Transport

Les perturbations à WestJet s’atténuent, mais une reprise complète prendra du temps

«Les vols ont recommencé; toutefois, les répercussions de ce conflit se font encore sentir alors que la compagnie s’efforce de rétablir son réseau.»

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Des voyageurs attendent au comptoir d'enregistrement des vols WestJet annulés à l'aéroport international de Vancouver, à Richmond, en Colombie-Britannique, le dimanche 2 août 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Ethan Cairns Des voyageurs attendent au comptoir d'enregistrement des vols WestJet annulés à l'aéroport international de Vancouver, à Richmond, en Colombie-Britannique, le dimanche 2 août 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Ethan Cairns (ETHAN CAIRNS)

Les perturbations de vols chez WestJet semblaient s’atténuer mardi, la compagnie aérienne reprenant progressivement ses activités après un bref arrêt de travail durant le long week-end.

Selon les données de l’entreprise d’analyse aéronautique Cirium, 16 vols WestJet prévus pour mardi avaient été annulés à 16 h.

Cette situation survient après l’annulation de plus de 300 vols lundi, soit environ 62 % des vols programmés, malgré la conclusion d’un accord de principe tôt le matin même avec le syndicat représentant les 4400 agents de bord de la compagnie.

WestJet a précisé qu’un retour complet à la normale prendra du temps, alors que la compagnie doit reprendre ses vols ainsi que repositionner ses appareils et ses équipages.

Elle a ajouté qu’elle communiquerait davantage de détails sur la reprise des activités dès qu’ils seraient disponibles.

«WestJet reprend ses activités et entre dans la phase de reprise après un conflit de travail», a indiqué mardi Ashley Tymko, porte-parole de WestJet, dans une déclaration envoyée par courriel.

«Les vols ont recommencé; toutefois, les répercussions de ce conflit se font encore sentir alors que la compagnie s’efforce de rétablir son réseau. Nous invitons nos clients à continuer de vérifier le statut de leur vol avant de se rendre à l’aéroport.»

Les agents de bord se sont mis en grève tôt dimanche matin après que WestJet et la section locale 8125 du SCFP n’ont pas réussi à conclure une nouvelle convention collective avant l’échéance de la grève, ce qui a contraint WestJet à immobiliser tous ses vols sur une grande partie du territoire canadien.

Politique de retard ou d’annulation

WestJet a prolongé la période permettant à ses clients de modifier une seule fois leur itinéraire ou d’annuler leur vol sans frais. La compagnie précise que les passagers dont le voyage était prévu entre le 30 juillet et ce jeudi peuvent le faire.

En cas de retard ou d’annulation, les passagers concernés seront remboursés ou replacés sur un autre vol, selon le cas, indique la compagnie aérienne.orte-parole de WestJet, dans une déclaration envoyée par courriel.

«Très anxiogène»: des passagers dénoncent le manque de communication de WestJet Bien qu’une entente de principe ait été conclue entre WestJet et le syndicat représentant les agents de bord de la compagnie aérienne, plusieurs passagers demeurent plongés dans l’incertitude.

Conformément à la réglementation sur la protection des passagers, il incombe à la compagnie aérienne d’organiser un transport alternatif pour les détenteurs de billets sur un vol d’une compagnie concurrente, si nécessaire, dans un délai de 48 heures.

«À défaut, ils doivent vous proposer un remboursement, a expliqué Ian Jack, porte-parole de l’Association canadienne des automobilistes. Mais surtout, ils ne sont pas tenus de vous imposer un remboursement si vous ne le souhaitez pas.»

M. Jack a ajouté que l’application pratique de ces règles peut souvent s’avérer complexe, étant donné le nombre limité de places disponibles sur certains itinéraires chaque jour.

«Si WestJet interrompt ses vols en raison d’une grève et transfère certains passagers sur Air Canada et Porter, il y aura forcément un problème de places disponibles pour ces jours-là, a-t-il expliqué. Ainsi, dans un pays comme le Canada, qui ne compte qu’environ deux compagnies aériennes nationales et demie, la protection offerte par la réglementation en matière de réacheminement n’est pas toujours efficace en pratique, faute de places suffisantes.»

Après la grève des agents de bord d’Air Canada l’an dernier, la compagnie a mis en place une politique permettant aux passagers touchés par des annulations de demander le remboursement de leurs frais de voyage de rechange et de leurs dépenses personnelles.

Air Canada s’était engagée à couvrir les «dépenses raisonnables» liées à l’hôtel, aux repas et aux autres frais occasionnés par l’arrêt de travail de trois jours, à condition que les demandes soient accompagnées de justificatifs.

WestJet précise sur son site internet qu’un conflit de travail au sein d’une compagnie aérienne est considéré comme une situation indépendante de sa volonté en vertu du Règlement canadien sur la protection des passagers aériens. Cela signifie qu’aucune compensation n’est due aux passagers pour les désagréments occasionnés par une perturbation de vol.

Bien que les compagnies aériennes soient tenues de «vous remettre en route dans les 48 heures», M. Jack a précisé qu’il ne fallait pas s’attendre à un paiement supplémentaire pour «douleur et souffrance».

«Ce n’est pas une obligation légale, a-t-il spécifié. Air Canada a fait le choix d’aller au-delà de ses obligations, ce qui a été bénéfique pour les passagers.»

Cependant, Air Canada a écopé d’amendes totalisant 426 000 $ pour 71 infractions liées à cette grève.

L’Office des transports du Canada a en effet constaté en mars que la compagnie n’avait pas respecté son obligation de rembourser certains passagers ou de les replacer sur le prochain vol disponible. Le transporteur a annoncé qu’il contesterait ces pénalités.

Les agents de bord de WestJet ont 30 jours pour ratifier la nouvelle convention collective, a indiqué la présidente locale de leur syndicat, Alia Hussain, lors d’une conférence de presse à Calgary lundi.

Elle a indiqué que l’entente prévoit des augmentations de salaire, mais n’a pas fourni plus de détails afin de s’assurer que les membres soient informés au préalable.

Des négociations contractuelles étaient en cours à Calgary depuis janvier, WestJet et la composante SCFP de WestJet étant en désaccord sur les augmentations de salaire et la revendication du personnel de cabine concernant le travail au sol non rémunéré.

Sammy Hudes

Sammy Hudes

Journaliste