédé l’impact, à 23h37.

«Il y a des rapports conflictuels», a prévenu Mme Homendy, et il faudra du temps pour clarifier quelle était réellement la situation.

Il faut toutefois savoir que cet accident met en lumière les pressions croissantes qui pèsent sur les contrôleurs aériens aux États-Unis.

Mme Homendy a d’ailleurs été prompte à balayer les accusations de distraction des contrôleurs qui circulent en guise de rumeurs.

«Nous avons souvent soulevé des inquiétudes concernant la fatigue de ces employés», a commenté la présidente du NTSB, quoique «quoiqu’on ne sait pas si c’est un facteur dans cette affaire».

«Je mettrais toutefois en garde contre le fait de montrer du doigt les contrôleurs et d’affirmer qu’il s’agit d’une distraction. Il s’agit d’un environnement où la charge de travail est très lourde.»

—  Jennifer Homendy, présidente du NTSB

L’enquête continue. Des experts américains en aviation sont arrivés à New York pour enquêter sur les circonstances de la collision.

La catastrophe s’est produite dimanche soir lorsque l’avion, qui transportait 72 passagers et quatre membres d’équipage, a atterri et percuté un camion de pompiers quelques instants plus tard.

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Sur la fréquence radio du contrôle aérien, on a pu entendre un contrôleur autoriser le véhicule d’urgence à traverser une partie du tarmac pour se rendre sur les lieux d’une autre intervention, puis tenter de l’arrêter au dernier instant.

L’autorité de sécurité des transports des États-Unis mène actuellement une enquête sur cette collision. Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) participera à l’enquête américaine.

Le ministre canadien des Transports, Steven MacKinnon, a dit vouloir se faire «rassurant» quant à la sécurité à la suite de cet événement.

«Je veux même être rassurant. On parle ici d’un incident très tragique. (...) Mais, moi, ma “job”, c’est de suivre l’évidence (sic), de suivre les experts. Nous avons un système très rodé en matière d’analyse de ces incidents tragiques là, et on va continuer de suivre l’évidence là où elle nous amène», a-t-il répondu aux journalistes en mêlée de presse à Ottawa.

S’adressant aux journalistes lundi soir, Mme Homendy a fait état d’une «quantité impressionnante de débris» sur les lieux. Elle a donné peu de détails sur les premières observations, mais a indiqué que les enregistrements de vol avaient été récupérés intacts.

Les victimes

Le pilote et le copilote sont les seules victimes confirmées parmi les quatre membres d’équipage à bord du vol Jazz Aviation, qui opérait pour le compte d’Air Canada, et les 72 passagers.

Noovo Info les a identifiés comme étant le commandant de bord Antoine Forest et son copilote MacKenzie Gunther.

«Il était toujours prudent»: un couple qui a connu l’un des pilotes décédés à New York se confie Claudette Thibeault et Jean-Noël Bergeron ont été marqués par Antoine Forest, l’un des pilotes qui a tragiquement perdu la vie dans une collision survenue à l’aéroport LaGuardia de New York.

La cheffe de cabine Solange Tremblay - qui a survécu miraculeusement à une éjection de 100 pieds dans les airs alors qu’elle était encore attachée à son siège - et l’agent de bord François Grenier étaient les autres membres de l’équipage.

Plusieurs passagers ont raconté avoir senti que le pilote avait freiné brusquement, ce qui a projeté nombre d’entre eux contre le siège devant eux.

Avec de l’information de Sabrina Rivet pour Noovo Info et La Presse canadienne