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Bagages échangés par des valises remplies de drogue: on refuse de les dédommager

Les passagers affirment avoir enregistré leurs bagages, pour être ensuite accusés de trafic de drogue après que leurs étiquettes auraient été échangées.

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Une photo fournie par le Bureau des douanes de la République des Philippines montre des agents en train d'examiner de la drogue saisie à l'aéroport international Ninoy Aquino de Manille. (République des Philippines) Une photo fournie par le Bureau des douanes de la République des Philippines montre des agents en train d'examiner de la drogue saisie à l'aéroport international Ninoy Aquino de Manille. (République des Philippines)

Une femme de Toronto réclame une indemnisation à la compagnie aérienne Cathay Pacific après un échange d’étiquettes de bagages qui l’aurait menée à être emprisonnée pendant plusieurs semaines aux Philippines, où elle a été accusée d’avoir transporté clandestinement 24 kilos de méthamphétamine.

Cette femme de 66 ans, que l’équipe de W5 identifie par son prénom, Grace, fait partie de plusieurs passagers canadiens innocents qui se sont manifestés après qu’une enquête journalistique a révélé au moins 17 cas de substitution d’étiquettes de bagages au Canada au cours de la dernière année.

Ce texte est une traduction d’un article de CTV News.

Dans chaque cas, les passagers affirment avoir enregistré leurs bagages, pour être ensuite accusés de trafic de drogue après que leurs étiquettes auraient été échangées contre celles de valises remplies de stupéfiants.

Aujourd’hui, les victimes se posent toutes la même question: qui est responsable des bagages après l’enregistrement?

«Ils m’ont déjà ruinée»

Le calvaire de Grace a commencé l’été dernier lorsqu’elle a pris un vol de Toronto à Manille, la capitale des Philippines, sur Cathay Pacific, avec une escale à Hong Kong.

À son arrivée à l’aéroport international de Manille, les autorités l’ont arrêtée pour trafic de drogue, malgré son insistance à dire que la valise remplie de drogue ne lui appartenait pas. L’histoire a fait la une des journaux à travers les Philippines.

«Pourquoi ont-ils dû me mettre en prison? Des photos d’identité judiciaire, des empreintes digitales… Ils les ont diffusées à l’échelle nationale. Ils m’ont déjà ruinée. Ils m’ont déjà humiliée. Mais pourquoi?», a-t-elle demandé.

Grace fait partie des nombreux passagers canadiens innocents qui se sont manifestés après qu’une enquête de W5 a révélé au moins 17 cas de substitution d’étiquettes de bagages impliquant des Canadiens au cours de l’année écoulée. (W5) Grace fait partie des nombreux passagers canadiens innocents qui se sont manifestés après qu’une enquête de W5 a révélé au moins 17 cas de substitution d’étiquettes de bagages impliquant des Canadiens au cours de l’année écoulée. (W5)

Grace a passé 24 jours éprouvants en prison.

«On devait dormir par terre. On voyait des cafards ramper partout. Tout ce que je pouvais faire, c’était prier», a-t-elle raconté.

Grace estime le coût financier à des dizaines de milliers de dollars en frais juridiques et autres dépenses.

«Ils continuent de nier toute responsabilité»

Grace affirme que Cathay Pacific n’a pas assumé la responsabilité financière de ce qui s’est passé, y compris le coût d’un vol de retour vers Toronto qu’elle a manqué parce qu’elle était en prison.

«Ils continuent de nier toute responsabilité», a-t-elle déploré. «C’est eux qui sont responsables de mes bagages, depuis le moment où je les ai enregistrés jusqu’à ce qu’ils arrivent à ma destination finale.»

Cathay Pacific n’a pas répondu aux demandes répétées de commentaires de W5.

Grace fait partie des nombreux passagers canadiens innocents qui se sont manifestés après qu’une enquête de W5 a révélé au moins 17 cas de substitution d’étiquettes de bagages impliquant des Canadiens au cours de l’année écoulée. (W5) Grace fait partie des nombreux passagers canadiens innocents qui se sont manifestés après qu’une enquête de W5 a révélé au moins 17 cas de substitution d’étiquettes de bagages impliquant des Canadiens au cours de l’année écoulée. (W5)

«J’ai souffert mentalement, émotionnellement, physiquement et même financièrement. Qui va payer pour ça?», a demandé Grace.

La GRC a confirmé à l’équipe de W5 qu’aucune arrestation n’avait été effectuée en lien avec ce dossier.

Accusée au Japon

Depuis la diffusion de l’enquête de W5, d’autres Canadiens innocents ont pris contact pour raconter des histoires similaires.

Une septuagénaire affirme avoir été détenue à l’aéroport de Narita, au Japon, l’été dernier après être arrivée à bord d’un vol direct d’Air Canada en provenance de l’aéroport Pearson de Toronto, où elle a été accusée d’avoir introduit clandestinement 21 kilos de méthamphétamine.

Cette femme d’affaires de Toronto raconte avoir été encerclée par sept agents de police et des douanes, avoir reçu des mandats de perquisition et s’être fait saisir son téléphone cellulaire et son passeport.

«Ils m’ont montré ma valise. Mais ce n’était pas la mienne», a-t-elle écrit à W5.

Elle explique que la police a fouillé ses antécédents, son téléphone et ses dossiers personnels avant de conclure qu’elle n’était pas la coupable.

