Société

Le top 5 des «pires employeurs» au Québec en 2025 selon la CSN

Ils ont «fait reculer les droits des travailleuses et des travailleurs québécois»; la STM se défend.

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Des membres du syndicat qui représente les employés d'entretien de la Société de transport de Montréal qui manifestaient, le 22 septembre 2025, à Montréal. LA PRESSE CANADIENNE/Christinne Muschi Des membres du syndicat qui représente les employés d'entretien de la Société de transport de Montréal qui manifestaient, le 22 septembre 2025 à Montréal. LA PRESSE CANADIENNE (Christinne Muschi)

Au bout d’une année 2025 tendue entre employeurs et employés dans le milieu du travail, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) a cru bon d’en ajouter une couche avec son top 5 des pires employeurs du Québec.

Un palmarès, commenté par la présidente Caroline Senneville, a particulièrement montré du doigt cinq employeurs et les a blâmés pour des «conflits de longue durée» ainsi que «[l’absence] de volonté de négocier sérieusement»: Amazon, Béton provincial, Renaud-Bray, la Société de transport de Montréal (STM) et le gouvernement du Québec.

La CSN accuse ces employeurs d’avoir «fait reculer les droits des travailleuses et des travailleurs québécois» avec leurs «gestes antisyndicaux» dans la dernière année.

Palmarès des «pires employeurs» au Québec selon la CSN

  1. Amazon
  2. Béton provincial
  3. Renaud-Bray
  4. STM
  5. Gouvernement du Québec

Source: Communiqué de la CSN

La STM se défend

Au moment d’écrire ces lignes, seule la STM avait répondu à ces accusations syndicales auprès de Noovo Info. Par l’entremise de la porte-parole Amélie Régis, la STM a souligné n’avoir «jamais cessé de négocier de bonne fois après 20 mois de discussions […] en plus des six mois de médiation infructueuse et d’une conciliation de 45 jours».

«Au cours des derniers mois, la STM a déposé plusieurs offres au syndicat de l’entretien, incluant des compromis et des bonifications salariales», a écrit Mme Régis.

«La STM a démontré qu’il est possible de s’entendre avec la partie syndicale : des ententes négociées ont été conclues avec le syndicat des chauffeurs, des opérateurs de métro, des agents de station ainsi que le personnel administratif, au cours des dernières semaines.»

—  Extrait d’un courriel d’Amélie Régis, conseillère corporative à la STM

Cependant, la CSN blâme justement la STM pour avoir longuement maintenu «une position inflexible à la table de négociation pendant plus de 120 rencontres». Les services de métro et de bus ont été plusieurs fois perturbé dans le grand Montréal pendant le conflit.

«La STM avait tout intérêt à jouer le calendrier: elle savait qu’une nouvelle loi allait entrer en vigueur ; elle est restée campée sur ses positions et refuse toujours de s’entendre avec l’ensemble de ses employé-es», a commenté Caroline Senneville par écrit dans un communiqué.

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Le rôle du gouvernement Legault et du ministre Boulet, selon la CSN

Et c’est notamment en déplorant la loi 14 qui permet de considérer davantage les besoins de la population en cas de grève ou de lock­­-out et, ainsi, de limiter les moyens de pression de syndiqués pour maintenir plus de services essentiels, que la CSN tire à boulets rouges sur le gouvernement Legault – sur son ministre Jean Boulet plus particulièrement.

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Le ministre du Travail a, selon Mme Senneville, une «responsabilité directe dans le recul des droits des travailleuses et des travailleurs».

«Que ce soit en services préhospitaliers, en milieu correctionnel ou à l’aide juridique, des milliers de travailleuses et de travailleurs n’ont eu aucune augmentation de salaire depuis 2022: le gouvernement n’a aucune raison valable de laisser traîner ces négociations», ajoute Mme Senneville.

Le ministre du Travail, Jean Boulet, estime que la hausse historique du salaire minimum aidera les personnes à faibles revenus de face à l’inflation tout en permettant aux entreprises aux petites et moyennes entreprises de pouvoir payer leurs employé... Le ministre du Travail, Jean Boulet, en entrevue avec Noovo Info en 2025.

Le bonnet d’âne à Amazon

Les mots les plus durs de la patronne syndicale sont toutefois destinés à Amazon. La multinationale a fermé plusieurs entrepôts du Québec en début d’année 2025 et ainsi directement mis à pied 1700 employés.

Ce geste «totalement condamnable qui a eu des répercussions sur des milliers de vies» aux yeux de Caroline Senneville est devant le Tribunal administratif du travail (TAT), plus d’un an et demi après la syndicalisation des travailleurs québécois de l’entrepôt d’Amazon à Laval, en mai 2024.

«Jour après jour, les audiences du procès nous apprennent comment Amazon, dès la syndicalisation des employé-es de l’entrepôt DXT4, a réorganisé l’ensemble de ses opérations au Québec afin d’annihiler toute présence syndicale», dit la présidente de la CSN.

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Des camions de livraison Amazon quittent l'entrepôt DXT4 d'Amazon à Laval, au Québec, le mercredi 22 janvier 2025. Des camions de livraison Amazon quittent l'entrepôt DXT4 d'Amazon à Laval le mercredi 22 janvier 2025. (Christinne Muschi/La Presse canadienne)

Renaud-Bray et Béton provincial: de sombres anniversaires

La compagnie Béton provincial et les librairies Renaud-Bray complètent le palmarès négatif de la CSN.

Une manifestation a été prévue à Montréal au début du mois de décembre pour souligner l’anniversaire de la mise en lock-out de la cinquantaine d’employés de Béton provincial à Longueuil. L’entreprise a acheté Demix Béton et cherche maintenant à imposer aux travailleurs «un gel salarial de quatre ans, l’abolition de leur régime de retraite et la révision à la baisse de leur assurance collective», selon la CSN.

Les syndiqués des succursales Renaud-Bray de Laurier Québec et des Galeries de la Capitale ont pour leur part souligné un an de grève au même moment, alors que la question salariale est au cœur du conflit. La CSN a déposé une plainte au TAT en novembre en accusant Renaud-Bray d’intimidation envers ses employés dans la foulée de la fermeture de la succursale des Galeries de la Capitale.

Avec de l’information de Jennifer Gravel et de Marika Simard pour Noovo Info, ainsi que de CTV News.