Les membres de la fonction publique fédérale devraient en savoir plus sur les réductions d’effectifs à leur retour au travail, en janvier.
Certains ministères, comme celui de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, celui de l’Environnement et des Changements climatiques et celui de l’Emploi et du Développement social, ont déjà annoncé à leur personnel que des précisions seront données à ce sujet au début de la prochaine année.
Le gouvernement fédéral veut réduire ses dépenses opérationnelles d’environ 60 milliards de dollars sur cinq ans.
Dans son dernier budget présenté en novembre, le gouvernement avait indiqué que cette réduction nécessiterait des ajustements des effectifs de la fonction publique. Il compte notamment sur l’attrition pour la ramener «à une taille plus viable».
Le ministère de l’Environnement et des Changements climatiques a indiqué à ses employés qu’il mettrait en œuvre les décisions quant aux dépenses d’exploitation à la mi-janvier.
«Bien qu’il n’y ait pas de moment idéal pour ces annonces, le fait de procéder à la mise en œuvre au cours de la nouvelle année nous permettra de fournir des informations claires à tous les employés, a-t-il mentionné. Vous entendrez peut-être des nouvelles d’autres ministères lorsqu’ils commenceront à mettre en œuvre leurs décisions.»
Le ministère de Emploi et du Développement social Canada a annoncé que la réduction de ses effectifs s’amorcerait en janvier.
«Nous ne pouvons pas confirmer le nombre de postes qui seront supprimés pour le moment, a dit la porte-parole du ministère, Mila Roy, à la Presse canadienne au début du mois de décembre. Cependant, [le ministère] continuera à tirer parti de l’attrition et de la planification de la main-d’œuvre, dans le but de minimiser autant que possible les répercussions sur les employés.»
Le gouvernement prévoit de supprimer environ 40 000 emplois dans la fonction publique, qui comptait 368 000 postes en 2023-2024. Environ 10 000 emplois ont été supprimés au cours de l’année écoulée.
Le plan prévoit notamment la suppression de 1000 postes de direction au cours des deux prochaines années et une réduction de 20 % des dépenses consacrées aux services de gestion et de conseil sur trois ans.
De son côté, le ministère de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté a annoncé qu’il s’attendait à éliminer environ 300 postes au cours des trois prochaines années.
«Des réductions supplémentaires seront probablement nécessaires pour s’aligner sur les ajustements prévus du financement lié aux niveaux d’immigration», indique le message.
Le ministère a déclaré qu’environ la moitié de ces emplois seront supprimés par attrition et par le non-renouvellement des postes à durée déterminée, le reste étant traité dans le cadre du prochain programme de retraite anticipée et de réaménagement des effectifs du gouvernement.
Le gouvernement fédéral a envoyé des lettres contenant des informations sur son programme de retraite anticipée à près de 68 000 fonctionnaires qui pourraient y être admissibles.
Le gouvernement affirme qu’il tente d’augmenter le taux de départs naturels et d’éviter de licencier les jeunes travailleurs en proposant un programme volontaire permettant aux travailleurs de prendre leur retraite plus tôt sans subir de pénalité au chapitre de leur pension.
Le dernier budget fédéral indique que le gouvernement a l’intention de mettre en œuvre le programme de retraite anticipée d’un an dès janvier, bien qu’une loi soit encore nécessaire pour faire avancer le projet.
Le ministère de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté Canada a souligné dans son message que le premier ministre Mark Carney avait clairement exprimé la nécessité de réduire le nombre de cadres dans l’ensemble du gouvernement et que le secrétariat du Conseil du Trésor du Canada fournissait à chaque organisation fédérale un objectif spécifique.
Le ministère prévoyait une réduction d’environ 10 à 15 % des postes de direction. Ces suppressions s’ajouteront aux 300 postes déjà supprimés, a-t-il précisé.
Les données gouvernementales indiquent que le ministère comptait sur un effectif de 11 148 personnes au 31 mars, dont 293 dans des postes de direction.
Le ministère, qui avait déjà annoncé plus tôt un plan visant à supprimer plus de 3300 emplois sur trois ans, compte informer les personnes concernées à partir de la mi-janvier ou de la fin janvier.
«Nous espérons que cette mise à jour vous permettra de mieux comprendre les répercussions [de l’examen complet des dépenses] pour notre ministère, et que vous aurez l’occasion de vous reposer et de vous ressourcer pendant les vacances», peut-on lire dans le message.
Au début du mois de décembre, l’Alliance de la fonction publique du Canada avait raconté que 219 de ses membres travaillant au ministère des Ressources naturelles avaient reçu cette semaine un avis les informant que leur poste pourrait être supprimé.
L’Institut professionnel de la fonction publique du Canada a déclaré vendredi qu’environ 200 de ses propres membres à ce même ministère avaient reçu ces avis.
Selon le syndicat, 109 autres personnes à la Commission de la fonction publique du Canada, 92 personnes au ministère des Relations avec les Autochtones et des Affaires du Nord et 74 employés du ministère des Finances ont reçu des avis similaires.
Selon David Macdonald, économiste principal au Centre canadien de politiques alternatives, ces suppressions d’emplois n’étaient que la «pointe de l’iceberg».
Il veut se montrer rassurant en affirmant que de nombreux fonctionnaires ont été informés que leur emploi était menacé, ne signifie pas nécessairement qu’ils seront mis à pied.
«S’il y a suffisamment de départs à la retraite ou si des personnes quittent le ministère, cela signifie que moins de personnes seront réellement licenciées», fait-il valoir.
M. Macdonald dit que plusieurs ministères sont confrontés à d’importantes réductions opérationnelles. «Il n’est pas tout à fait clair comment ils vont y parvenir sans licenciements ni réductions de services», ajoute-t-il.

