La campagne électorale qui s’est terminée par l’élection d’un nouveau gouvernement a été longue, mais le résultat a été très clair. Les électeurs ont mis à la porte l’ancien gouvernement et aucun caquiste n’a résisté à cette volonté de changement au Québec.
Parmi ces électeurs, il y a des travailleuses et des travailleurs syndiqués qui ont voté pour que leurs droits bafoués par l’adoption de lois antisyndicales soient rétablis. Ils n’acceptent pas que le dernier gouvernement, pro-patronal, soit venu jouer dans l’équilibre du rapport de force en s’ingérant dans l’organisation interne des syndicats. Cette intrusion risque de limiter leur pouvoir d’action et de modifier le processus des négociations collectives, favorisant dès lors la partie patronale.
En tant que représentants de ces travailleuses et travailleurs, nous souhaitons le rétablissement de leurs droits syndicaux rapidement.
La semaine dernière, le Tribunal administratif du travail (TAT) a par ailleurs donné raison à la CSN dans la cause des salariées du Jardin de Robi, CPE du Lac-Saint-Jean, en déclarant un grand pan du projet législatif de la CAQ, inconstitutionnel.
Dans cette perspective, il est essentiel de corriger sans délai cette situation. Ce déséquilibre profite aux employeurs et désavantage largement les travailleuses et les travailleurs dans leur lutte pour l’amélioration de leurs conditions de travail et de vie. C’est une attaque à leurs droits fondamentaux.
Dans un contexte où l’inflation exerce une pression constante sur les ménages, les travailleuses et les travailleurs doivent, plus que jamais, pouvoir compter sur tous les outils et les droits permis par l’encadrement législatif dont le Québec s’est doté. Cela comprend inévitablement la grève. Par-dessus tout, ils ont le droit de vouloir protéger leur pouvoir d’achat.
Nous nous attendons donc à des prises de position immédiates de la part des nouveaux(lles) élu(es) de l’Assemblée nationale. Les lois antitravailleurs adoptées par le gouvernement précédent doivent être abrogées au cours des 100 premiers jours du mandat. Nous demandons un retrait complet des mesures attaquant notre fonctionnement et notre droit de grève et un rétablissement complet de notre liberté à nous gouverner de manière autonome afin que nous puissions nous mobiliser à notre guise. À cet effet, nous avons sollicité des rencontres à court terme avec toutes et tous les député-es du Parti québécois.
Nous resterons visibles pour rappeler nos enjeux et nos revendications. Ce que nous demandons n’est pas compliqué. Ça ne coûte rien. Il suffit d’une volonté politique de la part du nouveau gouvernement. Agir en ce sens, c’est un pas nécessaire vers le rétablissement du dialogue avec les organisations syndicales et la société civile dont le Québec a besoin.
Manon Tremblay
Présidente Conseil central Saguenay Lac-Saint-Jean
