Samedi après-midi, dans le couloir des départs du terminal 3 de l’aéroport Pearson de Toronto, une file ininterrompue de passagers, l’air inquiet, attendait de poser des questions au personnel de WestJet.
Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.
À chaque fois que la file semblait s’écourter après que les employés de WestJet eurent aidé certains passagers, elle se reformait immanquablement, créant un déluge apparemment sans fin de questions auxquelles le personnel de la compagnie aérienne devait répondre.
À proximité, plusieurs groupes de passagers tenaient leurs bagages d’une main et avaient leur cellulaire collé à l’oreille de l’autre, en attendant de pouvoir réserver un nouveau vol en appelant le service à la clientèle de WestJet.
Éparpillés parmi eux, certains passagers, qui semblaient en avoir assez de rester debout, s’étaient allongés, la tête posée sur leur sac à dos, ou s’étaient adossés à un mur voisin.
Parmi eux se trouve Jenni Kezema. C’est son anniversaire de mariage. Elle était censée être à bord d’un vol à destination de Dublin pour retrouver ses enfants, qui devaient célébrer cet événement en famille avec elle et son mari.
Au lieu de cela, ce qui devait être une courte escale entre Regina et l’Irlande s’est transformé en un endroit dont ils ne peuvent plus s’échapper.
«C’est notre 35e [anniversaire] et nos enfants nous attendent», ont expliqué Jenni et son mari, Jerry Kezema, à CTV News samedi.
«Je ne me suis jamais sentie aussi coincée de toute ma vie qu’en ce moment», a-t-elle ajouté. «Nous n’avons pas de valise; nous n’avons pas d’hôtel… J’ai des enfants qui m’attendent en Irlande en ce moment même.»
«Nous sommes coincés, nous n’avons nulle part où aller et aucun moyen de nous y rendre», a soutenu Jerry Kezema, qui a précisé qu’ils avaient été avisés de l’annulation de leur vol entre 10 et 12 heures à l’avance.
Le couple a indiqué qu’il n’y avait que peu, voire aucun espoir qu’ils puissent embarquer sur un vol prochainement, ni que WestJet leur réserve une chambre d’hôtel pour passer la nuit à Toronto.
«Ils ont dit qu’ils essayaient de nous trouver un autre vol de départ, mais lorsque nous avons parlé à un responsable sur place, celui-ci nous a dit qu’il n’y en avait pas», a raconté Mme Kezema, qui a ajouté que lorsqu’ils ont demandé des chambres d’hôtel, le personnel de WestJet leur a répondu qu’il n’y en avait pas.
«Quelle valeur monétaire peut-on attribuer à cela? C’est du temps que nous perdons avec notre famille.»
— Jerry Kezema
WestJet a commencé vendredi à réduire progressivement ses activités en prévision de la grève de quelque 4400 agents de bord prévue dimanche. Samedi en fin d’après-midi, la compagnie aérienne avait déjà annoncé l’annulation de 198 vols.
La compagnie aérienne, dont le siège social est situé à Calgary, et le syndicat des agents de bord – la section locale 8125 du SCFP – n’ont pas réussi à conclure une entente de principe et devraient entrer en grève dimanche à 00 h 01 (heure des Rocheuses).
«Cette mesure fait suite au préavis de grève transmis par le syndicat et à l’absence d’entente à ce stade des négociations. La plus récente proposition de WestJet visait à établir une convention collective transformatrice et chef de file dans l’industrie pour son personnel de cabine, tout en répondant directement aux principaux enjeux identifiés par le syndicat», a indiqué la compagnie aérienne dans un communiqué samedi.
La porte-parole du SCFP, Lisa Lambert, a écrit à CTV News dans une déclaration par courriel que «les négociations se poursuivent sérieusement, dans le but d’éviter une grève ou un lock-out».
Mais cela ne console guère un jeune couple de Toronto qui avait prévu passer une semaine à Cancún, jusqu’à ce qu’il apprenne que son vol avait été annulé. Ils ne savent pas comment ni quand ils pourront se rendre à leur hôtel, dont la chambre reste désormais inoccupée, en attendant leur arrivée.
«Faites mieux», a dit Ryan Dos Santos dans son message adressé au syndicat et à la compagnie aérienne, après avoir attendu en ligne avec WestJet pendant environ 45 minutes.
«Ce n’est pas juste pour nous, en tant que clients, en tant que personnes qui souhaitent profiter de leur temps et qui travaillent fort pour [s’offrir] un voyage comme celui-ci. Ce n’est pas juste.»
— Ryan Dos Santos
Entre-temps, certains passagers, comme Kaitlyn Brisebois et Cody Foreman, tentent de rester optimistes après l’annulation de leur vol à destination d’Édimbourg au départ d’Halifax, alors que la première étape du voyage, de Toronto à Halifax, se déroule toujours comme prévu.
«Ce n’est la faute de personne, ça arrive», a exprimé M. Foreman à CTV News samedi. «Ils ne peuvent pas s’occuper de nous ici parce que nous avons réservé par l’intermédiaire d’un tiers; nous devons donc appeler différents numéros et tout ça. Tant qu’on s’occupe de nous, tout ira bien.»
«On veut juste commencer nos vacances», a dit Mme Brisebois. «Tout est déjà réservé là-bas, alors on veut juste y arriver. On ne peut pas vraiment obtenir de remboursement pour tous ces billets non plus.»