«Le traumatisme et la peur que j’ai ressentis étaient énormes», a-t-elle poursuivi. «La peur était extraordinaire.»

Elle dit qu’elle suit maintenant une thérapie et qu’elle souffre encore de maux d’estomac récurrents dus au stress.

«Je crois que l’ensemble du système de manutention des bagages doit être amélioré pour empêcher que de tels crimes ne se produisent à l’avenir», a-t-elle écrit. «Si j’avais pris l’avion vers d’autres pays, mon sort aurait pu être bien pire.»

Des vacances en famille se transforment en accusations de trafic de drogue

Une autre famille de Toronto a confié à W5 avoir été victime plus tôt cette année d’un stratagème d’échange d’étiquettes de bagages alors qu’elle rentrait de vacances au Mexique.

L’homme voyageait avec sa femme et leur fils de 11 ans lorsqu’il affirme avoir été accusé d’avoir tenté de faire passer 28 kilos de cocaïne par Cancun. Selon lui, les briques de drogue, emballées sous vide et marquées de logos de cartels, étaient destinées à l’aéroport Pearson de Toronto.

Il affirme avoir été détenu par les autorités mexicaines pendant 48 heures, libéré sans casier judiciaire, et être rentré à Toronto quelques jours plus tard.

Une photo fournie par le Bureau des douanes de la République des Philippines montre des agents en train d'examiner de la drogue saisie à l'aéroport international Ninoy Aquino de Manille. (République des Philippines) Une photo fournie par le Bureau des douanes de la République des Philippines montre des agents en train d'examiner de la drogue saisie à l'aéroport international Ninoy Aquino de Manille. (République des Philippines)

La famille affirme que cette épreuve leur a coûté environ 10 000$ en frais juridiques, d’hôtel, de vols de remplacement, de nourriture et de bagages de remplacement, car leurs valises ont été conservées comme preuves.

L’incident les a traumatisé et la compagnie aérienne, Air Transat, n’a pas pris en charge les milliers de dollars de frais juridiques et de voyage, selon eux.

Dans une déclaration à l’équipe de W5, Air Transat affirme regretter l’épreuve vécue par l’homme et indique qu’elle communiquera directement avec lui.

D’autres compagnies aériennes accusées de refuser toute indemnisation

Toutes les victimes d’un échange d’étiquettes de bagages interrogées par W5 ont critiqué la façon dont les compagnies aériennes ont géré leurs cas.

Nicole, originaire de Toronto, a été arrêtée après que des agents des services frontaliers canadiens l’aient fait descendre d’un vol WestJet à destination de la Nouvelle-Zélande. Les autorités ont allégué que son étiquette de bagage était attachée à une valise contenant plus de 20 kilogrammes de méthamphétamine.

«WestJet a essentiellement dit: “Ce n’est pas notre responsabilité. Désolés, vous n’avez pas de chance. À moins que votre bagage ait été endommagé ou perdu, ce n’est pas notre problème”», a-t-elle raconté.

Jan et Charlene, de Winnipeg, ont été retenues à bord d’un vol d’Air Canada à destination de l’Allemagne après que leurs étiquettes de bagages aient été échangées contre celles de bagages contenant 33 kilogrammes de marijuana.

«Ce sont les clients qui achètent les billets d’avion, n’est-ce pas? Donc, j’aurais espéré qu’ils se montrent un peu plus prévenants envers nous», a expliqué Charlene.

Qui est responsable après l’enregistrement?

Dans une déclaration à W5, Air Canada a indiqué que les bagages enregistrés transitent par un réseau impliquant plusieurs parties.

«Air Canada reçoit les bagages enregistrés sous sa garde et sa responsabilité. Elle les achemine ensuite à travers un réseau complexe d’infrastructures exploitées et supervisées par divers tiers, de l’enregistrement à la livraison. Dans les rares cas où un bagage est porté disparu, par opposition à un retard, ou dans le cas encore plus rare d’une altération, la responsabilité sera déterminée en fonction des circonstances, y compris une évaluation du rôle de chaque partie.»

Air Transat a déclaré à l’équipe de W5 que la compagnie aérienne applique «des normes rigoureuses en matière de manutention des bagages et travaille en étroite collaboration avec ses partenaires aéroportuaires et les autorités compétentes afin de garantir un environnement sécuritaire à chaque étape du voyage des passagers.»

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Pour les passagers qui ont été détenus, soumis à une prise d’empreintes digitales, accusés publiquement et contraints de dépenser des milliers de dollars pour se défendre, cette réponse n’a pas suffi.

Grace affirme avoir enregistré ses bagages, convaincue qu’ils seraient livrés en toute sécurité à sa destination finale par Cathay Pacific. Au lieu de cela, la valise remplie de drogue d’une autre personne portait son nom, selon elle.

Et elle attend toujours que quelqu’un assume la responsabilité de ce qui s’est passé.

Au cours de la dernière année, six agents de piste et de manutention des bagages employés par Air Canada et Swissport ont été arrêtés en lien avec des incidents d’échange d’étiquettes de bagages à l’aéroport Pearson.

L’Autorité aéroportuaire du Grand Toronto, qui gère l’aéroport Pearson, n’a pas répondu aux demandes répétées de commentaires.